mercredi 5 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101406 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DIGOUTTE |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande public ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Clen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le département des Pyrénées-Atlantiques a lancé un appel d'offres selon la procédure adaptée en vue de l'achat de mobiliers pour les collèges publics du département, dont le lot n°1 mobilier scolaire auquel les sociétés Mobidécor et La Saônoise de mobiliers ont chacune répondu. Par un courrier du 29 mars 2021, le département a informé la société Mobidécor du rejet de son offre classée en deuxième position avec une note de 97,28/100 et de l'attribution du marché à l'entreprise La Saônoise de mobiliers ayant obtenu la note de 98,45/100. La société Mobidécor demande au tribunal d'annuler l'accord-cadre relatif à ce lot n°1.
Sur la validité du contrat :
2. Indépendamment des actions dont disposent les parties à un contrat administratif et des actions ouvertes devant le juge de l'excès de pouvoir contre les clauses réglementaires d'un contrat ou devant le juge du référé contractuel sur le fondement des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative, tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles.
3. Ce recours doit être exercé, y compris si le contrat contesté est relatif à des travaux publics, dans un délai de deux mois à compter de l'accomplissement des mesures de publicité appropriées, notamment au moyen d'un avis mentionnant à la fois la conclusion du contrat et les modalités de sa consultation dans le respect des secrets protégés par la loi. La circonstance que l'avis ne mentionne pas la date de la conclusion du contrat est sans incidence sur le point de départ du délai de recours contentieux qui court à compter de cette publication.
4. Cette action devant le juge du contrat est également ouverte aux membres de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné ainsi qu'au représentant de l'Etat dans le département dans l'exercice du contrôle de légalité. Si le représentant de l'Etat dans le département et les membres de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné, compte tenu des intérêts dont ils ont la charge, peuvent invoquer tout moyen à l'appui du recours ainsi défini, les autres tiers ne peuvent invoquer que des vices en rapport direct avec l'intérêt lésé dont ils se prévalent ou ceux d'une gravité telle que le juge devrait les relever d'office. Le tiers agissant en qualité de concurrent évincé de la conclusion d'un contrat administratif ne peut ainsi, à l'appui d'un recours contestant la validité de ce contrat, utilement invoquer, outre les vices d'ordre public, que les manquements aux règles applicables à la passation de ce contrat qui sont en rapport direct avec son éviction.
5. Saisi ainsi par un tiers dans les conditions définies ci-dessus, de conclusions contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses, il appartient au juge du contrat, après avoir vérifié que l'auteur du recours autre que le représentant de l'Etat dans le département ou qu'un membre de l'organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales concerné se prévaut d'un intérêt susceptible d'être lésé de façon suffisamment directe et certaine et que les irrégularités qu'il critique sont de celles qu'il peut utilement invoquer, lorsqu'il constate l'existence de vices entachant la validité du contrat, d'en apprécier l'importance et les conséquences. Ainsi, il lui revient, après avoir pris en considération la nature de ces vices, soit de décider que la poursuite de l'exécution du contrat est possible, soit d'inviter les parties à prendre des mesures de régularisation dans un délai qu'il fixe, sauf à résilier ou résoudre le contrat. En présence d'irrégularités qui ne peuvent être couvertes par une mesure de régularisation et qui ne permettent pas la poursuite de l'exécution du contrat, il lui revient de prononcer, le cas échéant avec un effet différé, après avoir vérifié que sa décision ne portera pas une atteinte excessive à l'intérêt général, soit la résiliation du contrat, soit, si le contrat a un contenu illicite ou s'il se trouve affecté d'un vice de consentement ou de tout autre vice d'une particulière gravité que le juge doit ainsi relever d'office, l'annulation totale ou partielle de celui-ci. Il peut enfin, s'il en est saisi, faire droit, y compris lorsqu'il invite les parties à prendre des mesures de régularisation, à des conclusions tendant à l'indemnisation du préjudice découlant de l'atteinte à des droits lésés.
