mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201791 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 3 |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et pièces complémentaires, enregistrés les 3 et 17 août 2022, le 11 janvier 2023 et le 9 février 2023, M. B A C, Mme D A C et la société civile immobilière (SCI) Le Plapé, représentés par Me Tandonnet, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2022 par lequel le maire de Sainte-Mère a délivré un permis d'aménager à la SCI Des Champs, ensemble la décision du 17 juillet 2022 par laquelle le maire de cette commune a rejeté le recours gracieux formé à son encontre ;
2°) et de mettre à la charge de la commune de la commune de Sainte-Mère une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir à l'encontre de ce permis d'aménager qui va entrainer une perte de vue sur la chaîne des Pyrénées, une perte de valeur vénale de leurs biens situé à proximité, et va porter atteinte aux conditions de vie de leurs occupants et co-gérants de la SCI ;
- le dossier soumis au maire est incomplet, la notice d'information étant insuffisante quant à la représentation et la prise en compte des abords du projet ;
- le permis d'aménager porte atteinte à la sécurité des usagers du chemin rural desservant le projet et le maire, en le délivrant, a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- ce projet méconnaît également les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en ce qu'il porte atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants et qu'il ne mentionne pas les recommandations émises par l'architecte des bâtiments de France ;
- par voie d'exception, le plan local d'urbanisme de Sainte-Mère, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il classe le terrain d'assiette du projet en zone AU1 ; ce classement méconnait les orientations du PADD dès lors que le terrain d'assiette se situe en dehors du bourg, porte atteinte au maintien de l'agriculture et ne peut être raccordé à une autre voie ;
- ce zonage est également illégal en ce qu'il a été élaboré puis approuvé par une conseillère municipale, propriétaire du terrain et par conséquent personnellement intéressée, au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales ainsi que par un autre conseiller municipal, également intéressé en sa qualité de co-gérant de la SCI Des Champs.
Par des mémoires en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 16 novembre 2022, le 21 novembre 2022 et le 10 février 2023, la SCI Des Champs, représentée par Me Geny, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 4 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable, et à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2023, la commune de Sainte-Mère, représentée par Me Sire, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable, et à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 16 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 17 février 2023 à 12h00.
Des pièces complémentaires et un mémoire, ont été présentés pour les requérants le 14 février 2023 et pour la commune de Sainte-Mère, le 16 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Perdu, présidente-rapporteure,
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Geny pour la SCI Les Champs et de Me Bonnel pour la commune de Sainte-Mère.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 31 mars 2022, le maire de Sainte-Mère a délivré un permis d'aménager à la SCI Des Champs en vue de réaliser un lotissement de six lots à usage d'habitation comportant un total de huit logements (cinq logements individuels et trois logements collectifs) sur une parcelle cadastrée section AM numéro 339p, située au lieudit La Plaine à Sainte-Mère (Gers). Par la présente requête, M. B A C, Mme D A C et la SCI Le Plapé demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; / c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; / d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; / e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets. ". Aux termes de l'article R. 441-8 du même code : " Lorsque le projet porte sur des aménagements extérieurs dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 441-3 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux. ".
