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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2100624

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2100624

mardi 28 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2100624
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL CABINET CAMBOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 mars 2021, le 11 février 2022, le 21 octobre 2022 et le 16 décembre 2022, l'association Fédération des sociétés pour l'étude, la protection et l'aménagement de la nature dans le sud-ouest (SEPANSO), section Pyrénées-Atlantiques, l'association Kechiloa Patrimoine et environnement, M. A B, M. D B et Mme C B, représentés par Me Ruffie, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 janvier 2021 par lequel le maire d'Urrugne a délivré à la société Amodia un permis de construire en vue de l'édification d'un ensemble immobilier comportant 38 logements ;

2°) de mettre respectivement à la charge de la commune d'Urrugne et de la société Amodia une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des dispositions des articles L. 431-2, R. 431-7, R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- il ne comporte pas d'indication quant à la soumission du projet à la délivrance d'une déclaration au titre de la loi sur l'eau ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme et l'article 1AU14 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne ;

- il méconnaît les articles 1AU2, 1AU5, 1AU9, 1AU13, 1AU14 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne ;

- il méconnaît les dispositions de l'orientation d'aménagement et de programmation n°8 " Kechiloa " du plan local d'urbanisme d'Urrugne ;

- il méconnaît les articles L. 121-3 et L. 121-8 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les articles L. 425-14, R. 111-2 et R. 111-26 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 décembre 2021, le 22 septembre 2022 et le 22 décembre 2022, la commune d'Urrugne, représentée par Me Cambot, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit sursis à statuer dans l'attente d'une régularisation éventuelle, et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'association SEPANSO Pyrénées-Atlantiques ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir,

- l'association Kechiloa Patrimoine et environnement ne justifie pas d'un intérêt pour agir, ses statuts ayant été déposés postérieurement à l'affichage de la demande de permis de construire ;

- les consorts B ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

- les moyens soulevés par l'association SEPANSO Pyrénées-Atlantiques et autres ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense enregistrés le 1er février 2022, le 28 octobre 2022 et le 2 décembre 2022, la société à responsabilité limitée Amodia, représentée par Me Delhaes, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- l'association SEPANSO Pyrénées-Atlantiques ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir,

- l'association Kechiloa Patrimoine et environnement ne justifie pas d'un intérêt pour agir, ses statuts ayant été déposés postérieurement à l'affichage de la demande de permis de construire ;

- les consorts B ne justifient ni d'un intérêt pour agir, ni de leur qualité pour agir ;

- les moyens soulevés par l'association SEPANSO Pyrénées-Atlantiques et autres ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,

- et les observations de Me Ruffié, représentant l'association SEPANSO Pyrénées-Atlantiques et autres, et celles de Me Lopes, représentant la société Amodia.

Une note en délibéré présentée pour l'association SEPANSO Pyrénées-Atlantiques et autres a été enregistrée le 17 mars 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 14 janvier 2021, le maire d'Urrugne a délivré à la société Amodia un permis de construire en vue de l'édification d'un ensemble immobilier composé de trois bâtiments comportant un total de 38 logements. L'association SEPANSO Pyrénées-Atlantiques et autres demandent l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale après la date de publication de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. (). ". Aux termes de l'article L. 422-3 du même code : " Lorsqu'une commune fait partie d'un établissement public de coopération intercommunale, elle peut, en accord avec cet établissement, lui déléguer la compétence prévue au a de l'article L. 422-1 qui est alors exercée par le président de l'établissement public au nom de l'établissement. () ".

3. Si la commune d'Urrugne est dotée d'un plan local d'urbanisme, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle a délégué à la communauté d'agglomération Pays basque, dont elle est membre, la compétence en matière de délivrance d'autorisations d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : () e) s'il y a lieu, que les travaux portent sur une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumise à déclaration en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II du code de l'environnement ; (). ". Aux termes de l'article R. 214-1 du code de l'environnement : " La nomenclature des installations, ouvrages, travaux et activités soumis à autorisation ou à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-6 figure au tableau annexé au présent article. () 2.1.5.0. Rejet d'eaux pluviales dans les eaux douces superficielles ou sur le sol ou dans le sous-sol, la surface totale du projet, augmentée de la surface correspondant à la partie du bassin naturel dont les écoulements sont interceptés par le projet, étant : () 2° Supérieure à 1 ha mais inférieure à 20 ha (D). () 3.3.1.0. Assèchement, mise en eau, imperméabilisation, remblais de zones humides ou de marais, la zone asséchée ou mise en eau étant : () 2° Supérieure à 0,1 ha, mais inférieure à 1 ha (D). () ".

