mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201856 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET CAMBOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 août 2022, Mme B A et Mme C D, représentées par Me Raimbert, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2022 par lequel le maire de Boucau a délivré à l'office public de l'habitat Habitat sud Atlantic un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement comportant deux lots à bâtir à destination d'un programme de logements sociaux et d'un programme d'accession libre, ensemble la décision du 21 juin 2022 par laquelle cette même autorité a rejeté leur recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Boucau une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Boucau.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2023, la commune de Boucau, représentée par Me Cambot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérantes une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérantes ne justifient pas de l'accomplissement des formalités prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les requérantes ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par Mme A et autre ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2023, l'office public de l'habitat Habitat sud Atlantic, représenté par Me Delhaes, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1du code de l'urbanisme, et à ce que soit mise à la charge des requérantes une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les requérantes ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- les moyens soulevés par Mme A et autre ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour la commune de Boucau a été enregistré le 6 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumez-Fauchille,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- les observations de Me Gosselin, représentant Mme A et autre, de Me Coto, représentant la commune de Boucau, et de Me Lopes, représentant l'office public de l'habitat Habitat sud Atlantic.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 12 avril 2022, le maire de Boucau a délivré à l'office public de l'habitat Habitat sud Atlantic un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement comportant deux lots à bâtir à destination d'un programme de logements sociaux et d'un programme d'accession libre. Par décision du 21 juin 2022, cette même autorité a rejeté le recours gracieux formé par Mme A et autre contre cet arrêté. Ces dernières demandent l'annulation de l'arrêté du 12 avril 2022 et de la décision du 21 juin 2022.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du maire de Boucau du 12 avril 2022 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis d'aménager déposé le 22 décembre 2021 a été complété par la production de pièces supplémentaires les
3 mars et 12 avril 2022. Si les requérantes soutiennent que les autorités consultées n'ont pas été en mesure d'émettre un avis en connaissance de cause sur le projet du fait de ces compléments apportés postérieurement à leurs avis, elles ne précisent ni la nature de ces pièces supplémentaires, ni les avis qui auraient été susceptibles d'être influencés par ces nouvelles pièces. Par suite, les requérantes ne démontrent pas que l'arrêté attaqué aurait été pris à l'issue d'une procédure irrégulière.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Aux termes de l'article UB11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Tout projet dans son ensemble, comme chacune des composantes (rythmes, proportions, couleurs, matériaux ), doit : - s'harmoniser avec le caractère typo-morphologique et architectural du quartier, - ne pas porter atteinte à l'intérêt des sites et des paysages avoisinants, - ne pas contrarier l'existence de perspectives monumentales. / Toute construction doit être adaptée à la topographie du lieu et son implantation ne doit pas engendrer des affouillements et exhaussements trop importants. () ".
5. Tout d'abord, dès lors que les dispositions précitées de l'article UB11 du règlement du plan local d'urbanisme imposent des prescriptions qui ne sont pas moindres que celles imposées par l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, les requérantes ne peuvent utilement invoquer la méconnaissance de ces dernières dispositions.
6. Ensuite, pour apprécier si un projet de construction porte atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
7. Il ressort des pièces du dossier que le secteur dans lequel se situe le terrain d'assiette du projet est urbanisé et comporte une majorité de maisons individuelles, mais sans harmonie ni intérêt architectural particulier. Les requérantes ne peuvent utilement soutenir que les volumes à venir ne s'harmoniseront pas avec les constructions existantes, l'autorisation litigieuse ayant pour seul objet la division en lots à bâtir et non la construction de bâtiments. Par ailleurs, la seule circonstance que l'aménagement du terrain, dont les volumes de construction ne sont pas connus, emporte suppression d'un " espace de respiration " au sein de ce secteur, ne suffit pas à porter atteinte à l'intérêt du paysage urbain existant. Par suite, en prenant l'arrêté attaqué, le maire de Boucau n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme de cette commune.
En ce qui concerne la décision du maire de Boucau du 21 juin 2022 :
8. À supposer que les moyens soulevés au soutien des conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du maire de Boucau du 12 avril 2022 soient également soulevés à l'encontre de la décision attaquée, ils doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 4 à 7.
9. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Boucau et par l'office public de l'habitat Habitat sud Atlantic, les conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme A et autre doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.".
11. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme A et autre doivent dès lors être rejetées. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de ces dernières une somme respective de 750 euros au titre des frais exposés par la commune de Boucau et par l'office public de l'habitat Habitat sud Atlantic et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A et autre est rejetée.
Article 2 : Mme A et autre verseront respectivement à la commune de Boucau et à l'Office public de l'habitat Habitat sud Atlantic une somme de 750 (sept cent cinquante) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la commune de Boucau et à l'office public de l'habitat Habitat sud Atlantic.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
V. DUMEZ-FAUCHILLE
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026