jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2002235 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI-MOLINA ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2020, M. D A, représenté par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 septembre 2020 par lequel le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques lui a infligé la sanction de blâme ;
2°) de mettre à la charge du département des Pyrénées-Atlantiques une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la sanction a été prise au terme d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été informé de l'engagement d'une procédure disciplinaire à son encontre, ni de la possibilité de consulter son dossier individuel et d'être assisté par le représentant de son choix ;
- la sanction se fonde sur des faits matériellement inexacts, dès lors que, contrairement à ce qui est énoncé dans l'arrêté, il n'a jamais refusé d'exécuter l'ordre de sécuriser un portillon au moyen de barbelés, il n'a jamais engagé des frais sans autorisation, et il n'a jamais refusé de travailler avec l'un de ses collègues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2021, le département des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- l'arrêté du 28 août 1990 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 22 septembre 2022 à 14 heures en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint technique territorial des établissements d'enseignement, exerce des fonctions d'agent de maintenance qualifié au collège Endarra à Anglet. Par un courrier du 14 juin 2019, il a été informé qu'une procédure disciplinaire était engagée à son encontre. Par un premier arrêté du 2 juillet 2019, le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques lui a infligé un blâme. Cet arrêté, qui ne respectait pas les exigences de motivation en droit et en fait, a été retiré le 26 août 2020. Par un nouvel arrêté, en date du 14 septembre 2020, le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a prononcé à l'encontre de M. A, la sanction de blâme pour des faits caractérisant selon lui un manquement au devoir d'obéissance hiérarchique. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983, applicable à la date de la décision attaquée : () Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier. Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. (). Aux termes de l'article 4 du décret n° 89-677, dans sa rédaction alors en vigueur : " L'autorité investie du pouvoir disciplinaire informe par écrit l'intéressé de la procédure disciplinaire engagée contre lui, lui précise les faits qui lui sont reprochés et lui indique qu'il a le droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel au siège de l'autorité territoriale et la possibilité de se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix. / L'intéressé doit disposer d'un délai suffisant pour prendre connaissance de ce dossier et organiser sa défense. Les pièces du dossier et les documents annexés doivent être numérotés. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 14 juin 2019, le directeur général des services du département des Pyrénées-Atlantiques a indiqué à M. A qu'il avait le droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel, et qu'il pouvait se faire accompagner et assister par un ou plusieurs conseils de son choix. Il a ainsi reçu une information suffisante au regard des dispositions précitées. En tout état de cause, il résulte des termes de son courrier du 28 juin 2019 que M. A a bien eu connaissance du courrier l'informant de la procédure engagée à son encontre, et qu'il a consulté son dossier individuel le 26 juin 2019. La circonstance invoquée que la première sanction, édictée le 2 juillet 2019, a été retirée, n'imposait pas à l'autorité compétente de reprendre une nouvelle procédure contradictoire, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier, et qu'il n'est au demeurant pas contesté, que les faits fondant la seconde sanction sont les mêmes et que la procédure contradictoire menée préalablement à l'édiction de l'arrêté du 2 juillet 2019 l'a été de manière régulière. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : Premier groupe : l'avertissement ; le blâme ; l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; (). ".
5. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
6. Pour prendre la sanction litigieuse le président du conseil départemental a retenu trois griefs à l'encontre de M. A, auquel il est reproché, d'une part, d'avoir refusé d'appliquer des consignes relatives à la sécurisation d'un portillon, d'autre part, d'avoir acheté du matériel sans autorisation préalable ni consultation de sa hiérarchie, et enfin d'avoir refusé de travailler en équipe avec un collègue. Ce comportement révélant selon lui un manquement de l'intéressé au devoir d'obéissance hiérarchique.
7. Il ressort des pièces du dossier, que le Principal du collège dans lequel est affecté M. A a demandé à l'intéressé d'installer des barbelés au-dessus d'un portail en vue de sa sécurisation. Toutefois, par un mail du 4 juin 2019, produit dans le cadre de la présente instance, M. A a émis des réserves sur l'opportunité de cette mesure auprès du gestionnaire de l'établissement. Puis, au cours d'un entretien du 5 juin 2019, alors que le principal de rappelait M. A à ses obligations d'obéissance, ce dernier a estimé ne devoir recevoir les avis et consignes que du seul département. Enfin, par un mail du 12 juin 2019 adressé à une personne extérieure à l'établissement, M. A a de nouveau fait part de ses interrogations quant à la pertinence de cette mesure de sécurisation, révélant ainsi, à tout le moins, qu'il n'avait toujours pas procédé à cette l'installation. Dès lors, il y a lieu de considérer que ce comportement révèle un refus délibéré de M. A d'exécuter l'ordre d'installer les dispositifs de sécurité demandés. Si le département ne produit pas, en revanche, d'éléments suffisants, permettant de tenir pour établie l'exactitude matérielle des deux autres griefs, retenus à l'encontre de M. A, le premier justifiait à lui seul le prononcé de la sanction de blâme en litige.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques du 14 septembre 2020.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département des Pyrénées-Atlantiques, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. De sorte que les conclusions qu'il présent sur le fondement de ces dispositions doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au département des Pyrénées-Atlantiques.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La présidente
V. QUEMENERLa greffière,
M. BLa République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026