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet emporte l'imperméabilisation d'une surface de 6 200 m², tandis que les requérants n'établissent pas que, compte tenu du profil altimétrique du secteur, et de la position de la parcelle sur un versant, le projet aurait pour effet d'intercepter les eaux de ruissellement d'une surface telle que l'ensemble dépasse le seuil d'un hectare. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet entre dans la catégorie 2.1.5.0 de la nomenclature des installations, ouvrages, travaux et activités soumis à déclaration au titre de la loi sur l'eau. D'autre part, les requérants ne démontrent pas que le projet s'implante en zone humide, les extraits du rapport de présentation du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne et l'avis émis par la mission régionale d'autorité environnementale de Nouvelle Aquitaine dans le cadre de l'élaboration de ce document dont ils se prévalent faisant seulement état d'une probabilité de zone humide dans le secteur. Dès lors, il n'est pas non plus établi que le projet conduirait à l'assèchement ou à l'imperméabilisation d'une zone humide, et relèverait ainsi de la catégorie 3.3.1.0 de la nomenclature précitée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-5 e) du code de l'urbanisme doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural définit, par des plans et documents écrits, l'implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. / Il précise, par des documents graphiques ou photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords. ". Aux termes de l'article R. 431-7 du même code : " Sont joints à la demande de permis de construire : () b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ".

7. Si les requérants soutiennent que la notice ne fait pas état de ce que la parcelle est bordée d'un secteur classé en zone naturelle, une telle mention n'étant au demeurant pas spécifiquement exigée par les dispositions précitées, elle mentionne, au titre de l'état initial du terrain et de ses abords, la présence du ruisseau et d'arbres de haute tige en limite nord, ce qui est corroboré par le plan topographique reproduit dans ce document. Par ailleurs, l'aménagement paysager de l'aire de stockage des déchets ne fait certes pas l'objet d'un développement particulier dans la notice. Toutefois à supposer que cette lacune caractérise une insuffisance au regard des dispositions précitées du code de l'urbanisme, l'aménagement paysager prévu est déductible des plans de masse joints au dossier de permis de construire, lesquels représentent la clôture en limite est à maintenir, le maintien de deux arbres de haute tige dans l'angle sud-est de l'aire de stockage des déchets et la suppression de la clôture en limite sud. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de la notice prévue par l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".

9. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

10. Le dossier de demande de permis de construire comporte deux documents graphiques représentant l'insertion des bâtiments projetés depuis le chemin de Muxillotenea. Tout d'abord, si l'élargissement prévu de ce chemin ne figure pas sur ces documents, cette lacune est compensée par les plans de masse joints au dossier, lesquels reproduisent l'emprise du chemin élargi. Ensuite, les dispositions précitées n'exigeant pas la représentation du projet depuis plusieurs points alentour, les requérants ne peuvent utilement soutenir que ces documents ne représentent pas l'insertion du projet depuis le chemin de Saint-Jacques de Compostelle passant à proximité. Enfin, alors qu'il ressort des pièces du dossier que les maisons avoisinantes les plus proches du terrain d'assiette du projet sont situées sur le bord opposé du chemin de Muxillotenea, les documents graphiques du dossier de demande de permis ne permettent pas d'apprécier l'impact visuel des constructions projetées par rapport à ces maisons. Bien qu'étaient également jointes au dossier de demande quatre photographies représentant l'environnement proche et trois photographies représentant l'environnement lointain de ce terrain, seule la photographie n°6 montrant une maison située de ce côté du chemin, tandis que le plan de situation, et la vue aérienne qui l'accompagne, ne permettent pas de rendre compte des volumes des constructions avoisinantes, n'ont pas eu pour effet de compenser utilement l'insuffisance des documents graphiques. Cependant, compte tenu de l'ensemble des pièces du dossier de demande de permis et de ce que les constructions projetées les plus proches du chemin de Muxillotenea, présenteront, depuis ce chemin, une façade comportant un rez-de-chaussée et un étage, soit un volume similaire à celui des maisons avoisinantes, cette insuffisance n'est pas de nature, dans les circonstances de l'espèce, à avoir faussé l'appréciation du service instructeur. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance des documents graphiques doit être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 425-14 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice du deuxième alinéa de l'article L. 181-30 du code de l'environnement, lorsque le projet est soumis à autorisation environnementale, en application du chapitre unique du titre VIII du livre Ier du même code, ou à déclaration, en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II dudit code, le permis ou la décision de non-opposition à déclaration préalable ne peut pas être mis en œuvre : () 2° Avant la décision d'acceptation, pour les installations, ouvrages, travaux et activités soumis à déclaration en application du II de l'article L. 214-3 du même code. ".

