mercredi 12 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101590 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DUMAZ-ZAMORA |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 15 juin 2021 sous le n° 2101590, et des mémoires, enregistrés le 1er septembre 2021 et le 14 avril 2023, M. A B, représenté par Me Dumaz-Zamora, demande au tribunal, en l'état de ses dernières écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle a implicitement rejeté le recours administratif qu'il a formé contre la décision du 23 mars 2021 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle du Sud-ouest lui a refusé la délivrance d'une autorisation préalable d'accès à une formation aux métiers de la sécurité privée ;
2°) d'annuler la délibération du 5 juillet 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle a rejeté ce recours administratif ;
3°) d'enjoindre à la commission nationale d'agrément et de contrôle, à titre principal, de lui délivrer une autorisation préalable d'accès à une formation aux métiers de la sécurité privée, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à venir, à titre subsidiaire, de prendre une nouvelle décision après une nouvelle instruction de sa demande, dans le même délai ;
4°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la commission nationale d'agrément et de contrôle ne justifie pas de la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision attaquée a été prise, prévue par les articles R. 632-9, R. 632-11 et R. 632-12 du code de la sécurité intérieure ;
- il n'est pas justifié que la consultation des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie a bien été effectuée par un agent spécialement habilité par le préfet, conformément à l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite de rejet du recours administratif, et au rejet du surplus des conclusions.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 1er septembre 2021 sous le n° 2102289, et un mémoire, enregistré le 5 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Dumaz-Zamora, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 5 juillet 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle a rejeté le recours administratif qu'il a formé contre la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle du Sud-ouest du 23 mars 2021 et a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'une autorisation préalable d'accès à la formation professionnelle ;
2°) d'enjoindre à la commission nationale d'agrément et de contrôle, à titre principal, de lui délivrer une autorisation préalable d'accès à une formation aux métiers de la sécurité privée, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à venir, à titre subsidiaire, de prendre une nouvelle décision après une nouvelle instruction de sa demande, dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en fait ;
- la commission nationale d'agrément et de contrôle ne justifie pas de la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision attaquée a été prise, prévue par les articles R. 632-9, R. 632-11 et R. 632-12 du code de la sécurité intérieure ;
- il n'est pas justifié que la consultation des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie a bien été effectuée par un agent spécialement habilité par le préfet, conformément à l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
6 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumez-Fauchille,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dumaz-Zamora, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2101590 et n° 2102289 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
2. M. B a déposé le 23 novembre 2020 une demande d'autorisation préalable d'accès à une formation aux métiers de la sécurité privée auprès de la commission locale d'agrément et de contrôle du Sud-Ouest. Par délibération du 23 mars 2021, cette dernière a refusé de délivrer l'autorisation sollicitée. Par délibération du 5 juillet 2021, la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté le recours administratif formé par M. B contre cette délibération, et a refusé de délivrer l'autorisation sollicitée. M. B demande l'annulation de cette délibération et de la décision implicite de rejet de son recours administratif née préalablement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la délibération de la commission nationale d'agrément et de contrôle du 5 juillet 2021 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :/ () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. La délibération attaquée se fonde sur ce que M. B a été mis en cause pour des faits, commis entre le 15 octobre 2018 et le 26 février 2019, de harcèlement de son ancienne concubine qui a donné lieu à une dégradation des conditions de vie de cette dernière, et sur ce qu'il n'a pas respecté l'interdiction qui lui a été faite de se rendre au domicile de la victime. Elle relève que M. B a été déclaré irresponsable pour raisons de troubles psychiques, mais que la matérialité des faits évoqués, qui concernent des agissements graves et récents, contraires aux bonnes mœurs et de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes, n'est pas valablement contestée. La