mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001928 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LAGIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 octobre 2020 et 12 avril 2021, l'association France Nature Environnement (FNE) Midi-Pyrénées, l'association France Nature Environnement Hautes-Pyrénées (FNE), et l'association Nature en Occitanie doivent être regardées comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées n° 65-2020 du 2 octobre 2020 relatif à la chasse à tir du grand tétras et du lagopède pour la campagne 2020/2021 en tant qu'il autorise le prélèvement maximal de quatre grands tétras mâles, avec un prélèvement biologique admis de six oiseaux ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 500 euros à verser à chacune des associations requérantes, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- l'arrêté contesté n'a pas fait l'objet d'une information du public, en méconnaissance des articles L. 123-19-1 et suivants du code de l'environnement ; la consultation du public préalable à l'adoption du schéma départemental de gestion cynégétique, ne comportant que des données démographiques de 2017 sur les populations de grand tétras, ne permettait pas au public d'apprécier l'incidence d'un arrêté autorisant le prélèvement de cinq coqs ;
- les effectifs des coqs de bruyère, dans le massif pyrénéen, sont en baisse sur la période comprise entre 2010-2011 et 2018-2019 ; dans les différents sous-bassins des deux aires de répartition du département des Hautes-Pyrénées concernées par la chasse au grand tétras, à savoir le piémont central et la haute chaîne centrale, le bilan démographique 2020 de l'office des galliformes de montagne fait apparaître une régression des effectifs ; dans ces conditions, l'autorisation de chasse, qui entraîne le prélèvement de mâles reproducteurs et perturbe les conditions de vie de cette espèce, va à l'encontre des efforts de conservations de l'espèce et méconnaît les dispositions de l'article 7 de la directive n° 2009/147/CE du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que l'office français de la biodiversité a préconisé une absence de prélèvement dans le piémont central, et un prélèvement maximal de deux grands tétras dans la région de la haute chaîne centrale.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 mars 2021 et 12 avril 2021, le préfet des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la chasse au grand tétras relève des dispositions de l'article L. 425-15 du code de l'environnement et non de l'article L. 425-14 ;
- le quota de prélèvement départemental est de quatre grands tétras et non de cinq ;
- la commission européenne a publié un guide de la chasse en application de la directive 79/409/CE du conseil concernant la conservation des oiseaux sauvages et a dégagé quatre critères pour l'application de l'article 7 de la directive du 30 novembre 2009 ;
- en l'espèce le premier critère est rempli dès lors que l'espèce, figurant à l'annexe II de la directive est bien chassable et n'est pas une espèce menacée au plan mondial ;
- le deuxième critère est rempli puisque les efforts de conservation ne sont pas compromis ; en effet au niveau des Pyrénées, il ressort du bilan démographique 2020 qu'il y a 69 % de chances que la variation des effectifs entre 2010 et 2019 soit en deçà de moins 10 % et que l'indice de reproduction est de 1 jeune par poule ; dans ce cas le prélèvement prévu par la stratégie nationale peut être de 5 % de l'effectif total de coqs ; il résulte d'une étude publiée dans la revue " Bird Study " que la population de grand tétras est sous-estimée ; il n'est prélevé qu'un nombre coqs dont il est certain qu'il n'impacte pas la dynamique naturelle de la population et ne compromet pas les efforts de conservation ;
- le troisième critère est rempli dès lors que la chasse correspond à une utilisation raisonnée ; en effet il ne peut être conclu à un impact négatif de la somme des influences sur l'abondance à long terme ; au niveau des Hautes-Pyrénées, la définition des prélèvements sur la base de données scientifiques, en deçà des possibilités biologiques des populations, correspond à une utilisation raisonnée ; la décision contestée est prudente au regard des propositions de l'office français de la biodiversité et de la fédération départementale des chasseurs des Hautes-Pyrénées ;
- enfin le quatrième critère est rempli dès lors que la protection est complète ; en effet, il n'y a pas de chevauchement entre la période de chasse et la période de reproduction ;
- les jugements antérieurs ne sont pas comparables au regard des changements de faits, compte-tenu des nouvelles estimations de population et de droit, l'arrêté étant limité dans le temps et dans l'espace ;
- le schéma départemental de gestion cynégétique a été modifié par arrêté du 3 janvier 2019 pour tenir compte du jugement annulant l'arrêté relatif à la chasse à tir du grand tétras et du lagopède pour la campagne 2017/2018, qui a relevé une insuffisance de la procédure d'élaboration du schéma ;
- le recours contre l'arrêté du 27 septembre 2019 a été rejeté par une ordonnance du 14 octobre 2019.
