mardi 1 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2202168 |
| Type | Décision |
| Formation | CHAMBRE 3 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement le 26 septembre 2022, le 28 novembre 2022, les 16 et 24 janvier 2023, le 6 novembre 2023, le 12 janvier 2024 et le 2 février 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. A B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 6 juillet 2022 par laquelle le président de l'université de Pau et des Pays de l'Adour a rejeté sa demande d'avancement à la classe exceptionnelle de la hors classe des maîtres de conférences ;
2°) d'enjoindre à l'université de Pau et des Pays de l'Adour de le placer à cet échelon, à compter du 1er septembre 2022, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Pau et des Pays de l'Adour la somme de 550 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision méconnaît les directives du ministère et le principe d'égalité entre fonctionnaires appartenant à un même corps dès lors que cinq postes pour l'avancement au grade exceptionnel sont disponibles, et que l'administration n'a promu que trois candidats ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle a été prise en méconnaissance de l'article 40 du décret n° 1984-431 du 6 juin 1984, sur des critères qui n'ont pas été rendus publics ;
- elle est également entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation, et méconnaît les dispositions de l'article 4 du décret n° 84-431 du 6 juin 1984, dès lors que l'administration ne pouvait fonder sa décision sur le fait qu'il n'était pas rattaché à un laboratoire de recherche de l'université de Pau et des Pays de l'Adour, alors que l'université ne dispose d'aucun laboratoire correspondant à sa spécialité ; qu'il est rattaché à un laboratoire sous un statut de chercheur associé, depuis le 6 avril 2022, et que la demande d'un autre candidat se trouvant dans une situation similaire a été acceptée ;
- elle est, enfin, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'université avait émis un avis favorable à sa demande présentée au niveau national.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 décembre 2023 et le 25 janvier 2024, l'université de Pau et des Pays de l'Adour conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les moyens de légalité externe soulevés sont irrecevables ;
- les autres moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°84-431 du 6 juin 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Foulon ;
- les conclusions de Mme Portès, rapporteure publique ;
- et les observations de M. C, représentant l'université de Pau et des Pays de l'Adour.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est maître de conférences titulaire depuis le 1er octobre 1991, affecté à l'université de Pau et des Pays de l'Adour (UPPA). Il a été promu maître de conférences hors classe en 2009. Le 8 février 2022, il a sollicité un avancement à la classe exceptionnelle de la hors classe des maîtres de conférences. Par une décision du 6 juillet 2022, le président de l'université de Pau et des Pays de l'Adour a informé M. B de ce que le conseil académique n'avait pas proposé sa candidature à l'avancement à ce grade. M. B demande alors au tribunal d'annuler la décision du 6 juillet 2022.
2. Aux termes de l'article 7-1 du décret n° 84-431 du 6 juin 1984 fixant les dispositions statutaires communes applicables aux enseignants-chercheurs et portant statut particulier du corps des professeurs des universités et du corps des maîtres de conférences : " Chaque enseignant-chercheur établit, () à chaque fois qu'il est candidat à une promotion, un rapport mentionnant l'ensemble de ses activités et leurs évolutions éventuelles. Ce rapport est remis au président () qui en assure la transmission au Conseil national des universités (). L'avis émis par le conseil académique ou l'organe compétent pour exercer les attributions mentionnées au IV de l'article L. 712-6-1 du code de l'éducation, siégeant en formation restreinte, sur les activités pédagogiques et les tâches d'intérêt général, qui figurent dans le rapport d'activité de l'intéressé, est joint à cette transmission et communiqué à l'intéressé à qui est donnée la possibilité de faire des observations sur l'avis de l'établissement. ".