12. Ainsi qu'il a été dit au point 5, le projet autorisé par l'arrêté attaqué n'est pas soumis à déclaration en application des articles L. 214-1 et suivants du code de l'environnement. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le maire d'Urrugne devait assortir l'autorisation d'une prescription tenant à l'obtention d'une décision d'acceptation au titre de ces dispositions.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 121-3 du code de l'urbanisme : " () Le schéma de cohérence territoriale précise, en tenant compte des paysages, de l'environnement, des particularités locales et de la capacité d'accueil du territoire, les modalités d'application des dispositions du présent chapitre. Il détermine les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés prévus à l'article L. 121-8, et en définit la localisation. ". Aux termes de l'article L. 121-8 du même code : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants./ Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. () ". Il appartient à l'autorité administrative chargée de se prononcer sur une demande d'autorisation d'occupation ou d'utilisation du sol de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la conformité du projet avec les dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral.

14. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est bordé au nord par le ruisseau de Muxillotenea, à l'opposé duquel se trouvent une voie ferrée puis une zone densément urbanisée de la commune de Ciboure. Par ailleurs, ce terrain prend place dans un secteur se caractérisant par une densité moyenne de constructions, essentiellement réparties de part et d'autre des chemins d'Agoretta et de Muxillotenea, et se situe dans le prolongement, au nord, de l'agglomération cibourienne, et à l'est, d'un continuum de parcelles bâties jouxtant une zone commerciale, relevant de la zone agglomérée de Kechiloa. Le terrain d'assiette doit donc être considéré comme étant en continuité avec l'agglomération existante. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les articles L. 121-3 et L. 121-8 du code de l'urbanisme.

15. En septième lieu, aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. ". Aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme, en vigueur à la date d'approbation du plan local d'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. (). ". Aux termes de l'article L. 151-7 du même code : " I. - Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain, favoriser la densification et assurer le développement de la commune ; 2° Favoriser la mixité fonctionnelle en prévoyant qu'en cas de réalisation d'opérations d'aménagement, de construction ou de réhabilitation un pourcentage de ces opérations est destiné à la réalisation de commerces ; () 5° Prendre la forme de schémas d'aménagement et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics ; () . ". Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation (OAP) d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.

16. Il résulte de ces dispositions qu'en matière d'aménagement, une OAP implique un ensemble d'orientations définissant des actions ou opérations visant, dans un souci de cohérence à l'échelle du périmètre qu'elle couvre, à mettre en valeur des éléments de l'environnement naturel ou urbain, ou à réhabiliter, restructurer ou aménager un quartier ou un secteur. Si les OAP peuvent prendre la forme de schémas d'aménagement, ces dispositions n'ont ni pour objet ni pour effet de permettre aux auteurs du plan local d'urbanisme, qui peuvent y préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics, de fixer précisément, au sein de telles orientations, les caractéristiques des constructions susceptibles d'être réalisées.

17. Le plan local d'urbanisme d'Urrugne comporte une OAP relative au secteur Kechiloa dont le périmètre couvre le terrain d'assiette du projet autorisé par l'arrêté litigieux. Cette OAP prévoit que " les opérations, constructions ou aménagements projetés doivent rendre possibles ou, à tout le moins, ne pas compromettre les dispositions indiquées ci-dessous : - l'ouverture à l'urbanisation est conditionnée à la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble ; - l'opération d'aménagement d'ensemble devra comporter au minimum 40% de logements en locatif social (PLUS, PLAI, PLS) et 20% en accession sociale à la propriété (BRS) ; - respecter une densité moyenne comprise entre 20 et 30 logements à l'hectare sur l'ensemble de la zone ; - favoriser une mixité de formes architecturales (petits collectifs de cinq logements inspirés de l'Etxe Labourdine en R+1+combles, maisons individuelles groupées et maisons individuelles). " Elle comporte un document d'orientations graphiques localisant l'espace destiné à des logements sociaux au nord du terrain d'assiette du projet.