Par un mémoire, enregistré le 15 octobre 2020 la Fédération départementale des chasseurs des Hautes-Pyrénées, représentée par Me Lagier, déclare intervenir en défense, au soutien de l'arrêté du 2 octobre 2020 du préfet des Hautes-Pyrénées et demande au tribunal de rejeter la requête.
Elle fait état de ce que :
- elle a intérêt à agir et son intervention est recevable ;
- la chasse au grand tétras est autorisée par le droit de l'Union européenne et cet oiseau n'est soumis à aucun statut de protection dans la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe, il relève de l'annexe III à cette convention autorisant la chasse dans le cadre d'une règlementation précautionneuse ;
- les données sont fiables, la population n'a pas baissé de 1 000 coqs en une année ;
- le bilan démographique fait apparaître un indice de reproduction qui est bon et permet la chasse du grand tétras ; au surplus, une étude récente indique que les chiffres sont sous-évalués compte tenu d'une autre méthode de comptage basée sur des analyses génétiques ;
- le projet d'arrêté faisant référence au schéma départemental de gestion cynégétique en cause a été précédé d'une consultation du public qui n'était pas nécessaire dès lors que l'arrêté attaqué vient en application de l'arrêté du 25 mai 2020 portant ouverture et fermeture de la chasse, lequel a fait l'objet d'une consultation du public ;
- les quotas respectent les données du bilan démographique de l'observatoire des galliformes de montagne compte tenu de l'indice de reproduction de 1,2 dans la haute chaîne centrale et de 1,3 pour le Piémont central ; le quota est d'ailleurs de zéro pour les lagopèdes ;
- les conditions de chasse du grand tétras seraient suffisamment strictes, et le nombre de chasseurs relativement limité pour que sa chasse ne soit pas une menace pour la conservation de l'espèce ;
- les chasseurs mènent des actions en faveur du grand tétras.
Par un mémoire, enregistré le 15 octobre 2020, l'association " One Voice ", représentée par Me Moreau, déclare intervenir au soutien de la requête et demande au tribunal de faire droit aux demandes des associations requérantes.
Elle soutient que :
- son intervention est recevable ;
- l'arrêté n'a pas fait l'objet d'une consultation du public en méconnaissance de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement ;
- les modalités de gestion du grand tétras ne sont pas inscrites dans l'arrêté en méconnaissance de l'article L. 425-15 du code de l'environnement ;
- l'arrêté se fonde sur des données qui ne sont pas fiables, notamment dès lors qu'elles sont collectées par les chasseurs ;
- les dispositions des articles 2 et 7 de la directive 2009/147/CE sont méconnues ainsi que celles de l'article L. 420-1 du code de l'environnement ;
- l'arrêté méconnaît les principes de précaution et de conciliation affirmés par l'article L. 110-1 du code de l'environnement et la charte de l'environnement ;
Par une ordonnance du 24 mars 2021, la clôture de l'instruction a été fixée le 22 avril 2021.
Deux mémoires, présentés pour l'association " One Voice ", ont été enregistrés les 16 juin et 1er octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 relative à la Charte de l'environnement ;
- la directive 2009/147/CE du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Moutier, représentant l'association " One Voice ".
