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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2502717

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2502717

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2502717
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationCHAMBRE 3
Avocat requérantMOURA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une demande enregistrée le 28 janvier 2025 Mme A... B..., représentée par Me Moura, demande au tribunal de prendre les mesures qu’implique l’exécution du jugement n° 2200686 du 18 septembre 2024, en particulier d’assortir l’injonction prononcée d’une astreinte de 100 euros par jour de retard passé un délai de quinze jours.

Elle soutient que la chambre de commerce et d’industrie de Pau n’a pas exécuté le jugement du tribunal administratif.

Par une ordonnance en date du 17 septembre 2025, le président du tribunal administratif a décidé l’ouverture d’une procédure juridictionnelle.

Mme B... a adressé un mémoire le 9 juin 2026, qui n’a pas été communiqué.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980 relative aux astreintes prononcées en matière administrative et à l’exécution des jugements par les personnes morales de droit public ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Triolet,
- les conclusions de Mme Portès, rapporteure publique.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d’inexécution d’un jugement ou d’un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d’appel qui a rendu la décision d’en assurer l’exécution. (…) Si le jugement ou l’arrêt dont l’exécution est demandée n’a pas défini les mesures d’exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d’exécution et prononcer une astreinte ».

Par un jugement n° 2200686 rendu le 18 septembre 2024 et notifié le 23 septembre 2024, qui n’a pas été contesté, ce tribunal a condamné la chambre de commerce et d’industrie (CCI) Pau-Béarn à verser à Mme B... la rémunération qui lui est due pour la période du 27 décembre 2018 au 31 décembre 2019, à hauteur de 1 790 euros bruts mensuels, outre une indemnité mensuelle de 100 euros, ainsi que la rémunération qui lui est due sur onze mois en 2020, à hauteur de 1 600 euros nets mensuels, sous déduction de la somme de 9 588,08 euros nets déjà versée en 2020. Le tribunal a prévu que cette somme serait assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 novembre 2021 avec capitalisation à compter du 26 novembre 2022. Il a en outre condamné la CCI à verser à Mme B... les sommes de 2 000 euros en réparation de son préjudice moral et 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Aux termes du II de l’article 1er de la loi du 16 juillet 1980, reproduit à l’article L. 911-9 du code de justice administrative : « Lorsqu’une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné une collectivité locale ou un établissement public au paiement d’une somme d’argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être mandatée ou ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. A défaut de mandatement ou d’ordonnancement dans ce délai, le représentant de l’Etat dans le département ou l’autorité de tutelle procède au mandatement d’office (…) ».

Il résulte des articles L. 710-1 et R. 712-2 du code de commerce que les chambres de commerce et d’industrie territoriales sont des établissements publics placés sous la tutelle de l’Etat, tutelle qui est « assurée par le préfet de région, assisté par le responsable régional des finances publiques ». Elles relèvent dès lors des dispositions précitées qui permettent à la partie gagnante, en cas d’inexécution d’une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d’obtenir le mandatement d’office de la somme que la partie perdante est condamnée à lui verser par cette même décision. En outre, le dispositif du jugement permet de connaître le montant exactement dû par un calcul dont il n’est pas allégué qu’il soulèverait une difficulté sérieuse. Par suite, la demande de Mme B... doit être rejetée.



D E C I D E :

Article 1er : La demande de Mme B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., à la chambre de commerce et d’industrie Pau-Béarn et à la préfète de la région Nouvelle Aquitaine.

Délibéré après l’audience du 17 juin 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Triolet, présidente,
Mme Foulon, conseillère,
M. Buisson, conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.


La présidente-rapporteure,

A Triolet


La magistrate la plus ancienne dans l’ordre du tableau,
C. Foulon

La greffière,



P. Santerre


La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques et à la préfète de la région Nouvelle Aquitaine, chacun en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :
La greffière,


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