mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201082 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LE CORNO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 mai 2022, l'association Bien vivre à Laàs, M. O G, M. F D, Mme A G, Mme C K, M. E H, M. B I, Mme N L et Mme M L, représentés par Me Le Corno, avocat, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de :
- la délibération du 11 avril 2022 par laquelle le conseil municipal de Laàs a approuvé le compte administratif de l'année 2021 ;
- la délibération du 11 avril 2022 par laquelle cette même assemblée a approuvé le budget prévisionnel de cette commune pour l'année 2022 ;
- les décisions par lesquelles le maire de Laàs a rejeté les demandes présentées par l'association Bien vivre à Laàs et M. G tendant à la communication des compte-rendus des 14 séances du conseil municipal précédant celle du 11 avril 2022, l'ensemble des documents relatifs à l'approbation du budget communal de l'année 2021, l'ensemble des documents préparatoires à l'approbation du budget communal de l'année 2022, et l'ensemble des documents relatifs au projet de réhabilitation de la chapelle et de l'église de la commune ; jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d'enjoindre à la commune de Laàs de leur communiquer les documents en cause dans un délai de huit jours suivant la notification de l'ordonnance à venir, et ce, sous astreinte de 150 € par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Laàs une somme de 3000 € en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'urgence est caractérisée par les circonstances que la commune de Laàs, qui comptait une population de 139 habitants en 2020, présente un niveau élevé d'endettement par habitant alors que le budget prévisionnel d'investissement pour l'année 2022 prévoit des emprunts d'un montant total de 377 382,22 € et que la capacité de désendettement de la commune est faible, que le budget prévisionnel pour l'année 2022 n'est pas réellement en équilibre, que la communication des documents sollicités constitue un droit, en application des articles L. 2121-13 et L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales, et qu'ils ne peuvent contrôler les actes de la commune, le délai de jugement au fond devant le tribunal étant de deux ans ;
- les délibérations attaquées ont été prises en méconnaissance des articles L. 2121-10 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales ;
- la délibération attaquée portant approbation du budget primitif de l'année 2022 méconnaît les articles L. 1612-4 et L. 2312-5 du code général des collectivités territoriales ;
- la décision portant refus de communication des comptes-rendus du conseil municipal et des documents budgétaires a été prise en méconnaissance de l'article L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales ;
- la décision portant refus de communication des autres documents a été prise en méconnaissance de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 16 mai 2022 sous le n° 2201058 par laquelle l'association Bien vivre à Laàs et autres demandent l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. de Saint-Exupéry de Castillon pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par message électronique du 24 février 2022, le président de l'association Bien vivre à Laàs a demandé à la commune de Laàs (Pyrénées-Atlantiques) une copie des procès-verbaux des séances du conseil municipal relatifs au projet de rénovation de l'église et de la chapelle de cette commune. Par lettre du 23 mars 2022, reçue le 26 mars 2022, le président de cette association a renouvelé cette demande. Par ailleurs, par lettre du 22 mars 2022, M. Biensan, conseiller municipal de Laàs, a demandé à cette même commune de lui communiquer les comptes-rendus des 14 séances du conseil municipal précédant celle du 23 février 2022, tous les documents relatifs à l'approbation du budget primitif pour l'année 2021, les documents préparatoires à l'approbation du budget primitif pour l'année 2022, ainsi que tous les documents relatifs au projet de rénovation de l'église et de la chapelle de cette commune. Par délibérations du 11 avril 2022, le conseil municipal de Laàs a approuvé le compte administratif de l'année 2021 ainsi que le budget primitif de cette commune pour l'année 2022. L'association Bien vivre à Laàs et autres demandent la suspension de l'exécution des décisions par lesquelles le maire de Laàs a implicitement rejeté ces demandes de communication de ces documents administratifs, ainsi que les délibérations du conseil municipal de Laàs du 11 avril 2022.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
En ce qui concerne les délibérations du conseil municipal de Laàs du 11 avril 2022 :
3. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / Cet acte ou cette pièce doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagné d'une copie.".
4. Si l'association Bien vivre à Laàs et autres produisent un extrait du compte rendu de la réunion du conseil municipal de Laàs du 11 avril 2022, la requête au fond n'est pas accompagnée des délibérations attaquées, et il n'est ni allégué ni établi que les requérants auraient été dans l'impossibilité de les produire. Dès lors, en application de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, les conclusions aux fins d'annulation des délibérations attaquées sont irrecevables. Par suite, les présentes conclusions doivent être rejetées.
En ce qui concerne les décisions implicites de rejet des demandes de communication de documents administratifs :
5. La circonstance que chaque membre du conseil municipal doit pouvoir disposer d'une information suffisante sur chaque projet de délibération et que les administrés ont droit à la communication de documents administratifs ne crée pas par elle-même une situation d'urgence. Si les requérants soutiennent également que les décisions attaquées les privent de pouvoir exercer un contrôle sur les décisions prises par la commune, compte tenu du délai moyen de jugement des affaires par le tribunal, il ressort des pièces du dossier que l'association Bien vivre à Laàs et M. G ont chacun saisi la commission d'accès aux documents administratifs respectivement le 10 mai 2022 et le 18 mai 2022 en vue d'obtenir la communication des documents rappelés au point 1, et il n'est ni allégué ni établi que la commission n'aurait pas donné de suite favorable à cette saisine. Par suite, les requérants n'établissent pas l'existence d'une situation d'urgence, laquelle ne résulte pas davantage de la nature et de la portée des décisions attaquées.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de l'association Bien vivre à Laàs et autres présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction:
7. Le rejet des conclusions aux fins de suspension d'exécution de la requête de l'association Bien vivre à Laàs et autres n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête doivent également être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le juge des référés ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par l'association Bien vivre à Laàs et autres doivent dès lors être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête l'association Bien vivre à Laàs et autres est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Bien vivre à Laàs.
Fait à Pau, le 12 juillet 2022.
Le juge des référés,
signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
La greffière :
P. SANTERRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026