3. La circonstance que le dossier de demande d'une autorisation d'urbanisme ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité l'autorisation d'urbanisme qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. En l'espèce, contrairement à ce que font valoir les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier que le plan local d'urbanisme de Sainte-Mère identifierait sur leur propriété des bâtiments à protéger en raison de leur valeur patrimoniale, ce document se bornant seulement à indiquer que ces bâtiments peuvent faire l'objet d'un changement de destination. En outre, si la notice de présentation du projet ne mentionne pas que le lotissement projeté se situera dans le périmètre de protection des vestiges du château classé de Sainte-Mère, mentionné dans le document graphique du PLU, cette omission est en l'espèce sans incidence sur l'appréciation portée par l'autorité administrative sur le projet déposé dès lors qu'il est constant que le dossier du permis d'aménager comprenait l'avis du 22 février 2022 par lequel l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord au projet en l'assortissant de prescriptions visant à préserver les perspectives paysagères de ce château, consistant en un décaissement ponctuel du sol à un endroit précis et en la mise en place d'une haie arbustive d'essences locales à proximité de la future voie d'accès au projet. Enfin, si les requérants soutiennent également que la notice de présentation du projet serait incomplète en raison de l'absence de mention du caractère agricole des espaces avoisinants et d'un défaut de justification de l'insertion du projet dans cet environnement, les éléments photographiques joints permettaient parfaitement au service instructeur d'apprécier les abords immédiats du terrain d'assiette ainsi que son insertion. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de permis d'aménager manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le chemin qui dessert le terrain d'assiette du projet présente une largeur un peu inférieure à trois mètres, et comporte des accotements enherbés longeant un fossé. De plus, il ressort des mêmes pièces que le secteur est peu construit, que le projet prévoit la création de six lots permettant la réalisation de huit maisons d'habitation, que la visibilité aux abords de l'entrée du lotissement est dégagée nonobstant son positionnement dans une portion du chemin formant une légère courbe, tandis que le service d'incendie et de secours consulté n'a émis aucune réserve quant à l'accès au projet. Dans ces conditions, eu égard à la nature de ce projet qui ne générera pas une hausse importante du trafic, en délivrant le permis d'aménager en litige le maire n'a ni méconnu les dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ni entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de l'atteinte susceptible d'être portée à la sécurité publique.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Cet article prévoit que, si les constructions projetées portent une atteinte aux paysages avoisinants, le permis de construire peut être refusé ou assorti de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage au sens de cet article, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
8. Le projet litigieux s'insère dans un secteur qui s'ouvre, à l'est et au nord, sur un ensemble résidentiel peu densifié, composé d'habitations sans unité ou harmonie architecturale particulière, et qui est bordé, à l'ouest et au sud, de vastes espaces agricoles ne présentant pas d'intérêt particulier, en dépit d'une vue ponctuelle sur la chaîne des Pyrénées, dont il ressort des pièces du dossier qu'elle demeurera visible depuis le bourg. Si les requérants se prévalent de la présence du château de Sainte-Mère, il ressort des pièces du dossier que, vu depuis ce monument, le lotissement projeté sera en grande partie masqué par la végétation et la propriété des requérants. Par ailleurs, l'arrêté en litige reprend à son article 2 les recommandations figurant dans l'avis de l'architecte des Bâtiments de France du 22 février 2022, mentionnées au point 4 du présent jugement. Dans ces conditions, il n'est nullement démontré et il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'en délivrant le permis d'aménager, le maire de Sainte-Mère aurait méconnu les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
9. En quatrième lieu, les requérants contestent le classement en zone AU1 dans le plan local d'urbanisme du terrain d'assiette du projet au motif que la création d'un lotissement sur la parcelle ici en cause, jusqu'alors affectée à un usage agricole, méconnaîtrait les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) de ce plan tendant à pérenniser l'activité agricole et à préserver des points de vue majeurs sur le château et le paysage. Il ressort toutefois du rapport de présentation du plan local d'urbanisme de Sainte-Mère que la commune s'est aussi fixée comme objectif d'accueillir de nouveaux habitants en recentrant l'urbanisation dans le bourg et en la limitant aux abords du village. La parcelle d'assiette du projet fait, à ce titre, l'objet de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) visant à aménager un nouveau quartier, en prolongement du quartier pavillonnaire existant. En outre, il ressort des pièces du dossier que les auteurs du PLU de la commune ont maintenu le caractère rural et agricole de cette dernière, les superficies classées en zone AU représentant 0, 29 % de la superficie totale communale, tandis que la parcelle ici en cause, dont la majorité de la surface reste classée en zone A, se situe à moins de cent mètres du centre-bourg et borde, à l'est, un ensemble de maisons constituant le bourg du village. Enfin, contrairement à ce qu'affirment les requérants, le projet se situe, non pas à " moins de 100 mètres d'une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) " mais respecte la distance règlementaire imposée avec un bâtiment accueillant une activité de gavage de canards dont il est justifié en défense qu'elle a été prise en compte par la commune. Ainsi, au vu de l'ensemble de ces éléments, le zonage de la parcelle, terrain d'assiette du projet, ne méconnaît nullement le parti d'aménagement retenu par les auteurs du PLU et n'est pas davantage entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la voie interne au lotissement, qui desservira les lots, est prévue à double sens, de sorte qu'aucune méconnaissance des dispositions du rapport de présentation du PLU tendant à exclure les voies en impasses ne peut, en tout état de cause, être retenue.
