mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2002634 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PERRIER |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2002634, le 29 décembre 2020, Mme A E, représentée par Me Perrier, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis à son encontre le 28 février 2020 par le centre hospitalier de Condom, lui réclamant une somme de 4 939,35 euros au titre d'un trop-perçu de rémunération ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Condom une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable au regard des dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, dès lors que, malgré ses diligences, elle n'a pas été destinataire du titre litigieux ;
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- le titre méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ; tandis qu'elle était initialement placée en congé de maladie ordinaire, le centre hospitalier de Condom lui a versé son plein traitement à compter du 28 décembre 2018 la plaçant implicitement en congé de maladie pour accident de service à compter de cette même date et reconnaissant, de manière implicite, l'imputabilité au service de sa maladie déclarée le 15 novembre 2018 ; par une décision du 27 septembre 2019, le centre hospitalier a refusé de reconnaître cette imputabilité, retirant plus de quatre mois plus tard une décision créatrice de droits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, le centre hospitalier de Condom, représenté par Me Sabatté, conclut au non-lieu à statuer sur la requête de Mme E.
Il soutient que :
- le titre de recettes litigieux a été retiré par un second titre en date du 4 mai 2021, annulant et remplaçant le précédent ;
- les conclusions de la requête de Mme E sont donc devenues sans objet.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2102861, le 25 octobre 2021, Mme A E, représentée par Me Perrier, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis à son encontre le 4 mai 2021 par le centre hospitalier de Condom, lui réclamant une somme de 4 939,35 euros au titre d'un trop-perçu de rémunération, ensemble la décision portant rejet implicite de son recours gracieux du 19 juillet 2021 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Condom une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en vertu du droit à un recours effectif, l'administration ne peut émettre un nouvel acte, ayant le même objet, en vue de faire échec à une procédure contentieuse déjà introduite ;
- il n'est pas justifié de ce que le bordereau accompagnant le titre exécutoire litigieux comporte la signature de son auteur ;
- le titre émis est entaché d'un défaut de motivation ;
- en vertu de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, sa première requête a eu pour effet de suspendre la force exécutoire du titre émis ;
- l'émission du nouveau titre du 4 mai 2021 méconnaît le droit à un recours effectif ;
- le titre est mal fondé, au regard de l'illégalité de son placement rétroactif en congé de maladie ordinaire, qu'elle développe dans le cadre de sa requête enregistrée sous le n° 2002634.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, le centre hospitalier de condom, représenté par Me Sabatté, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme E, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le premier titre a été annulé et remplacé en raison de son illégalité, liée à l'absence de mention des nom, prénom et qualité de l'émetteur, et non en vue de faire échec à la première instance introduite par la requérante ;
- le bordereau de recettes comportant le titre litigieux est signé électroniquement de son auteur, à savoir M. D, directeur du centre hospitalier ;
- le titre est suffisamment motivé ; il indique les bases de la liquidation, tandis que Mme E a été préalablement informée des montants qui allaient lui être réclamés ;
- le refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'incident survenu le 15 novembre 2018 est bien fondé, dès lors que, en l'absence de comportement excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, cet évènement ne présente pas le caractère d'un accident de service.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le décret n° 2019-122 du 21 février 2019 ;
- le décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Clen, rapporteur public,
- et les observations de Me Sabatté, représentant le centre hospitalier de Condom.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E a été recrutée par le centre hospitalier de Condom à compter du 14 mars 2017, par voie de mutation, en qualité d'attaché d'administration hospitalière titulaire. Elle a été placée en congé de maladie ordinaire entre le 28 décembre 2017 et le 9 novembre 2018. Le comité médical départemental a émis, le 30 octobre 2018, un avis favorable à sa reprise à mi-temps thérapeutique pour une période de 3 mois à compter du 10 octobre 2018. A la suite d'un entretien du 7 novembre 2018 avec le directeur de l'établissement, elle a repris son activité le 12 novembre 2018. Le 15 novembre 2018, Mme E a quitté le service et déposé plainte pour discrimination à l'encontre du directeur. Placée en arrêt de travail le 16 novembre 2018, elle a, par un courrier du 19 novembre 2018, déclaré un syndrome de stress post-traumatique en lien avec l'incident du 15 novembre 2018 et sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de cette maladie. Au vu des conclusions de l'expertise médicale diligentée par l'administration, la commission de réforme hospitalière a émis le 27 août 2019 un avis défavorable à une telle reconnaissance. Sa demande ayant été rejetée par une décision du 27 septembre 2019, Mme E a été placée en congé de maladie ordinaire jusqu'au 1er juillet 2020, date de sa réintégration dans ses fonctions. Elle a été détachée auprès de l'Ecole des hautes études en santé publique à compter du 1er octobre 2020.