18. D'une part, il ressort des pièces du dossier que dans cette partie du terrain d'assiette du projet sont prévus à la fois deux bâtiments collectifs comprenant des logements sociaux ainsi que des villas individuelles ne relevant pas du secteur social, tandis qu'un bâtiment situé à l'ouest du terrain d'assiette, en dehors de l'espace dédié d'après l'orientation graphique, doit accueillir des logements sociaux. Eu égard au fait que n'est ainsi pas compromise la disposition relative à la fixation d'un minimum de 40% de logements locatifs sociaux, la circonstance que la localisation de ces logements ne corresponde pas exactement au plan d'orientations graphiques ne caractérise pas une incompatibilité de l'arrêté attaqué avec l'OAP du secteur Kechiloa. D'autre part, la précision apportée à l'orientation tendant à favoriser une mixité de formes architecturales, tenant à la présence de petits collectifs comportant cinq logements composés d'un rez-de-chaussée, d'un étage et de combles, et de maisons individuelles groupées ou non, ne saurait être interprétée comme réglementant les caractéristiques des constructions à venir, lesquelles sont définies par le règlement. Par suite, la circonstance que le projet prévoit des bâtiments collectifs comportant huit logements et ne respectant pas le nombre et la nature des niveaux prévus par cette OAP n'a pas pour effet de le rendre incompatible avec cette dernière, la mixité des formes architecturales étant par ailleurs respectée.

19. En huitième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".

20. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des plans du dossier de demande de permis, corroborés par l'avis émis par les services de la direction départementale du territoire et de la mer des Pyrénées-Atlantiques, consultée au cours de l'instruction de ce dossier, puis de nouveau au cours de la présente instance, que les bâtiments projetés sont tous situés en dehors de la zone inondable, qu'il s'agisse des zones d'aléa fort, moyen ou faible, identifiés dans les études en cours du plan de prévention du risque d'inondation. A cet égard, les requérants se bornent à émettre des doutes sur l'exactitude du report de la limite des zones du projet de ce plan sur le plan de masse, sans démontrer une erreur dans ce report. Par ailleurs, si, comme le soulignent les requérants, la partie nord du terrain dans laquelle doivent être implantés une partie des bâtiments B et C et le bassin de rétention se situent, d'après un document préparatoire du plan de prévention du risque d'inondation, dans une zone déterminée par l'hydrogéomorphologie comme inondable, l'arrêté attaqué assortit toutefois le permis de construire de prescriptions tenant à l'absence de remblai en zone inondable, l'absence d'ouverture basse en façade nord des bâtiments B, C et du garage F afin d'éviter toute pénétration d'eau dans les sous-sols, et l'utilisation de matériaux hydrofuges et hydrophobes pour les parties d'ouvrage situées en dessous du niveau du rez-de-chaussée. Dans ces circonstances, la seule localisation d'une partie du terrain dans la zone déterminée par l'hydrogéomorphologie comme inondable, l'ampleur du risque n'étant d'ailleurs pas précisée, et le document préparatoire du plan de prévention du risque d'inondation excluant de la zone d'aléa la totalité de la surface du terrain, ne permet pas d'établir que l'implantation des trois bâtiments les plus proches du ruisseau situé au nord de la parcelle est de nature à présenter un risque pour la sécurité publique. Par suite, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

21. En neuvième lieu, aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement. ". Il résulte de ces dispositions qu'elles ne permettent pas à l'autorité administrative de refuser un permis de construire, mais seulement de l'accorder sous réserve du respect de prescriptions spéciales relevant de la police de l'urbanisme, telles que celles relatives à l'implantation ou aux caractéristiques des bâtiments et de leurs abords, si le projet de construction est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement.

22. Ainsi qu'il a été dit au point 5, le projet n'est pas soumis à l'obtention d'une décision d'acceptation en réponse à une déclaration au titre de la loi sur l'eau. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir qu'au titre des dispositions précitées, le maire aurait dû assortir l'arrêté d'une prescription tenant à l'obtention d'une telle décision, et n'allèguent d'ailleurs ni ne démontrent pas d'atteinte aux préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Par suite, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme.

23. En dixième lieu, aux termes de l'article 1AU2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne : " Occupations et utilisations du sol soumises à conditions particulières () Dans les secteurs affectés par un risque d'inondation tel que défini dans la carte des aléas du projet de PPRi en cours d'élaboration, et repérés sur le document graphique par une trame hachurée bleue, les dispositions suivantes s'appliquent : - Dans les zones d'aléas forts et moyens, dans les zones d'aléas faibles hors secteurs urbanisés, ainsi que dans toutes les zones déterminées par hydrogéomorphologie, toute construction nouvelle est interdite (). ".

