LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2103397

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2103397

mercredi 20 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2103397
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantCOHEN-DRAI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2021, M. D F, représenté par Me Cohen Drai, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 décembre 2021 par lequel le préfet du Gers a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit tout retour en France pendant une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet du Gers de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ;

3°) et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est signé par une personne incompétente.

En ce qui concerne le refus de séjour :

- le préfet du Gers devait préalablement saisir la commission du titre de séjour ;

- il réside en France depuis le 15 août 2012 alors qu'il était mineur, âgé de 13 ans ; il travaille en France en tant que maçon coffreur chez Adecco ; il est en France avec sa mère et ses frères et n'a plus d'attache dans son pays d'origine ; les infractions qui lui sont reprochées sont des infractions de droit commun liées à son désœuvrement passager et la dernière condamnation à une peine d'emprisonnement, prononcée à son encontre, a été convertie en travail d'intérêt général, de sorte que son comportement ne peut être considéré comme constituant une menace pour l'ordre public ;

- la décision porte une atteinte manifestement disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire et l'interdiction de retour :

- le préfet a méconnu les dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2022, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. M. D F, né le 24 novembre 1998 à Sao José Dos Campos (Brésil), de nationalité brésilienne, est entré régulièrement en France le 15 août 2012. A sa majorité, il a obtenu un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale qui a été renouvelé. Par un arrêté du 24 décembre 2021 le préfet du Gers a refusé de lui accorder le renouvellement de ce titre, présenté sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en lui interdisant tout retour sur le territoire français durant trois ans. Par la présente requête, M. E C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à compter du 1er mai 2021 : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans avec au moins un de ses parents se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Pour l'application du premier alinéa, la filiation s'entend de la filiation légalement établie, y compris en vertu d'une décision d'adoption, sous réserve de la vérification par le ministère public de la régularité de cette décision lorsqu'elle a été prononcée à l'étranger. ". L'article L. 432-1 du même code dispose que : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'unecarte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ". D'autre part, aux termes de l'article L. 432-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département, est instituée une commission du titre de séjour () ". Aux termes de l'article L. 432-13 du même code, la commission est saisie pour avis par l'autorité administrative : " 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles () L. 423-23, () à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ".

3. Dès lors qu'un étranger remplit effectivement les conditions prévues à l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet qui envisage de lui refuser le séjour est tenu de soumettre son cas à la consultation de la commission du titre de séjour sans que puisse y faire obstacle la circonstance que sa présence en France constitue une menace à l'ordre public. La consultation obligatoire de la commission du titre de séjour, telle qu'elle est prévue par les dispositions précitées, constitue pour l'étranger une garantie substantielle.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. F est arrivé en France à l'âge de 13 ans pour rejoindre sa mère et ses frères. Le préfet du Gers ne remet pas en cause la présence régulière du requérant sur le territoire national durant sa minorité et fait état des cartes de séjour étudiant dont il a ultérieurement bénéficié jusqu'à la demande de renouvellement qui a fait l'objet du refus litigieux. Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que M. F a résidé habituellement en France depuis qu'il a 13 ans et que, par suite, il remplissait les conditions pour obtenir un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en résulte que le préfet du Gers, qui avait l'intention de refuser le renouvellement du titre de séjour du requérant, devait préalablement saisir la commission du titre de séjour, en dépit du motif retenu, tiré de ce que la présence de l'intéressé en France constitue une menace pour l'ordre public. L'absence de saisine de cette commission a donc privé le requérant d'une garantie et a, ainsi, entaché l'arrêté attaqué en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour, d'un vice de procédure qui emporte son annulation.

5. Il résulte de ce qui précède que M. F est fondé à demander l'annulation de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour, ainsi que, par voie de conséquence, de la mesure d'éloignement et de la décision d'interdiction de retour en France d'une durée de trois ans.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

6. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. () ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".

7. Eu égard au motif qui fonde l'annulation de l'arrêté attaqué, l'exécution du présent jugement ne peut conduire, contrairement à ce que prétend M. F, à ce que le préfet du Gers satisfasse sa demande de renouvellement de son titre de séjour " vie privée et familiale ". La présente décision implique seulement que le préfet du Gers procède, en respectant la procédure consultative à laquelle elle doit être soumise, au réexamen de la demande de renouvellement de titre de séjour dont il demeure saisi, dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement et qu'il délivre au requérant, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.

Sur les frais liés au litige :

8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. F et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet du Gers du 24 décembre 2021 est annulé.

Article 2 : Il est prescrit au préfet du Gers de procéder au réexamen de la demande de M. F tendant au renouvellement de son titre de séjour en respectant la procédure consultative à laquelle elle doit être soumise dans le délai de deux mois courant à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de délivrer une autorisation provisoire de séjour à l'intéressé.

Article 3 : L'Etat versera à M. F une somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D F et au préfet du Gers.

Copie pour information en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Quéméner, présidente,

Mme Réaut, première conseillère,

Mme Duchesne, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 juillet 2022.

La rapporteure,

Signé

V. REAUTLa présidente,

Signé

V. QUEMENER

La greffière,

Signé

M. B

La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions