Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2611569

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2611569
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantFERIANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er septembre 2026, Mme A... B... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de la convoquer et d’enregistrer sa demande de carte de séjour temporaire portant la mention « recherche d’emploi ou création d’entreprise », dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour mentionnant qu’elle est autorisée à exercer une activité professionnelle, ou tout autre document ayant une portée équivalente, dans le même délai et sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Mathou pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l’instruction que Mme B..., ressortissante marocaine née en 2002, était titulaire d’un titre de séjour en qualité d’étudiant, valable du 1er mars 2025 au 28 février 2026. Elle a déposé une demande de changement de statut afin d’obtenir un titre de séjour en qualité de salarié, a été convoquée à la préfecture des Yvelines, le 17 février 2026, et s’est vu remettre, à l’occasion de ce rendez-vous, un récépissé de demande de titre de séjour, valable jusqu’au 31 août 2026. Elle a ensuite sollicité, dès le 30 mars 2026, par formulaire déposé à l’accueil de la préfecture, un changement de statut vers un titre de séjour « recherche d’emploi ou création d’entreprise ». Par la présente requête, elle demande au juge des référés d’enjoindre au préfet des Yvelines de la convoquer pour enregistrer sa demande, et de lui délivrer un récépissé.

2. D’une part, aux termes des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». D’autre part, en vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

3. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l’article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

4. Si Mme B... soutient qu’en raison de l’inaction prolongée de la préfecture des Yvelines, elle se retrouve dans l’irrégularité, qu’elle est privée de toute ressource depuis la rupture de son contrat de travail le 20 mars 2026, que sa seule perspective de retrouver une autonomie financière réside dans l’obtention rapide d’un emploi en relation avec sa formation, que chaque jour qui passe l’éloigne un peu plus du marché du travail, qu’elle ne peut pas non plus circuler librement, ces éléments ne suffisent pas à caractériser l’existence d’une urgence particulière, impliquant, sous réserve que les autres conditions posées par l’article L. 521-2 soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans le délai contraint de quarante-huit heures.

5. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de faire application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter, en toutes ses conclusions, la requête de Mme B....







O R D O N N E :





Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait à Versailles, le 1er septembre 2026.


La juge des référés,



C. Mathou

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.