délibération fait en outre état de ce que l'intéressé n'apporte pas la preuve de ce qu'il bénéficie d'un suivi médical régulier depuis ces faits, pour lesquels il invoque une abolition de son discernement, et conclut qu'au regard de la sensibilité des missions confiées aux agents de sécurité, exigeant maîtrise de soi et discernement, les agissements de M. B apparaissent incompatibles avec l'exercice de la profession envisagée. Par suite, et sans que puisse être utilement invoqué, à l'appui du moyen soulevé, le défaut de mention des noms et prénoms des membres de la commission, la délibération attaquée satisfait à l'exigence de motivation en fait prescrite par les dispositions précitées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 632-9 du code de la sécurité intérieure, dans sa version applicable au présent litige : " La Commission nationale d'agrément et de contrôle comprend : 1° Les membres du collège représentant l'Etat désignés aux c, d, f, g, h et k du 1° de l'article R. 632-2 ; 2° Les membres des juridictions désignés aux 2° et 3° du même article ; 3° Deux membres titulaires et deux membres suppléants nommés par le ministre de l'intérieur parmi les membres représentant les professionnels désignés au 4° du même article. L'un au moins des membres titulaires est choisi parmi les représentants désignés au titre du a du 4° du même article. L'un au moins des membres suppléants est choisi parmi les représentants désignés au titre des b, c, d ou e du 4° du même article. ". Aux termes de l'article R. 632-11 du même code, dans sa version applicable au présent litige : " La Commission nationale d'agrément et de contrôle : 1° Veille au respect des orientations générales fixées par le collège ainsi qu'à la cohérence des décisions des commissions régionales ou interrégionales ; 2° Statue sur les recours administratifs préalables formés à l'encontre des décisions des commissions régionales et interrégionales, sur le fondement de l'article L. 633-3. () ". Aux termes de l'article
R. 632-12 du même code, dans sa version applicable au présent litige : " La Commission nationale d'agrément et de contrôle se réunit sur convocation de son président, qui fixe l'ordre du jour. / Elle ne peut valablement délibérer que si, pour la moitié au moins, ses membres sont présents ou représentés à la séance. Si le quorum n'est pas atteint, la commission est à nouveau convoquée sur le même ordre du jour dans un délai de huit jours. Elle délibère alors sans condition de quorum. / Les décisions sont prises à la majorité des membres présents ou représentés. En cas de partage égal des voix, celle du président est prépondérante. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 5 mai 2021, le président de la CNAC a régulièrement convoqué les membres de cette commission à sa séance du 20 mai 2021 au cours de laquelle le dossier de M. B a été examiné. Par ailleurs, alors que le Conseil national des activités privées de sécurité justifie de la composition de la CNAC lors de cette séance, le moyen soulevé par M. B, tenant à l'irrégularité de cette composition est insuffisamment étayé pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Enfin, M. B n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de son moyen tiré de l'irrégularité de la prise de décision à la majorité des membres présents ou représentés. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière au regard des articles R. 632-9, R. 632-11 et R. 621-12 du code de la sécurité intérieure.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, dans sa version applicable au présent litige : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; (). ". Aux termes de l'article
L. 612-22 du même code : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2°, 3°, 4° et 4° bis de l'article L. 612-20. ".
8. La faculté, dans le cadre de l'enquête administrative prévue par les dispositions précitées de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, de consulter des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 26 de la loi susvisée du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, n'est ouverte qu'aux seuls agents des commissions nationale et régionale d'agrément et de contrôle spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés. En cas de contestation sur ce point, il appartient à l'autorité administrative de justifier, devant le juge, de ce que le ou les agents ayant procédé à la consultation prévue à l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure bénéficiaient effectivement de l'habilitation spéciale prévue par la loi.
9. Il ressort des pièces du dossier que le fichier de traitement des antécédents judiciaires a été consulté le 21 avril 2021, avant la délibération attaquée, par l'agent immatriculé 750039C, et le CNAPS produit l'arrêté du 27 juillet 2020 par lequel le préfet de police autorise plusieurs agents du siège du CNAPS, dont celui identifié par ce matricule, à accéder aux données à caractère personnel et aux informations enregistrées, notamment dans le fichier de traitement des antécédents judiciaires. Par suite, la délibération attaquée n'a pas été prise à l'issue d'une procédure irrégulière.
