mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2301040 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ROMAZZOTTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 14 avril 2023 et le 5 mai 2023, M. H B D, incarcéré au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 avril 2023 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer une attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de trois ans.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il précise que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Leplat, avocat désigné d'office, représentant M. B D, présent, assisté de Mme G, interprète en langue espagnole, qui conclut aux mêmes fins que la requête et soutient que :
o l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence dès lors que son signataire ne justifie pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
o il a été pris sans examen préalable complet de la situation personnelle de M. B D ;
o il porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale consacré par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o le requérant ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
o enfin, il a des craintes en cas de retour dans son pays d'origine ;
- le préfet de la Gironde n'étant ni présent ni représenté à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, ressortissant salvadorien, né le 26 janvier 1999 à San Salvador (Salvador), a déclaré être entré sur le territoire français, le 4 décembre 2018, et a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile, le 20 décembre 2018. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile par une décision du 21 mars 2019, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 27 mai 2020. Par un arrêté du 16 juin 2020, la préfète du Gers l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Le requérant a formulé une première demande de réexamen de sa demande d'asile, le 3 septembre 2021, rejetée par l'OFPRA par une décision du 21 octobre 2021, en procédure accélérée. Par un arrêté du 1er février 2022, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles L. 424-1 et L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
2. M. B D a formulé une seconde demande de réexamen de sa demande d'asile, le 6 avril 2023. Par un arrêté du 6 avril 2023, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer une attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de trois ans. Par la présente requête, M. B D demande au tribunal l'annulation de ce dernier arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté n° 33-2023-03-31-00005 du 31 mars 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 33-2023-060 du même jour de la préfecture de la Gironde, accessible au juge comme aux parties, M. A F, directeur des migrations et de l'intégration, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, si M. B D soutient que le préfet n'aurait pas pris en compte sa situation de concubinage avec une ressortissante française, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, et il n'est pas même soutenu, que le requérant aurait présenté de tels éléments aux services préfectoraux avant que ne soit pris l'arrêté attaqué. En outre, il ressort des pièces du dossier, notamment des mentions de l'arrêté du 6 avril 2023, que le préfet de la Gironde a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B D avant de refuser de lui délivrer une attestation de demande d'asile, de l'obliger à quitter le territoire français sans délai, de fixer le pays à destination et de lui interdire de retourner sur le territoire français pendant une durée de trois ans. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que, si M. B D se prévaut d'une situation de concubinage avec une ressortissante française, qui aurait commencé avant son incarcération, le 9 novembre 2022, il n'établit pas la réalité de la communauté de vie. En outre, le requérant, qui ne conteste pas être sans charge de famille, n'établit pas qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 19 ans. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que, par un jugement du 9 novembre 2022 du tribunal judiciaire d'Agen, M. B D a été condamné à une peine de dix mois d'emprisonnement pour des faits de transport, détention, offre ou cession et acquisition non autorisées de stupéfiants, ainsi que d'usage illicite de stupéfiants, et que l'intéressé a été incarcéré à compter de cette même date. En outre, il n'est pas contesté que M. B D est connu défavorablement des services de police pour des faits de vol à la roulotte, commis le 24 mars 2020.
6. Enfin, si M. B D se prévaut de risques qu'il encourrait en cas de retour dans son pays d'origine, il ne fait valoir aucune circonstance particulière de nature à établir la réalité et la gravité de ces risques. En outre, la demande d'asile du requérant a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) que par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) et la première demande de réexamen de l'intéressé a également été rejetée par l'OFPRA.
7. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, les décisions attaquées du préfet de la Gironde n'ont pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elles ont été prises et n'ont pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le préfet aurait entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B D doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête présentée par M. B D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H B D et au préfet de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
F. CLa greffière,
Signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Signé
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026