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 2 octobre 2020, le préfet des Hautes-Pyrénées a, d'une part, fixé au 4 octobre 2020 et au 1er novembre 2020 les dates d'ouverture et de fermeture de la chasse au grand tétras et au lagopède et, d'autre part, autorisé le prélèvement maximal de quatre grands tétras mâles, avec un prélèvement biologique admis de six oiseaux, ce quota étant réparti par région naturelle au sein des zones biogéographiques de la haute-chaîne centrale et du piémont central. Par la présente requête, les associations France Nature Environnement Midi-Pyrénées, France Nature Environnement Hautes-Pyrénées et Nature en Occitanie doivent être regardées comme demandant au tribunal l'annulation l'arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées du 2 octobre 2020 relatif à la chasse à tir du grand tétras et du lagopède, pour la campagne 2020/2021 en tant seulement qu'il autorise le prélèvement de six grand tétras, alors d'ailleurs qu'il n'autorise aucun prélèvement de lagopèdes.
Sur les interventions de la Fédération départementale des chasseurs des Hautes-Pyrénées et de l'association " One Voice " :
2. La Fédération départementale des chasseurs des Hautes-Pyrénées a intérêt au maintien de l'arrêté préfectoral attaqué. Il s'ensuit que son intervention est recevable et doit être admise.
3. L'association " One Voice ", qui dispose d'un agrément au titre de la protection de l'environnement au niveau national en date du 31 mai 2021 a pour objet selon l'article 2 de ses statuts " 1. De protéger et de défendre les droits à la vie, à la liberté, au bien-être et au respect des animaux 2. De protéger et défendre l'environnement, la nature, les espèces en voie de disparition () ". Elle est, en outre, régulièrement représentée par son président, en vertu de l'article 18 de ses statuts. Ainsi, cette association qui a intérêt à l'annulation de l'arrêté en litige est recevable à intervenir à l'appui des conclusions de la requête. Son intervention doit donc être également admise.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. D'une part, aux termes de l'article 1er de la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages : " La présente directive concerne la conservation de toutes les espèces d'oiseaux vivant naturellement à l'état sauvage sur le territoire européen des États membres () " ; qu'aux termes de l'article 2 de la même directive : " Les États membres prennent toutes les mesures nécessaires pour maintenir ou adapter la population de toutes les espèces d'oiseaux visés à l'article 1er à un niveau qui corresponde notamment aux exigences écologiques, scientifiques et culturelles, compte tenu des exigences économiques et récréationnelles " ; que selon l'article 7 de ladite directive : " 1. En raison de leur niveau de population, de leur distribution géographique et de leur taux de reproductivité dans l'ensemble de la Communauté, les espèces énumérées à l'annexe II peuvent être l'objet d'actes de chasse dans le cadre de la législation nationale. Les États membres veillent à ce que la chasse de ces espèces ne compromette pas les efforts de conservation entrepris dans leur aire de distribution. () 4. Les États membres s'assurent que la pratique de la chasse (), telle qu'elle découle de l'application des mesures nationales en vigueur, respecte les principes d'une utilisation raisonnée et d'une régulation équilibrée du point de vue écologique des espèces d'oiseaux concernées, et que cette pratique soit compatible, en ce qui concerne la population de ces espèces (), avec les dispositions découlant de l'article 2. ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 420-1 du code de l'environnement : " La gestion durable du patrimoine faunique et de ses habitats est d'intérêt général. La pratique de la chasse, activité à caractère environnemental, culturel, social et économique, participe à cette gestion et contribue à l'équilibre entre le gibier, les milieux et les activités humaines en assurant un véritable équilibre agro-sylvo-cynégétique / () ". Aux termes de l'article L. 425-14 du même code : " Dans des conditions déterminées par décret en Conseil d'État, le ministre peut, après avis de la Fédération nationale des chasseurs et de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, fixer le nombre maximal d'animaux qu'un chasseur est autorisé à prélever dans une période déterminée sur un territoire donné. Dans les mêmes conditions, le préfet peut, sur proposition de la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs, fixer le nombre maximal d'animaux qu'un chasseur ou un groupe de chasseurs est autorisé à prélever dans une période déterminée sur un territoire donné. Ces dispositions prennent en compte les orientations du schéma départemental de gestion cynégétique. " et aux termes de l'article L. 425-15 du même code : " Sur proposition de la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs, le préfet inscrit, dans l'arrêté annuel d'ouverture ou de fermeture de la chasse, les modalités de gestion d'une ou plusieurs espèces de gibier lorsque celles-ci ne relèvent pas de la mise en œuvre du plan de chasse. ".