24. Ainsi qu'il a été dit au point 20, il ressort des pièces du dossier, en particulier d'un document préparatoire en date du 6 juin 2019 établi dans le cadre de l'élaboration du plan de prévention du risque d'inondation de la commune d'Urrugne, qu'une partie du terrain d'assiette du projet, en ce compris une zone sur laquelle doivent être implantés certains des bâtiments projetés, est localisée dans la " zone inondable déterminée par hydrogéomorphologie ". Toutefois, ce terrain n'est pas situé dans la zone hachurée bleue correspondant au secteur inondable précisé dans le document graphique du plan local d'urbanisme. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué a été délivré en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 1AU2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne.

25. Aux termes de l'article 1AU5 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives. Les bâtiments sont implantés : () -soit en ordre discontinu, c'est-à-dire sans contiguïté avec les limites séparatives, en respectant une distance égale à la hauteur de la construction, diminuée de 3 mètres (D=H-3), avec un minimum par rapport à ces limites de 2 mètres. () Les dispositions des alinéas précédents sont applicables aux terrains issus des divisions réalisées dans le cadre d'un permis d'aménager (ou d'une déclaration préalable) portant sur un lotissement ou, dans le cadre d'un permis de construire, sur un ensemble de bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance. ".

26. Eu égard à son objet, et compte tenu, par ailleurs, de ce que l'article 1AU8 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne fixe une règle de hauteur selon la formule " (D = H-3) ", les dispositions précitées de l'article 1AU 5 du même règlement doivent être regardées comme imposant aux bâtiments implantés en ordre discontinu, une distance minimale par rapport à la limite séparative, c'est-à-dire une distance supérieure à la hauteur de la construction diminuée de trois mètres. Or le bâtiment A, d'une hauteur de 7,87 m et les villas, d'une hauteur de 5,11 m, sont situés respectivement à une distance supérieure à 4,87m et à 3,11m par rapport à la limite séparative la plus proche. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît l'article 1AU5 de ce règlement.

27. En douzième lieu, aux termes de l'article 1AU9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne : " Aspect extérieur des constructions et aménagement de leurs abords. Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimension ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrage à édifier ou à modifier sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () Les constructions doivent présenter un volume, un aspect, des couleurs et des matériaux de nature à ne pas porter atteinte à ceux des constructions avoisinantes. ".

28. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet ne se situe pas en crête, contrairement à ce que soutiennent les requérants, mais en contre-bas du point culminant du secteur, situé à la bifurcation entre les chemins d'Agoretta et de Muxillotenea, lesquels descendent en pente douce depuis ce point et offrent une perspective au nord vers la voie ferrée. Il en résulte donc un intérêt limité des perspectives paysagères du secteur. Par ailleurs, si les requérants invoquent la proximité d'un tronçon du chemin de Saint-Jacques de Compostelle, celui-ci, dont il n'est d'ailleurs pas allégué qu'il fasse l'objet d'une protection particulière, ne passe pas au droit du terrain d'assiette du projet. Par suite, compte tenu par ailleurs des caractéristiques du projet litigieux, lequel ne comporte qu'un bâtiment composé d'un rez-de-chaussée, d'un étage et de combles implanté à proximité de ce chemin, les autres bâtiments étant situés en contre-bas, en délivrant le permis de construire critiqué, le maire d'Urrugne n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article 1AU9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne.

29. En treizième lieu, aux termes de l'article 1AU13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne : " Conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public. Généralités : Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie et de collecte des déchets ménagers. / Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. () ".

30. Pour l'application de règles relatives à la desserte des terrains, la conformité d'un immeuble aux prescriptions d'un plan local d'urbanisme s'apprécie non par rapport à l'état initial de la voie mais en tenant compte des prévisions inscrites dans le plan local d'urbanisme à l'égard de celle-ci et des circonstances de droit et de fait déterminantes pour leur réalisation.