6. Aux termes de l'article 5.2 " Eléments nécessaires au choix de l'offre " du règlement de la consultation de l'accord-cadre de fournitures : " Pour le choix de l'offre, les candidats doivent produire les documents suivants : *Un acte d'engagement (AE) par lot à compléter sans modification, *Le bordereau des remises du lot concerné à compléter sans modification, *Le détail quantitatif estimatif (ou document comparatif) du lot concerné destiné au jugement des offres, cadre ci-joint à compléter sans modification, *L'extrait du catalogue fournisseur couvrant l'étendue des fournitures demandées au CCTP et faisant apparaître les prix publics en vigueur, *Un mémoire technique et environnemental qui contiendra : ' Le descriptif des mobiliers proposés au travers des fiches techniques de chaque produit listé au Détail estimatif. Ces fiches indiqueront les caractéristiques détaillées du produit avec photo (matériaux, revêtements, poids, dimensions, coloris disponibles,.). Les mobiliers faisant l'objet d'une certification telle que NF (éducation, collectivité) ou équivalent devront être clairement identifiés dans le Détail estimatif ; ' Le descriptif des modalités de passation et de traitement des commandes. Le candidat précisera s'il dispose d'un site internet pour la passation des commandes et en décrira le cas échéant toutes les fonctionnalités. Il décrira également les moyens logistiques et humains dédiés à la livraison, l'installation et la réalisation d'implantation de mobiliers sur plan ; ' Le descriptif de l'organisation du service après-vente (procédure et délai de prise en charge pour la résolution des incidents, disponibilité des pièces de rechange, garantie des mobiliers) ; ' La liste des mobiliers présentant un label environnemental. Les produits proposés devront être les mêmes que ceux mentionnés dans le détail estimatif. Chaque article proposé devra être accompagné du document justificatif du label concerné ". Aux termes de l'article 2 " Contraintes réglementaires " du cahier des clauses techniques particulières : " Le titulaire du présent accord-cadre est tenu de respecter les lois, décrets, arrêtés, règlements administratifs ainsi que les normes homologuées et documents qui s'appliquent aux prestations et régissent techniquement la fourniture de mobiliers faisant l'objet du présent accord-cadre. Tous les documents en vigueur à la date de remise de l'offre sont réputés connus du titulaire. / Les mobiliers devront répondre aux exigences de la réglementation relative à la sécurité des personnes, à l'hygiène, à la santé et à la sécurité incendie. Ainsi, tous les mobiliers/matériels proposés et en particulier les mobiliers de repos (fauteuils ou sièges avec tissu, mousse) doivent être conçus pour ne pas être une source d'incendie et de sa propagation. Ils devront par conséquent, respecter les normes et réglementations en vigueur pour la protection contre les incendies concernant les établissements recevant du public (ERP) et accueillant notamment des enfants et adolescents. / Les mobiliers certifiés par la norme NF (Education, collectivités, Environnement) ou équivalent devront être explicitement repérés dans l'offre du titulaire. () ". Aux termes de l'article 3 " Développement durable " du même cahier : " L'attention du titulaire est attirée sur la volonté de la collectivité de promouvoir l'achat de produits contribuant au développement durable et à la préservation de l'environnement. Dans ce cadre, son offre respectera les principes généraux suivants :' Favoriser les produits composés de matières recyclées ou recyclables, ' Privilégier les produits ou matériaux à faible impact sur l'environnement, ' Proposer des produits limitant les déchets et les rejets lors de leur utilisation. ". Aux termes de l'annexe " Lot n°1 Mobilier scolaire " du même cahier : " () Les fiches techniques de chaque produit listé au Détail estimatif comprendront : - Le nom et la photo du produit, - La structure du produit, - Les caractéristiques mécaniques et dimensionnelles du produit (poids, hauteur, profondeur,) - Les coloris proposés, - Les garanties, - Les normes, - Les particularités - Les conditions d'entretien du produit. () ".
7. Il est constant que par courriers du 5 janvier 2021, l'institut technologique Forêt Cellulose Bois - Construction Ameublement (FCBA), organisme certificateur mandaté par l'association française de normalisation (AFNOR) certification, a notifié à la société La Saônoise de mobiliers la suspension de la certification marque NF Environnement ameublement et de la certification marque NF Mobilier professionnel pour une durée de trois mois pour certains de ses mobiliers à la suite du constat d'une non-conformité dans le cadre d'un essai. Il résulte de l'instruction qu'en mai 2021, la société La Saônoise de mobiliers ne disposait toujours pas de ces certifications et qu'un nouvel essai a été jugé concluant par un rapport du 11 juin 2021 d'essai de la performance de la finition sur piètement avec finition poudre époxy. Toutefois, il résulte des stipulations précitées au point n°6 ci-dessus que le règlement de la consultation du marché et le cahier des clauses techniques imposent que les offres soient conformes aux normes en vigueur relatives aux mobiliers scolaires et de collectivité et, en particulier, aux normes de sécurité et classement au feu pour être régulières. Ces documents n'exigent pas des candidats qu'ils produisent à l'appui de leur offre les certificats attestant de la conformité de celle-ci aux normes NF Environnement, NF Mobilier professionnel et NF Education. Or, à supposer même que la société La Saônoise de mobiliers n'ait pas été titulaire des certifications NF Environnement, NF Education et NF Mobilier professionnel au moment du dépôt de son offre, il revenait à la société Mobidécor, requérante, d'établir que ladite offre n'était pas conforme auxdites normes, ce qu'elle n'a pas fait. La société Mobidécor verse à l'instance un catalogue générique des produits commercialisés par la société attributaire, non daté, comportant des fiches techniques pour chaque produit se bornant à faire état d'une conformité aux marques NF Mobilier professionnel et NF Education ainsi qu'une conformité au référentiel NF Environnement. La société requérante n'établit pas que la société La Saônoise de mobiliers se serait prévalue des certifications en cause dans son offre remise au département afin de l'induire en erreur sur la qualité de celle-ci. La société La Saônoise de mobiliers conteste par ailleurs cette fraude. Par suite, le moyen tiré de ce que la société La Saônoise de mobiliers aurait commis une fraude entachant de nullité le marché litigieux ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que la société Mobidécor n'est pas fondée à contester la validité de ce marché et à en demander l'annulation.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département des Pyrénées-Atlantiques et de la société La Saônoise de mobiliers, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société Mobidécor demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
10. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Mobidécor à ce même titre, une somme de 1 500 euros à verser à la société La Saônoise de mobiliers.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Mobidécor est rejetée.
Article 2 : La société Mobidécor versera à la société La Saônoise de mobiliers une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Mobidécor, au département des Pyrénées-Atlantiques et à la société La Saônoise de mobiliers.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
Z. B La présidente,
Signé
M. A
La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026