jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201162 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 2 |
| Avocat requérant | SELARL NOURY-LABEDE LABEYRIE SAVARY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 mai 2022 et 9 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Savary-Goumi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 15 novembre 2018 du silence gardé par le préfet de la Haute-Saône sur sa demande d'échange de son permis de conduire albanais contre un permis de conduire français, formée le 14 septembre 2018 ;
2°) d'enjoindre à l'administration de procéder à l'échange de son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- étant bénéficiaire de la protection subsidiaire, la condition de réciprocité ne s'appliquait pas à sa situation à la date de sa première demande, et il remplissait l'ensemble des critères pour qu'il soit fait droit à sa demande.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, le ministre de l'intérieur conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, et à titre subsidiaire à son rejet au fond.
Il soutient que :
- la décision du 23 mars 2021 doit être regardée comme décision finale de sa demande ; le requérant, qui a formé un recours gracieux contre cette décision le 24 mars 2021, avait jusqu'au 24 juillet 2021 pour contester la décision implicite de rejet ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C été entendu au cours de l'audience publique, tenue le 14 février 2024 à 11 heures en présence de Mme Yniesta, greffière d'audience.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant albanais, entré en France en 2017 et bénéficiaire de la protection subsidiaire, a sollicité le 14 septembre 2018 auprès de la préfecture de la Haute-Saône où il résidait alors, l'échange de son permis de conduire albanais délivré le 24 avril 2017 contre un permis de conduire français. Le 22 mars 2021, l'intéressé a formé une nouvelle demande, qui a été expressément rejetée par le préfet des Pyrénées-Atlantiques. Il demande l'annulation de la décision implicite de rejet qui serait née le 15 novembre 2018 du silence gardé par le préfet de la Haute-Saône sur sa première demande en date du 14 septembre 2018.
2. Le requérant soutient qu'à la date de sa première demande, les bénéficiaires de la protection subsidiaire étaient exonérés de la condition liée à l'existence d'un accord de réciprocité pour tout échange d'un permis de conduire délivré par un Etat n'appartenant ni à l'UE, ni à l'EEE et qu'un refus implicite lui a donc à tort été opposé le 15 novembre 2018. Il fait valoir qu'il n'a eu connaissance de ce refus que le 19 janvier 2022, date à laquelle il a été destinataire d'un courrier daté du 12 janvier 2022 lui restituant le dossier de sa première demande d'échange de permis de conduire au motif qu'il était incomplet.
3. Toutefois, l'administration en défense, fait valoir que M. B a été informé de ce que son dossier était incomplet, et qu'il lui a demandé de le retourner avec les pièces mentionnées, dans un délai de deux mois sous peine de rejet de sa demande, par courrier en recommandé avec accusé de réception en date du 20 février 2019, à son dernier domicile connu, à savoir 6 Avenue Carnot, 70100 à Gray. Elle produit à l'instance l'avis de réception du courrier en recommandé, revêtu des mentions " présenté/avisé le 21/02/19 " et " " destinataire inconnu à l'adresse ". Il ne résulte pas de l'instruction que M. B aurait communiqué une autre adresse le concernant aux services de la préfecture avant le mois de septembre 2019, date à laquelle il a adressé un email à l'administration, soit un an après sa demande, alors que son dossier incomplet lui avait été retourné le 20 février 2019. En l'espèce, il ne ressort d'aucune pièce produite au dossier et n'est pas sérieusement allégué que M. B ait déposé un dossier complet. En outre, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a eu connaissance de ce refus que le 19 janvier 2022, date à laquelle il a été destinataire d'un courrier daté du 12 janvier 2022 lui restituant le dossier de sa première demande d'échange de permis de conduire au motif qu'il était incomplet dès lors qu'il ressort de ses échanges par mails avec le service instructeur qu'il a été informé expressément d'un rejet pour incomplétude de son dossier, par courriel du 11 janvier 2020. Dans ces conditions, à défaut de pouvoir justifier du dépôt d'un dossier complet, l'existence d'une décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet sur sa demande ne peut être retenue et la demande tendant à l'annulation de cette décision ne peut être, en tout état de cause, que rejetée.
4. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet du préfet. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et ses conclusions à fin d'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B, au préfet de la Loire-Atlantique et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
La magistrate désignée,
Signé
F. CLa greffière,
Signé
S. YNIESTALa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
No 2201162
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026