31. Il ressort des pièces du dossier que l'élargissement du chemin de Muxillotenea est prévu dans l'OAP du secteur Kechiloa, le schéma des orientations graphiques délimitant une emprise de la parcelle AY65 non constructible qui borde ce chemin, dédiée à l'élargissement de la chaussée et à la création d'un cheminement doux. La commune produit par ailleurs une étude pré-opérationnelle datée du mois de septembre 2019, destinée à estimer le taux majoré de la part communale de la taxe d'aménagement qu'il serait nécessaire de mettre en place pour financer les travaux nécessaires, et à chiffrer le reste à charge pour la commune si le taux majoré était fixé à 20%, ainsi que la délibération du conseil municipal d'Urrugne du 21 octobre 2019 instaurant la taxe d'aménagement majorée à 20% pour le secteur Kechiloa. La commune produit en outre un bon de commande du 10 mai 2021, soit à une date proche de celle de l'arrêté attaqué, pour la réalisation de relevés topographiques dans le secteur Agoretta et Muxillotenea. Dans ces conditions, la réalisation des travaux correspondant à l'élargissement du chemin de Muxillotenea au droit du projet doit être regardée comme certaine à la date de délivrance du permis de construire. Eu égard aux caractéristiques du chemin de Muxillotenea, dont l'élargissement doit permettre le croisement aisé des véhicules, cette voie de desserte, rectiligne et qui ne présente pas de problème de visibilité, offre des conditions de sécurité suffisantes pour les usagers. Les requérants ne peuvent par ailleurs utilement invoquer la dangerosité du chemin d'Agoretta, lequel ne dessert pas le projet. Par suite, l'arrêté attaqué n'a pas été pris en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 1AY13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne.

32. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. ". Aux termes de l'article 1AU14 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne : " Conditions de desserte des terrains par les réseaux publics d'eau, d'électricité et d'assainissement. Eau potable : Les constructions, installations ou aménagements susceptibles de requérir une alimentation en eau potable doivent être raccordés au réseau public. / Eaux usées : Les constructions, installations ou aménagements susceptibles d'être à l'origine d'effluents doivent être obligatoirement raccordés au réseau public d'eaux usées. () ".

33. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier que si le projet nécessitait une extension du réseau public d'assainissement, celle-ci était prévue et chiffrée dans le schéma directeur d'assainissement de la communauté d'agglomération Pays basque, et devait être réalisée dans un délai de dix-huit mois à compter de la délivrance de l'autorisation d'urbanisme, ainsi que le précise l'article 6 de l'arrêté attaqué. Ensuite, selon l'avis du gestionnaire du réseau public de distribution d'électricité, si la desserte du projet par ce réseau nécessitait l'installation d'une ligne d'une longueur de 210 mètres en dehors du terrain d'assiette de l'opération pour un montant de 19 849,76 euros HT, et que le délai d'engagement des travaux serait de 4 à 6 mois après l'ordre de service de la collectivité en charge de l'urbanisme et l'accord du client au sujet des devis respectifs, l'arrêté attaqué assortit toutefois le permis de construire en son article 7 d'une prescription relative à la prise en charge de l'extension de réseau dans un délai de 6 mois par la commune. Enfin, l'avis de la communauté d'agglomération Pays basque du 16 novembre 2020 faisait état de la possibilité de raccorder le terrain au réseau public de distribution d'eau potable sans réserve. Les requérants ne peuvent utilement invoquer la circonstance qu'un permis de construire a été refusé sur une parcelle voisine en raison de la nécessité d'une extension des réseaux publics de distribution d'électricité et d'eau potable. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme et de l'article 1AU14 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Urrugne doivent être écartés comme manquant en fait.

34. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune d'Urrugne et par la société Amodia, les conclusions aux fins d'annulation de la requête de l'association SEPANSO Pyrénées-Atlantiques et autres doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

35. En premier lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

36. La société Amodia ne justifie pas avoir exposé des dépens dans la présente instance. Par suite, les conclusions présentées par elle à ce titre doivent être rejetées.

37. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.".

38. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par l'association SEPANSO Pyrénées-Atlantiques et autres doivent dès lors être rejetées. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de ces derniers une somme de 1 500 euros à verser respectivement à la commune d'Urrugne et à la société Amodia, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SEPANSO Pyrénées-Atlantiques et autres est rejetée.

Article 2 : L'association SEPANSO Pyrénées-Atlantiques et autres verseront respectivement à la commune d'Urrugne et à la société Amodia une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à l'association SEPANSO Pyrénées-Atlantiques, à la commune d'Urrugne et à la société à responsabilité limitée Amodia.

Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,

Mme Genty, première conseillère,

Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.

La rapporteure,

Signé

V. E

Le président,

Signé

F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,

Signé

P. UGARTE

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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