2. Le 28 février 2020, le centre hospitalier de Condom a émis à l'encontre de Mme E un titre exécutoire lui réclamant une somme de 4 939,35 euros, au titre d'un trop-perçu de rémunération. Ce titre a été annulé et remplacé par un second titre en date du 4 mai 2021, portant sur le même montant. Par les deux requêtes susvisées, Mme E demande au tribunal d'annuler ces deux titres exécutoires.
Sur la jonction :
3. Les requêtes susvisées n° 2002634 et n° 2102861, présentées par Mme E, présentent à juger les mêmes questions, sur la rémunération de la même fonctionnaire, et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation du titre exécutoire du 28 février 2020 :
4. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête n° 2002634, le centre hospitalier de Condom a émis le 4 mai 2021 un nouveau titre exécutoire, annulant et remplaçant le précédent titre de recettes du 28 février 2020, au motif que celui-ci ne comportait pas la mention des nom, prénom et qualité de son émetteur. Dans ces conditions, le second titre exécutoire, dont Mme E a reçu notification et qu'elle a d'ailleurs contesté par la requête enregistrée sous le n° 2102861, ne peut être regardé comme ayant été émis en vue de faire échec à la première instance. Ainsi, les conclusions aux fins d'annulation présentées dans le cadre de la requête n° 2002634 ont perdu leur objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation du titre exécutoire du 4 mai 2021 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction alors en vigueur : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. / () ".
6. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que l'ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif adressée au redevable doit mentionner les nom, prénoms et qualité de la personne qu'il l'a émis et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.
7. Il ressort du bordereau de recettes dématérialisé relatif au titre exécutoire n° 420 du 4 mai 2021 que celui-ci comporte la signature électronique de son auteur, à savoir M. D, directeur du centre hospitalier de Condom. Par suite, le moyen tiré du défaut de signature de l'acte contesté doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
9. Il ressort de l'avis des sommes à payer émis le 4 mai 2021 que celui-ci mentionne que la créance porte sur une régularisation d'indus au 31 décembre 2020, à hauteur d'un montant de 4 939,35 euros. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que, par un courrier du 9 mars 2020 faisant référence à un précédent courrier du 7 novembre 2019, dont elle ne conteste pas avoir reçu notification, Mme E a été informée que son placement en congé maladie à plein traitement sur la période du 28 mars au 30 septembre 2019 a généré un trop-perçu de rémunération à hauteur de 4 939,35 euros, alors qu'elle n'avait droit à percevoir que les deux tiers de son traitement en position de congé maladie ordinaire, et que cette somme allait faire l'objet d'un titre de paiement émis par la trésorerie d'Auch. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas été régulièrement informée des bases et éléments de calcul de la dette dont il lui était demandé règlement.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dont les dispositions s'appliquent aux établissements publics de santé : " () 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. / () ".