3. Aux termes des dispositions de l'article 40 du même décret : " II.- L'avancement à l'échelon exceptionnel de la hors-classe des maîtres de conférences a lieu au choix. / Il a lieu, pour moitié, sur proposition de la section compétente du Conseil national des universités ou de la section compétente du Conseil national des universités pour les disciplines de santé, dans la limite des promotions offertes par discipline au plan national et, pour moitié, sur proposition du conseil académique ou de l'organe compétent pour exercer les attributions mentionnées au IV de l'article L. 712-6-1 du code de l'éducation, siégeant en formation restreinte, dans la limite des promotions offertes dans l'établissement, toutes disciplines confondues. () / Cet avancement a lieu sur la base de critères rendus publics, d'une part, par les sections du Conseil national des universités et du Conseil national des universités pour les disciplines de santé et, d'autre part, par les établissements. Parmi ces critères, l'investissement des maîtres de conférences dans leur mission d'enseignement doit être particulièrement pris en compte. / Le nombre maximum de promotions susceptibles d'être prononcées est notifié aux établissements chaque année par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur. / Peuvent seuls être promus à l'échelon exceptionnel de la hors-classe les maîtres de conférences justifiant d'au moins trois ans de services effectifs dans le 6e échelon de cette même classe. / Le nombre de maîtres de conférences hors classe à l'échelon exceptionnel ne peut excéder celui résultant d'un pourcentage des effectifs du corps considérés au 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle sont prononcées les promotions. Ce pourcentage est fixé par arrêté conjoint des ministres chargés de l'enseignement supérieur, du budget et de la fonction publique. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a présenté sa candidature à l'avancement à la classe exceptionnelle de la hors classe des maîtres de conférences, au titre de la campagne de promotion de 2022, selon la procédure de droit commun. Sa candidature a été examinée d'une part, lors de la phase nationale, par le Conseil national des universités (CNU), qui a décidé de ne pas le proposer à l'avancement et, d'autre part, lors de la phase locale par deux rapporteurs, chargés d'émettre un avis en vue d'une discussion devant le conseil académique de l'université de Pau et des Pays de l'Adour, saisi également de dix autres candidatures locales. Cette instance s'est réunie le 4 juillet 2022 et a rendu son avis sur les candidats, en proposant de ne retenir que trois candidatures, sur les cinq promotions disponibles, et de ne pas retenir la candidature de M. B.
5. En premier lieu, si M. B soutient que la décision contestée méconnaît les directives transmises par courrier le 22 mars 2022 aux présidents des sections du CNU, ces dispositions ainsi que les dispositions précitées de l'article 40 du décret n° 84-431 n'ont ni pour objet ni pour effet de contraindre le conseil académique à proposer autant de candidats à l'avancement que de possibilités ouvertes, dans le cas où il estime que le niveau des candidats ne le justifie pas. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
6. En deuxième lieu, si M. B soutient également que les candidatures ont été examinées et sélectionnées sur la base de critères qui n'ont pas été rendus publics au cours de la campagne de l'année 2022, en méconnaissance des dispositions de l'article 40 du décret du 6 juin 1984 précitées, toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des extraits de copies écran du site intranet de l'université de Pau et des Pays de l'Adour, que le formulaire de l'évaluateur a été mis à disposition des candidats à cet avancement, ainsi qu'une circulaire du président de l'université, et que ces documents étaient accessibles depuis le 9 janvier 2020. Enfin, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les évaluateurs se seraient fondés sur d'autres critères que ceux communiqués aux candidats, à savoir l'investissement pédagogique, l'investissement administratif et l'investissement en recherche. Ainsi, le moyen tiré de ce que M. B n'aurait pas eu accès à l'intégralité des critères guidant le choix des évaluateurs dans la procédure de sélection des candidats, doit être écarté.
7. En troisième lieu, si l'avis émis par le conseil académique de l'UPPA sur la candidature de M. B indique, en point d'amélioration, l'absence de laboratoire de rattachement de cet enseignant, cet avis se borne ainsi à mentionner les éléments retenus pour l'appréciation du critère lié à une " implication significative pour et dans l'établissement ", à savoir l'université de Pau. Par suite, la circonstance que le requérant travaille en collaboration avec un laboratoire de l'université de Bordeaux est sans incidence sur cet avis. Ainsi, aucune erreur de fait, sur ce point, sur l'appréciation de la candidature de M. B ne peut donc être retenue.
