mercredi 29 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102510 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MARCO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 septembre 2021 et 3 novembre 2022, Mme A, représentée par Me Marco, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 9 avril 2021, du 2 juin 2021 et du 9 juillet 2021 par lesquelles l'inspecteur d'académie des Hautes-Pyrénées lui a refusé sa mutation sur un poste d'enseignant spécialisé de réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED), ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux à l'encontre de la décision du 9 avril 2021 ;
2°) d'enjoindre à l'inspecteur d'académie des Hautes-Pyrénées de réexaminer ses demandes de mobilité ;
3°) et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la circulaire d'appel à candidature pour des postes à profil du 10 février 2021 prévoit que les entretiens se dérouleront devant une commission départementale sans préciser ni le rôle, ni la composition de cette commission, privant ainsi les candidats de vérifier si leur candidature a été examinée par des acteurs respectant des principes d'objectivité et d'impartialité ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit et ont été prises en méconnaissance du principe de transparence et d'égalité de traitement, dès lors que les lignes directrices de gestion académique relatives à la mobilité des personnels de l'académie de Toulouse du 4 mars 2021 et la circulaire d'appel à candidature pour des postes à profil du 10 février 2021, ne posaient pas, comme condition d'obtention du poste, la possession d'un CAPA-SH option G et qu'elles ont comme objectif de pourvoir les postes vacants ;
- elles sont, enfin, entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2022, le recteur de l'académie de Toulouse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Portès,
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, professeure des écoles, a été affectée à compter du 1er septembre 2020 à un poste d'enseignante de classe préélémentaire à l'école primaire publique d'Aragnouet. Par une note du 10 février 2021, le directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale des Hautes-Pyrénées a publié un appel à candidature sur postes à profil pour la rentrée scolaire de l'année 2021. Mme A a déposé, le 18 mars 2021, sa candidature pour le poste d'enseignant spécialisé de RASED à l'école élémentaire publique Paul Baratgin, située à Lannemezan, mais sa candidature a été rejetée le 9 avril 2021. Par courrier du 11 mai 2021, l'intéressée a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision et aucune réponse ne lui est parvenue. Le poste d'enseignant spécialisé de RASED a été de nouveau publié dans le cadre d'une campagne de recrutement complémentaire. Mme A a déposé une nouvelle fois sa candidature, le 12 mai 2021 et sa candidature a été rejetée le 2 juin 2021. A la suite d'une troisième publication, Mme A a candidaté à nouveau sur le poste, le 17 juin 2021 et sa candidature a été rejetée pour la troisième fois le 9 juillet 2021. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de ces trois décisions, ensemble la décision rejetant son recours gracieux à l'encontre de la décision du 9 avril 2021.
2. Il résulte du I.A des lignes directrices de gestion académiques relatives à la mobilité des personnels de l'académie de Toulouse du 4 mars 2021 que " la politique de mobilité a pour objet de favoriser la construction de parcours professionnels tout en répondant à la nécessité de pourvoir les postes vacants afin d'obtenir la meilleure adéquation possible entre les souhaits de mobilité et les besoins des services " Il résulte du II.A. de ces mêmes lignes directrices que : " Les notes de service départementales précisent notamment les conditions requises pour être recruté sur ces postes spécifiques et l'ensemble des acteurs intervenant dans les procédures () Certains postes spécifiques requièrent la détention de qualifications (comme le CAFIPEMF pour les maîtres formateurs, le CAPPEI ou le Capa-SH pour les postes d'enseignement spécialisé, la liste d'aptitude pour les directeurs d'école) ou de compétences (langues étrangères ou régionales) ou d'aptitudes (conseillers auprès des IA-Dasen, directeurs régionaux et départementaux adjoints de l'UNSS) ". Aux termes, en outre, de la note d'appel à candidature sur postes à profil au titre de la rentrée scolaire 2021, du 10 février 2021 : " Les postes à profil sont des postes pour lesquels la meilleure adéquation possible entre le poste et le profil du candidat est recherchée. () Le recrutement sur ces postes pourra se faire après avis d'une commission départementale qui permettra d'éclairer la décision de l'Inspecteur d'Académie. ". Enfin, le cahier des postes, figurant en annexe 2 de cette note, fait état de trois postes d'" enseignant spécialisé de RASED " à Lannemezan.
