Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2618596
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2618596 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 août 2026, Mme E... épouse A... C..., demande à la juge des référés, statuant par application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de la convoquer aux fins de procéder au dépôt de sa demande de titre de séjour, dans le délai de 48 heures courant à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1200 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice causé par le blocage technique qui fait obstacle à la finalisation de l’enregistrement de sa demande de titre de séjour.
Mme E... épouse A... C... soutient que :
Sur l’urgence :
- l’urgence est caractérisée par la situation de précarité dans laquelle elle se trouve placée en l’absence de document de séjour en cours de validité, ce qui porte atteinte à sa situation professionnelle ;
- le blocage de sa situation est exclusivement imputable à l’administration dont l’instruction de sa demande a duré une année ;
Sur l’utilité de la mesure :
- la mesure demandée est utile, dès lors qu’elle est entrée régulièrement en France et a été munie d’un titre de séjour au titre du regroupement familial ;
- elle subit de manière injustifiée les conséquences d’un dysfonctionnement administratif ;
Sur l’absence d’obstacle à l’exécution d’une décision administrative :
- la mesure sollicitée, qui tend à l’octroi d’un rendez-vous en préfecture, ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ;
- la clôture de son dossier résulte d’un incident technique et non d’une décision administrative.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D... en tant que juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E... épouse A... C..., ressortissante de nationalité marocaine née le 15 octobre 1988, a été mise en possession d’un visa au titre du regroupement familial, valable du 15 février 2025 au 16 mai 2025. Le 24 mars 2025, elle a déposé une demande de titre de séjour sur la plateforme de l’Administration Numérique des Etrangers en France (ANEF). Plusieurs attestations de prolongation de l’instruction de cette demande lui ont été délivrées, dont la dernière est valable jusqu’au 16 novembre 2026. Suite à la clôture de son dossier sur cette plateforme en raison d’un incident technique, elle a tenté de procéder à l’enregistrement d’un nouveau dossier, lequel est rendu impossible en raison de l’expiration depuis plus de neuf mois de la durée de validité de son visa. Par la présente requête, Mme E... épouse A... C... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de la convoquer aux fins du dépôt de sa demande de titre de séjour.
2. D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Et en vertu de l’article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521‑3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
4. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Et selon l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. (…) ».
5. En l’absence de réponse de l’administration dans le délai de quatre mois prévus par l’article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour, déposée le 25 mars 2025 par Mme E... épouse A... C..., est née le 25 juillet 2025. Cette décision administrative fait donc obstacle au prononcé d’une mesure utile, qui n’aurait pas pour effet de prévenir un péril grave, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Il est loisible à Mme E... épouse A... C..., laquelle est placée en situation régulière jusqu’au 16 novembre 2026 aux termes de la dernière attestation de prolongation de l’instruction de sa demande dont elle a été munie, de contester cette décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme E... épouse A... C..., formées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, doivent être rejetées en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme E... épouse A... C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... E... épouse A... C....
Fait à Cergy, le 1er septembre 2026.
La juge des référés,
signé
C. D...
La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 31 août 2026, Mme E... épouse A... C..., demande à la juge des référés, statuant par application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de la convoquer aux fins de procéder au dépôt de sa demande de titre de séjour, dans le délai de 48 heures courant à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1200 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice causé par le blocage technique qui fait obstacle à la finalisation de l’enregistrement de sa demande de titre de séjour.
Mme E... épouse A... C... soutient que :
Sur l’urgence :
- l’urgence est caractérisée par la situation de précarité dans laquelle elle se trouve placée en l’absence de document de séjour en cours de validité, ce qui porte atteinte à sa situation professionnelle ;
- le blocage de sa situation est exclusivement imputable à l’administration dont l’instruction de sa demande a duré une année ;
Sur l’utilité de la mesure :
- la mesure demandée est utile, dès lors qu’elle est entrée régulièrement en France et a été munie d’un titre de séjour au titre du regroupement familial ;
- elle subit de manière injustifiée les conséquences d’un dysfonctionnement administratif ;
Sur l’absence d’obstacle à l’exécution d’une décision administrative :
- la mesure sollicitée, qui tend à l’octroi d’un rendez-vous en préfecture, ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ;
- la clôture de son dossier résulte d’un incident technique et non d’une décision administrative.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D... en tant que juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E... épouse A... C..., ressortissante de nationalité marocaine née le 15 octobre 1988, a été mise en possession d’un visa au titre du regroupement familial, valable du 15 février 2025 au 16 mai 2025. Le 24 mars 2025, elle a déposé une demande de titre de séjour sur la plateforme de l’Administration Numérique des Etrangers en France (ANEF). Plusieurs attestations de prolongation de l’instruction de cette demande lui ont été délivrées, dont la dernière est valable jusqu’au 16 novembre 2026. Suite à la clôture de son dossier sur cette plateforme en raison d’un incident technique, elle a tenté de procéder à l’enregistrement d’un nouveau dossier, lequel est rendu impossible en raison de l’expiration depuis plus de neuf mois de la durée de validité de son visa. Par la présente requête, Mme E... épouse A... C... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de la convoquer aux fins du dépôt de sa demande de titre de séjour.
2. D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Et en vertu de l’article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521‑3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
4. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Et selon l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. (…) ».
5. En l’absence de réponse de l’administration dans le délai de quatre mois prévus par l’article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour, déposée le 25 mars 2025 par Mme E... épouse A... C..., est née le 25 juillet 2025. Cette décision administrative fait donc obstacle au prononcé d’une mesure utile, qui n’aurait pas pour effet de prévenir un péril grave, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Il est loisible à Mme E... épouse A... C..., laquelle est placée en situation régulière jusqu’au 16 novembre 2026 aux termes de la dernière attestation de prolongation de l’instruction de sa demande dont elle a été munie, de contester cette décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme E... épouse A... C..., formées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, doivent être rejetées en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme E... épouse A... C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... E... épouse A... C....
Fait à Cergy, le 1er septembre 2026.
La juge des référés,
signé
C. D...
La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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