8. En quatrième lieu, il ressort des pèces du dossier que si l'investissement pédagogique de M. B a été reconnu par les rapporteurs placés auprès du conseil académique de l'UPPA, son investissement dans les activités scientifiques est qualifié de " conforme " depuis 2010 par chacun des rapporteurs ayant examiné sa candidature. Si les deux rapporteurs ont émis un avis favorable à la promotion demandée par M. B, en tenant compte ainsi que précisé de ses activités d'enseignement, il ressort cependant des pièces du dossier que le critère de l'appréciation générale peut aller jusqu'à être qualifié de " très favorable ". En outre, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les dispositions de l'article 40 du décret du 6 juin 1984 mentionnant que l'investissement des maîtres de conférences dans leur mission d'enseignement doit être particulièrement pris en compte dans la procédure d'évaluation, auraient été méconnues, l'avis du conseil académique soulignant l'investissement pédagogique du requérant dans cette mission. Enfin, si M. B fait valoir qu'un avis favorable a été émis à sa candidature au titre de la phase nationale, il ressort de la copie écran du site internet " Galaxie " que 16 % des candidats ont reçu un avis très favorable à l'avancement à la classe exceptionnelle de la hors classe des maîtres de conférences. Ainsi, au vu de l'ensemble de ces éléments, et même en tenant compte du rattachement de M. B, sous un statut " associé ", au laboratoire informatique de l'université de Pau à compter du 6 avril 2022, aucune erreur manifeste d'appréciation qui aurait été commise par le conseil d'académie de l'université de Pau et des Pays de l'Adour ne peut être censurée.
9. Par ailleurs, M. B ne peut utilement soutenir qu'un collègue a été promu, en 2018, alors même qu'il n'avait pas de laboratoire " référencé " dès lors qu'il n'est pas établi et qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ce collègue se trouvait dans une situation comparable à celle du requérant.
10. Il résulte de ce qui précède que l'avis du conseil académique de l'UPPA sur les candidatures à cet avancement n'est pas entaché d'illégalité et, qu'en conséquence, le président de l'université de Pau et des Pays de l'Adour ne pouvait que rejeter la demande de M. B.
11. Ainsi, et sans qu'il soit besoin d'ordonner à l'université de Pau et des Pays de l'Adour de produire les rapports établis sur les candidatures des autres candidats, la requête de M. B doit être rejetée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
12. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'université de Pau et des Pays de l'Adour et à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Foulon, conseillère,
M. Buisson, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er avril 2025.
La rapporteure,
C. FOULON
La présidente,
S. PERDU
La greffière,
P. SANTERRE
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2202957
La décision concerne un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral autorisant l'enregistrement d'une centrale d'enrobage à chaud. Le Tribunal Administratif de Pau rejette la requête de la société FL Immo 64, estimant que le dossier de demande d'enregistrement était complet et respectait les exigences légales, notamment celles de l'article R. 512-46-3 du code de l'environnement concernant la description des incidences notables sur l'environnement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2202950
Le Tribunal Administratif de Pau a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir visant à annuler un arrêté préfectoral du 1er septembre 2022 enregistrant une centrale d'enrobage de bitume à chaud à Escout. Les requérants soutenaient que le dossier de demande méconnaissait l'article L. 512-7-1 du code de l'environnement en omettant d'évaluer les incidences notables sur l'environnement et les risques de pollution des sols et des eaux. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que le dossier, conforme aux prescriptions générales de l'arrêté du 9 avril 2019, permettait au préfet d'apprécier les impacts du projet et de prescrire les mesures nécessaires.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2202948
Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la requête en excès de pouvoir visant à annuler l'arrêté préfectoral du 1er septembre 2022 autorisant l'enregistrement d'une centrale d'enrobage de bitume. La juridiction a estimé que le dossier de demande, soumis à consultation publique, était complet et satisfaisait aux exigences du code de l'environnement, notamment les articles L. 512-7-1 et R. 512-46-3, en ce qui concerne l'évaluation des incidences notables sur l'environnement et la santé. Le tribunal a également écarté le moyen tiré de l'absence d'intérêt à agir de la requérante.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2202201
Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté le recours en excès de pouvoir visant à annuler un permis de construire délivré pour une centrale d'enrobés. Les juges ont estimé que le projet était conforme à la carte communale le classant en zone artisanale et industrielle, et ont écarté les moyens tirés de la procédure d'enregistrement ICPE, relevant d'une législation distincte. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'urbanisme.
07/04/2026