jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2103309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOPENA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 17 décembre 2021 et 25 mars 2022, M. G E, représenté par Me Sopena, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Atlantiques du 21 octobre 2021 portant obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour pendant une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la requête est recevable en ce que la notification de l'arrêté litigieux a fait naitre une ambiguïté quant aux voies et délais de recours mentionnées ne pouvant faire courir le délai de recours contentieux ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux en ce qu'aucun élément de sa vie privée, familiale et professionnelle n'a été pris en considération ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2022 le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les délais de recours contentieux étaient forclos et la requête doit être rejetée car irrecevable ;
- la décision litigieuse répond aux exigences de motivation fixées, tant par les dispositions de l'article L.613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que par les dispositions des articles L.211-2 et L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- tous les éléments fournis ont été pris en considération pour examiner la situation de M. E.
Par une décision en date du 25 janvier 2022, M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
La clôture d'instruction a été fixée au 3 octobre 2022 par une ordonnance du 7 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
A été entendu lors de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sellès, présidente-rapporteure ;
- les observations de Me Sopena, représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant de nationalité ivoirienne, né le 15 mai 1997 à Abobo (Côte d'Ivoire), a été interpellé le 3 juillet 2017 par les services de la direction interdépartementale de la police aux frontières et placé en garde à vue pour des faits d'usage de faux documents et escroquerie. Il a fait l'objet d'une décision de remise aux autorités espagnoles le 4 juillet 2017. Le 6 décembre 2018, il est à nouveau interpellé par les services de police aux frontières pour vérification de son droit au séjour. Le 6 décembre 2018, le préfet des Pyrénées-Atlantiques prononce à son encontre une mesure d'éloignement portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi. Par un jugement en date du 31 janvier 2019 du tribunal administratif de Pau, confirmé par une ordonnance de la Cour administrative d'appel de Bordeaux du 3 mai 2019, les juridictions valident la décision du préfet en date du 6 décembre 2018. Le 7 mars 2019, M. E conclut un pacte civil de solidarité avec Mme C B H, ressortissante française, née le 27 décembre 1992, et dépose à ce titre, une demande de titre de séjour auprès des services de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques sur le fondement de la " vie privée et familiale ". Cette demande lui sera accordée et valable du 4 mars 2020 au 3 mars 2021. En février, de leur union est née A E. Le 30 juillet 2021, M. E est placé en garde à vue par les services du commissariat central de Pau pour des faits de violence avec arme sur sa conjointe. Il fait l'objet d'une interdiction d'entrer en contact avec la mère de son enfant et partenaire de pacte civil de solidarité. Suite à l'hospitalisation de Mme B H, leur fille A E est placée en famille d'accueil. A l'expiration de son titre de séjour, le 3 mars 2021, M. E n'a pas entrepris de nouvelles démarches en vue de régulariser sa situation sur le territoire. Par un arrêté en date du 21 octobre 2021, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a ordonné à M. E de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire avec une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans. Par la présente requête, l'intéressé demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe de la décision :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et est donc suffisamment motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, il résulte des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure auxquelles sont soumises les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Dès lors, les dispositions générales de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peuvent être utilement invoquées.
En ce qui concerne la légalité interne de la décision :
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. E soit entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle. Concernant sa situation professionnelle sur le territoire français, si le requérant atteste d'une situation professionnelle sur le territoire français par la production d'un contrat de travail à durée indéterminée et trois bulletins de salaire au titre de l'année 2021, rien ne permet d'attester qu'il justifie d'une activité salariée régulière depuis plusieurs années. En ce qui concerne sa sphère privée, si M. E produit des extraits d'acte de naissance de ses deux enfants nées, à quelques semaines d'intervalle, de deux mères différentes, ressortissantes françaises, ces seuls éléments sont insuffisants pour établir qu'il participe à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants, dans la mesure où il ne vit pas avec l'une des mères de ses enfants, que le montant de l'aide donnée à titre de pension amiable n'est pas précisé sur l'attestation produite et que des retraits d'argent liquide de son compte courant bancaire ne constituent pas la preuve de sa contribution financière. Si le requérant a conclu un pacte civil de solidarité avec Mme C H, ressortissante française et mère de l'un de ses enfants, cette union est de fait caduque en ce que les deux partenaires vivent de manière séparée et du fait que l'intéressé ait fait l'objet d'une procédure judiciaire initiée par le juge des libertés et de la détention, lui interdisant de se rendre au domicile de sa victime, ni d'entrer en contact avec elle et que l'enfant issue de leur union est placée en famille d'accueil.
5. Par suite, il résulte de tout ce qu'il précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet des Pyrénées-Atlantiques, M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en date du 21 octobre 2021 par laquelle le préfet l'a obligé à quitter le territoire français.
Sur les frais liés au litige :
6. M. E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 25 janvier 2022. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux demandes présentées par le requérant et son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. G E et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente-rapporteure,
Mme F, première-conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 26 janvier 2023.
La présidente-rapporteure,
signé
M. D
L'assesseure,
signé
A. F
La greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
P. SANTERRE
La présidente-rapporteure,
M. D
L'assesseure,
A. F
La greffière,
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
P. SANTERRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026