6. Il résulte de ces dispositions que si la chasse au grand tétras (Tetrao urogallus), lequel figure en partie B de l'annexe II de la directive du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages, n'est pas interdite de manière générale et absolue sur l'ensemble du territoire national, elle doit être réglementée de manière à ce que le nombre maximal d'oiseaux chassés ne compromette pas les efforts de conservation de cette espèce dans son aire de distribution. Or, tel n'est pas le cas lorsque ces efforts de conservation ne suffisent pas à empêcher une diminution sensible des effectifs de grand tétras, dès lors qu'une telle diminution est susceptible de conduire, à terme, à sa disparition.
7. Il ressort des pièces du dossier et notamment du bilan démographique Pyrénées au titre de l'année 2020 de l'observatoire des galliformes de montagne (OGM) qui présente les effectifs de coqs et les tendances de la population entre les périodes biannuelles allant de 2010/2011 à 2018/2019 à partir d'un protocole d'échantillonnage mis en œuvre par les partenaires de cet observatoire, que les indicateurs 2020 de la population de grand tétras dans la zone des Pyrénées font état d'une population qui stagne avec une probabilité de 69 %, un scénario de diminution présentant toutefois une probabilité de 31 %, le scénario d'une augmentation de la population étant écarté avec une probabilité de 0 %. Par ailleurs, la population de grand tétras mâles est estimée, après abandon du dispositif de comptage adopté pour la période 2016/2017 à environ 2 000 coqs. Ce même bilan démographique précise que la période 2018/2019 se caractérise par une diminution notable du nombre de coqs estimé même si globalement le scénario de stabilité reste le plus probable. Ainsi, le bilan démographique 2020 de l'observatoire (OGM) présente le constat d'une population au mieux stagnante sur l'aire des Pyrénées avec une probabilité non négligeable de diminution, alors que le bilan démographique 2019 qui se basait sur l'évolution constatée entre la période 2010/2011 et la période 2016/2017, envisageait sur l'aire des Pyrénées une population de coqs de 2 926 individus, un scénario d'augmentation de la population probable à 28 % et un taux de reproduction de 1,2. Dans ces conditions, les données démographiques se sont dégradées entre 2019 et 2020.
8. S'agissant plus précisément des aires géographiques concernées par l'arrêté en cause, le bilan démographique 2020 fait apparaître sur le piémont central une population en légère baisse avec un scénario de diminution de la population considéré comme le plus probable à hauteur de 55 %. Si le bilan démographique 2020 évoque, sur cette aire, un taux de reproduction moyen de 1,3, l'indicateur dédié ne dispose pas de curseur, ce qui signifie que l'indicateur de reproduction a été calculé sur un échantillon trop faible d'individus. Au sein du piémont central, dans la région naturelle de Bigorre, le scénario d'une baisse de la population est le plus probable à hauteur de 48 %, la population de la région naturelle de Barousse présentant une probabilité de diminution égale à la probabilité de stagnation, à hauteur de 39 %, avec une probabilité de hausse égale à 22 %. Si au sein de la zone de la haute chaîne centrale dans son ensemble, la population est stable avec une probabilité de 75 % et un taux de reproduction de 1,2, il apparaît que les populations de grands tétras des zones du bassin du gave de Pau, du bassin de l'Adour, et du bassin de la Neste, visées par l'arrêté en cause, présentent une forte probabilité de diminution, respectivement évaluée à 65 %, 43 % et 55 %, seule la population de la zone de la vallée d'Estaing et d'Arrens présentant une probabilité de hausse de 40 %, supérieure aux scénarios de baisse et de stagnation. L'ensemble de ces indicateurs se sont dégradés par rapport aux données similaires du bilan démographique de 2019.