3. En premier lieu, il n'est pas démontré et il ne ressort pas des pièces du dossier que la circonstance que cette circulaire se borne à prévoir que les entretiens se dérouleront devant une commission départementale, sans en préciser le rôle et la composition, ait exercé une influence sur le sens de la décision prise ou ait privée Mme A d'une garantie. Dans ces conditions, tel que soulevé, le moyen tiré de ce que des insuffisances de la note auraient entaché d'irrégularité les décisions en litige du 9 avril 2021, du 2 juin 2021 et du 9 juillet 2021 par lesquelles l'inspecteur d'académie des Hautes-Pyrénées a refusé sa mutation sur un poste d'enseignant spécialisé de RASED, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux à l'encontre de la décision du 9 avril 2021 doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des termes précités de la note d'appel à candidature sur postes à profil, au titre de la rentrée scolaire 2021, que : " Les postes à profil sont des postes pour lesquels la meilleure adéquation possible entre le poste et le profil du candidat est recherchée. " Ainsi, et alors même que cette note ne prévoit pas que la mutation sur un poste d'" enseignant spécialisé de RASED " est subordonnée à la détention d'un CAPA-SH option G, le recteur d'académie a valablement pu opposer à la requérante l'absence d'adéquation entre son diplôme, à savoir, un CAPA-SH option E et D, et le profil recherché pour le poste à Lannemezan dès lors qu'il ressort des écritures en défense qu'il existe une différence dans les compétences attestées par les différentes options de ce diplôme et que l'appréciation de la meilleure adéquation entre le candidat et le poste à pourvoir peut tenir compte des diplômes du candidat. Dans ces conditions, les moyens tirés de de ce que les décisions attaquées ont été prises en méconnaissance du principe de transparence et d'égalité de traitement et sont entachées d'erreur de droit, doivent être écartés.
5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 : " L'autorité compétente procède aux mouvements des fonctionnaires après avis des commissions administratives paritaires. / (). Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service, les affectations prononcées doivent tenir compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille. Priorité est donnée aux fonctionnaires séparés de leur conjoint pour des raisons professionnelles, aux fonctionnaires séparés pour des raisons professionnelles du partenaire avec lequel ils sont liés par un pacte civil de solidarité lorsqu'ils produisent la preuve qu'ils se soumettent à l'obligation d'imposition commune prévue par le code général des impôts, aux fonctionnaires handicapés relevant de l''une des catégories mentionnées aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail et aux fonctionnaires qui exercent leurs fonctions, pendant une durée et selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat, dans un quartier urbain où se posent des problèmes sociaux et de sécurité particulièrement difficiles, (). / ".
6. Lorsque, dans le cadre d'un mouvement de mutation, un poste a été déclaré vacant, alors que des agents se sont portés candidats dans le cadre du mouvement, l'administration doit procéder à la comparaison des candidatures dont elle est saisie en fonction, d'une part, de l'intérêt du service, d'autre part, si celle-ci est invoquée, de la situation de famille des intéressés, appréciée compte tenu des priorités fixées par les dispositions de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984.
7. Il ressort des pièces du dossier, et il est souligné en défense, que Mme A, dont la demande de mutation ne présentait, au surplus, pas le caractère d'une demande au titre du rapprochement de conjoints ou partenaires éloignés pour des raisons professionnelles, et dont le profil professionnel est à dominante pédagogique, ne présentait pas la meilleure adéquation possible avec celui recherché par l'administration pour occuper le poste d'enseignant spécialisé au RASED de la circonscription de Lannemezan, à savoir un enseignant détenteur d'une compétence spécifique dans le domaine des aides à dominante rééducative. Dans ces conditions, et alors même que la requérante donne pleinement satisfaction dans son travail et qu'elle était la seule candidate au poste à pourvoir ayant une certification avec une option spécialisée, les décisions par lesquelles l'autorité compétente a tenu compte, dans l'intérêt du service, de l'absence d'adéquation entre le profil de la requérante (option E et D) et celui recherché, pour compléter les compétences des trois autres acteurs de ce RASED (option G), ne sont pas entachées d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 9 avril 2021, du 2 juin 2021 et du 9 juillet 2021 par lesquelles l'inspecteur d'académie des Hautes-Pyrénées a refusé de prononcer sa mutation sur le poste d'enseignant spécialisé RASED auquel elle avait candidaté, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux à l'encontre de la décision du 9 avril 2021.
9. Sa requête doit ainsi être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction, aucune mesure d'exécution n'étant impliqué par le présent jugement, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dès lors que l'État n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au recteur de l'académie de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Portès, conseillère,
M. Rousseau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
E. PORTES
La présidente,
Signé
S. PERDU La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
Signé
N°2102510
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026