11. Ainsi qu'il a été dit précédemment, le titre exécutoire émis le 4 mai 2021 a annulé et remplacé le précédent titre de recettes en date du 28 février 2020. Compte tenu de son retrait, le premier titre ne pouvait donc plus recevoir d'exécution. Alors, au demeurant, que la requête n° 2102861 contestant le bien-fondé de la créance a suspendu la force exécutoire du second titre, le moyen tiré de l'absence de force exécutoire du titre antérieur doit, par suite, être écarté comme étant inopérant.
12. En quatrième lieu, la requérante ne soutient, ni même n'allègue que l'avis des sommes à payer du 4 mai 2021 ne lui aurait pas été régulièrement notifié, ni même qu'elle n'aurait pas été informée des voies et délais de recours. Or, sa requête enregistrée sous le n° 2102861 est précisément dirigée contre le second titre exécutoire en cause. Par suite, Mme E n'est pas fondée à soutenir que l'émission de ce titre méconnaît le droit à un recours effectif garanti par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. En cinquième lieu, l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique a institué un " congé pour invalidité temporaire imputable au service " en insérant dans la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires un article 21 bis aux termes duquel : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. () / III. - Est reconnu imputable au service, lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit en apportent la preuve ou lorsque l'enquête permet à l'autorité administrative de disposer des éléments suffisants, l'accident de trajet dont est victime le fonctionnaire qui se produit sur le parcours habituel entre le lieu où s'accomplit son service et sa résidence ou son lieu de restauration et pendant la durée normale pour l'effectuer, sauf si un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est de nature à détacher l'accident du service. / () ". L'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 a aussi, en conséquence de l'institution du congé pour invalidité temporaire imputable au service à l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, modifié des dispositions des lois du 11 janvier 1984, du 26 janvier 1984 et du 9 janvier 1986 régissant respectivement la fonction publique de l'Etat, la fonction publique territoriale et la fonction publique hospitalière. Le IV de l'article 10, pour la fonction publique hospitalière, dispose ainsi que : " A l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée : a) Au deuxième alinéa du 2°, les mots : " ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions " sont remplacés par les mots : " , à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service " ; b) Au 4°, le deuxième alinéa est supprimé ; c) Après le quatrième alinéa du 4°, est inséré un alinéa ainsi rédigé : " Les dispositions du quatrième alinéa du 2° du présent article sont applicables au congé de longue durée ".
14. L'application de ces dispositions résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 était manifestement impossible en l'absence d'un texte réglementaire fixant, notamment, les conditions de procédure applicables à l'octroi de ce nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. Les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ne sont donc entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique hospitalière, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 16 mai 2020, du décret du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière, décret par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue, sous forme de décret en Conseil d'Etat, par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017. Il en résulte que les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 sont demeurées applicables jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 13 mai 2020.
15. Or, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie (). / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service () / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. / () ".
16. Il s'en déduit qu'en maintenant, conformément aux dispositions précitées de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, le plein traitement de l'intéressée jusqu'à l'édiction de la décision refusant de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie déclarée le 15 novembre 2018, l'administration ne peut être regardée comme ayant implicitement placé Mme E en congé pour invalidité temporaire imputable au service, lequel n'était pas encore applicable dans la fonction publique hospitalière. Par suite, la requérante, qui ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité de son placement rétroactif en congé de maladie ordinaire, que la décision du 27 septembre 2019 n'a pas eu pour effet de prononcer, n'est pas fondée à contester, à raison d'un tel motif, le bien-fondé de la créance litigieuse.
17. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme E tendant à l'annulation du titre exécutoire du 4 mai 2021 doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Condom, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme E demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme E une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par le centre hospitalier de Condom et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête n° 2002634 de Mme E.
Article 2 : La requête n° 2102861 de Mme E est rejetée.
Article 3 : Mme E versera une somme de 1 200 (mille deux cents) euros au centre hospitalier de Condom, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E et au centre hospitalier de Condom.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
M. Cabon, premier conseiller,
M. Ramin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
V. B
La présidente,
signé
M. C
La greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Nos 2002634,2102861
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026