9. De plus, au vu de ce bilan démographique tel que décrit aux points 7 et 8 du présent jugement, l'office français de la biodiversité (OFB), dans sa proposition en matière de prélèvement cynégétique du Grand tétras 2020 datée du 3 septembre 2020, après avoir relevé que la situation était globalement défavorable pour la partie haute-pyrénéenne de la région " piémont central " et que l'indice de reproduction n'était pas fiable compte-tenu de la faible taille de l'échantillon, a proposé de limiter le prélèvement à deux coqs, dans les seules régions naturelles de la vallée d'Arrens et d'Estaing et du bassin de l'Adour, en relevant que les populations de la zone du Gave de Pau présente une diminution de 13 % et que celle du bassin de la Neste présente une diminution de 11 %. Dans ce même avis, l'office français de la biodiversité précise que la possibilité de prélever des individus dans les zones du bassin du gave de Pau et de la Neste présente le risque d'aggraver la situation des populations qui y sont présentes et préconise pour l'ensemble de ces raisons de s'écarter des prélèvements biologiquement possibles sur la base de 5 % des individus tel que prévu dans la stratégie nationale du grand tétras.
10. S'il est fait état, en défense, d'une étude parue dans la revue scientifique " Bird Study " selon laquelle la méthode de comptage visuel des grands tétras mâles comporterait une sous-estimation de 50 % par rapport aux estimations réalisées à partir d'analyses génétiques, cet article, dont il n'apparait pas que les méthodes aient été mises en œuvre dans le cadre de l'observatoire des galliformes de montagne, n'est pas de nature à remettre en cause les constats du bilan démographique 2020.
11. Dans ces circonstances, compte-tenu de la dégradation de la démographie du grand tétras observée dans le bilan démographique 2020 par rapport au bilan de 2019, et de la tendance à la régression observée dans quatre régions naturelles parmi les six listées à l'article 2 de l'arrêté contesté, et alors même que la décision attaquée n'autorise qu'un prélèvement en nombre très limité de grands tétras, le préfet ne démontre pas que les efforts de conservation suffisent à empêcher une diminution sensible des effectifs de grands tétras. Par suite, les requérantes sont fondées à soutenir que l'arrêté attaqué compromet les efforts de conservation entrepris dans l'aire de distribution de cette espèce.
13. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, les associations France Nature Environnement Midi-Pyrénées, France Nature Environnement Hautes-Pyrénées et Nature en Occitanie sont fondées à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées du 2 octobre 2020 fixant les quotas de prélèvement de grands tétras pour la campagne cynégétique 2020/2021.
Sur les frais de l'instance :
14. Il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'État une somme de 400 euros à verser à chacune des trois associations requérantes au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de la Fédération départementale des chasseurs des Hautes-Pyrénées et l'intervention de l'association " One Voice " sont admises.
Article 2 : L'arrêté du préfet des Hautes-Pyrénées du 2 octobre 2020 est annulé.
Article 3 : L'État versera la somme de quatre cents euros (400 euros) à chacune des associations requérantes, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la l'association France Nature Environnement Midi-Pyrenees, l'association France Nature Environnement Hautes-Pyrénées et l'association Nature en Occitanie, à l'association " One Voice" à la Fédération départementale des chasseurs es Hautes-Pyrénées et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie pour information en sera adressée au préfet des Hautes-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé : M. B
La présidente,
Signé : S. PERDULa greffière,
Signé : M. A
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026