11. Enfin, en cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales : " Sont illégales les délibérations auxquelles ont pris part un ou plusieurs membres du conseil intéressés à l'affaire qui en fait l'objet, soit en leur nom personnel, soit comme mandataires. ". Il résulte de ces dispositions que la participation au vote permettant l'adoption d'une délibération d'un conseiller municipal intéressé à l'affaire qui fait l'objet de cette délibération, c'est-à-dire y ayant un intérêt qui ne se confond pas avec ceux de la généralité des habitants de la commune, est de nature à en entraîner l'illégalité. De même, sa participation aux travaux préparatoires et aux débats précédant l'adoption d'une telle délibération est susceptible de vicier sa légalité, alors même que cette participation préalable ne serait pas suivie d'une participation à son vote, si le conseiller municipal intéressé a été en mesure d'exercer une influence sur la délibération. Cependant, s'agissant d'une délibération déterminant des prévisions et règles d'urbanisme applicables dans l'ensemble d'une commune, la circonstance qu'un conseiller municipal intéressé au classement d'une parcelle ait participé aux travaux préparatoires et aux débats précédant son adoption ou à son vote n'est de nature à entraîner son illégalité que s'il ressort des pièces du dossier que, du fait de l'influence que ce conseiller a exercée, la délibération prend en compte son intérêt personnel.
12. Si les requérants font valoir que la délibération du 14 décembre 2016 approuvant le PLU de Sainte-Mère serait illégale du fait de la participation de Mme E à l'élaboration de ce PLU, en sa qualité de maire de la commune, puis à son vote en qualité de conseillère municipale, alors que ce document classe une partie de la parcelle lui appartenant en zone AU1, il ressort cependant des pièces du dossier, compte-tenu de ce qui a été dit précédemment au point 9 du présent jugement, que la création de la zone AU1 ici en cause, par les auteurs du PLU, est conforme au parti d'urbanisme retenu par la commune. En outre, ce PLU, au demeurant approuvé à l'unanimité des neuf membres présents du conseil municipal, a pour effet de classer en zone AU2, et donc d'ouvrir à l'urbanisation, d'autres terrains que ceux appartenant à Mme E, notamment des terrains situés plus au nord du centre bourg. Dans ces circonstances, il ne ressort pas des pièces du dossier que les intérêts personnels de Mme E divergeraient des intérêts de la généralité des habitants de la commune. Enfin, s'il est également soutenu que M. Jean-Baptiste Lacapère, conseiller municipal, serait également intéressé par le classement de la parcelle litigieuse en zone AU1, en sa qualité de co-gérant de la SCI Des Champs, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la délibération du 14 décembre 2016 dès lors qu'il ne siégeait pas encore au sein du conseil municipal à cette date. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales, ainsi, en tout état de cause, que le moyen tiré du détournement de pouvoir dont serait entachée l'adoption du PLU de la commune, doivent être écartés en toutes leurs branches.
13. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions tendant à obtenir l'annulation du permis d'aménager du 31 mars 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Sainte-Mère, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
15. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Sainte-Mère, ainsi que la même somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SCI Des Champs et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par les époux A C et la SCI Le Plapé est rejetée.
Article 2 : Les époux A C et la SCI Le Plapé verseront à la commune de Sainte-Mère ainsi qu'à la SCI Des Champs, une somme de 1 500 euros (mille cinq cents) euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A C, à Mme D A C, à la SCI Le Plapé, à la commune de Sainte-Mère et à la SCI Des Champs.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
M. Rousseau, premier conseiller,
Mme Portès, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
S. PERDU
Le magistrat assesseur,
Signé
S. ROUSSEAULa greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet du Gers en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026