10. En dernier lieu, il résulte des dispositions précitées que lorsqu'elle est saisie d'une demande d'autorisation préalable d'accès à une formation pour l'exercice de la profession d'agent privé de sécurité, l'autorité administrative compétente procède à une enquête administrative. Cette enquête, qui peut notamment donner lieu à la consultation du traitement automatisé de données à caractère personnel mentionné à l'article R. 40-42 du code de procédure pénale, vise à déterminer si le comportement ou les agissements de l'intéressé sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat, et s'ils sont ou non compatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Pour ce faire, l'autorité administrative procède, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à une appréciation globale de l'ensemble des éléments dont elle dispose. A ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
11. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été impliqué comme auteur dans une procédure pénale, pour des faits de harcèlement de son partenaire de pacte civil de solidarité, sans incapacité, avec dégradation des conditions de vie entraînant une altération de la santé, commis entre le 15 octobre 2018 et le 26 février 2019. Cette procédure a fait l'objet d'un classement sans suite, le 12 avril 2019, pour irresponsabilité de l'auteur pour des raisons de troubles psychiques, et d'un effacement, le 12 juin 2021, du fichier du traitement des antécédents judiciaires. La circonstance que ces faits ont fait l'objet de cet effacement ne fait toutefois pas obstacle à ce que l'autorité administrative les prenne en compte s'ils apparaissent comme établis dans le cadre de l'enquête administrative. Les faits pouvant être tenus pour établis, isolés mais récents, tiennent à la présentation de M. B au domicile de son ancienne concubine à plusieurs reprises, et ce, malgré l'ordre de ne plus revenir, et à l'envoi insistant de messages écrits téléphoniques, à la suite desquels la victime a fait l'objet d'un arrêt de travail de sept jours. Si ces faits n'ont pas occasionné de violence verbale ou physique, ils ont révélé un défaut de maîtrise de soi, compte tenu des troubles psychiques ayant affecté l'intéressé, et pour lesquels il n'établit pas avoir été soigné ni être guéri à la date de la délibération attaquée. Par suite, en considérant que ces faits, encore récents à la date de cette délibération, n'étaient pas compatibles avec l'exercice d'activités privées de sécurité, lequel nécessite une maîtrise de soi et le respect de l'intégrité d'autrui, la commission nationale d'agrément et de contrôle n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la délibération de la commission nationale d'agrément et de contrôle du 5 juillet 2021 doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision implicite de rejet du recours administratif formé par
M. B contre la délibération de la commission locale d'agrément et de contrôle du 23 mars 2021 :
13. Aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : () 2° Lorsque la demande ne s'inscrit pas dans une procédure prévue par un texte législatif ou réglementaire ou présente le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif ; () ".
14. Il ressort des pièces du dossier qu'en application de l'article L 633-3 du code de la sécurité intérieure alors en vigueur, M. B a formé le 9 avril 2021 un recours administratif contre la délibération de la commission locale d'agrément et de contrôle du Sud-Ouest du 23 mars 2021 rappelée au point 2. Si, en application des dispositions précitées de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, une décision implicite de rejet est née le 15 juin 2021 du silence de la commission nationale d'agrément et de contrôle pendant deux mois suivant le 14 avril 2021, date de réception de ce recours, la délibération du 5 juillet 2021 par laquelle cette même commission a statué sur ce recours administratif a implicitement mais nécessairement retiré la décision implicite attaquée. Or, ainsi qu'il a été dit au point 12, les conclusions dirigées contre cette délibération doivent être rejetées. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite attaquée sont devenues sans objet.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions des requêtes aux fins d'injonction ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
17. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent dès lors être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2101590 et n° 2102289 de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
V. DUMEZ-FAUCHILLE
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition :
La greffière,
Nos 2101590, 2102289
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026