LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2400244

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2400244

mercredi 25 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2400244
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJUGE UNIQUE 1
Avocat requérantSELARL CABINET CAMBOT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la demande d'indemnisation de requérants ayant endommagé leur véhicule sur une borne escamotable à Biarritz. Le juge a estimé que les requérants n'avaient pas démontré l'existence d'un défaut de signalisation ou d'entretien de l'ouvrage public imputable à la commune. La juridiction a retenu que l'accident était principalement dû à l'inattention de la conductrice, une faute de la victime de nature à exonérer la commune de sa responsabilité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 janvier et 21 octobre 2024, M. B... et Mme D... E..., représentés par Me Hartmann, demandent au tribunal :

1°) de condamner la commune de Biarritz à leur verser la somme de 8 000 euros en réparation du préjudice qu’ils estiment avoir subi en raison d’un défaut de signalisation des bornes escamotables situées à l’intersection entre l’avenue Edouard VII et la place George Clémenceau ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Biarritz la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- leur véhicule a percuté une borne escamotable qui ne faisait pas l’objet d’une signalisation adaptée, notamment d’un revêtement de couleur vive, l’unique panneau la signalisant étant placé au même niveau que la borne, dissimulé en hauteur derrière le feu tricolore, avec une police d’écriture trop petite pour informer correctement les conducteurs ; ce défaut de signalisation adaptée est d’autant plus marqué que cette borne est située à un croisement de grande affluence, saturé d’informations directionnelles, et n’est installée que durant la période estivale, soit à un moment de forte fréquentation du centre-ville, l’accident ayant eu lieu le jour d’installation de la borne ;
- les circonstances qu’un second accident ait eu lieu trente minutes après au niveau de la même borne escamotable et que la commune de Biarritz ait ensuite renforcé sa signalisation confirment le défaut initial de signalisation adaptée ;
- ils justifient des circonstances exactes de l’accident et du lien de causalité entre les préjudices invoqués et le défaut de signalisation adéquat de la borne escamotable par la commune de Biarritz ;
- la responsabilité de la commune de Biarritz doit être engagée au titre du défaut d’entretien normal de cet ouvrage et ils n’ont commis aucune faute de nature à exonérer la commune de cette responsabilité ;
- ils sont assurés au tiers et n’ont pas été indemnisés par leur assureur ; le préjudice financier qu’ils ont subi s’élève à 8 000 euros, correspondant à la valeur vénale de leur véhicule avant l’accident.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, la commune de Biarritz, représentée par Me Cambot, conclut à titre principal au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, et à titre subsidiaire, à ce que le montant des préjudices soit ramené à de plus justes proportions en prenant notamment en compte la faute de la victime.

Elle soutient que :
- la défectuosité de l’ouvrage public en cause en lien avec l’accident et ses circonstances exactes ne sont pas établis ;
- l’ouvrage public était assorti d’une signalisation non équivoque et suffisante ; l’accident a eu lieu en pleine journée dans un lieu familier des requérants et alors que la borne escamotable était levée ;
- l’accident subi par la victime est imputable à son inattention, cette faute étant de nature à exonérer la commune de sa responsabilité ;
- la circonstance que la signalisation de la borne escamotable ait été modifiée après l’accident ne constitue pas une reconnaissance de culpabilité ;
- le quantum du préjudice indemnisable correspond uniquement à la différence entre la valeur du véhicule avant l’accident (8 000 euros) et le montant des dépenses de réparation engagées (14 047,99 euros), soit 6 047,99 euros ; l’indemnisation sollicitée par les requérants à hauteur de la valeur du véhicule avant l’accident engendrerait un enrichissement sans cause.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Madelaigue, pour statuer sur les litiges relevant de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Madelaigue, magistrate désignée ;
- les conclusions de Mme Neumaier, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Hartmann, représentant M. et Mme E....



Considérant ce qui suit :

Le 3 juillet 2023, Mme F... E..., qui conduisait le véhicule sans permis appartenant à ses parents, s’est engagée au carrefour de l’avenue Edouard VII et de la place Georges Clémenceau à Biarritz et a percuté une borne escamotable. Par un courrier en date du 26 juillet 2023, M. et Mme E..., propriétaires du véhicule endommagé, ont sollicité l’indemnisation du préjudice qu’ils estiment avoir subi du fait de cet accident qu’ils imputent à un défaut de signalisation adaptée de la borne escamotable. Par une décision du 28 novembre 2023, la commune de Biarritz a rejeté leur réclamation. Par la présente requête, M. et Mme E... demandent la condamnation de la commune de Biarritz à leur verser une somme de 8 000 euros en réparation du préjudice qu’ils estiment avoir subi.


Sur les conclusions indemnitaires :

Les bornes escamotables permettant l’accès et la sortie des véhicules des voies publiques constituent des accessoires de ces voies. Il appartient à l’usager d’un ouvrage public qui demande réparation d’un préjudice qu’il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l’existence d’un lien de causalité entre celui-ci et le préjudice invoqué. La collectivité en charge de l’ouvrage public ne peut être exonérée de l’obligation d’indemniser la victime qu’en rapportant, à son tour, la preuve soit que cet ouvrage faisait l’objet d’un entretien normal, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.


En ce qui concerne la responsabilité de la commune de Biarritz :

En l’espèce, la fille A... et Mme E..., s’est engagée au volant du véhicule de ses parents au croisement de l’avenue Edouard VII et de la place George Clémenceau le 3 juillet 2023 vers 17 h 00 et a percuté une des deux bornes escamotables situées au milieu de la chaussée, qu’elle déclare ne pas avoir pu éviter en l’absence de signalisation adaptée permettant son anticipation. Il résulte de l’instruction qu’à la date de l’accident, l’accès à la place Georges Clémenceau était fermé à la circulation entre 13 h 00 et 2 h 30 et que la présence des bornes escamotables marquant l’entrée de cette zone était signalée par un panneau. Il résulte également de l’instruction, notamment des photographies produites, que la borne escamotable qui a provoqué les dommages au véhicule A... et Mme E... se situe à une intersection et n’est parfaitement visible qu’une fois engagé dans ce croisement, sa présence n’étant signalée que par un unique panneau implanté au niveau de la borne, devant un passage piéton, et partiellement obstrué par un feu de signalisation ce qui, en l’absence notamment d’autres éléments de signalisation adaptée, tels que des éléments visuels distinctifs, d’autres panneaux d’avertissement placés en amont ou des éléments de signalisation routière, en particulier un panneau d’interdiction de tourner, rend difficile l’anticipation de cette borne escamotable. Ainsi, le dispositif de signalisation existant n’était pas suffisant au regard de la configuration de la chaussée et n’était donc pas approprié à la nature du danger que représentait cette borne temporaire, son installation récente à la date de l’accident imposant une signalisation d’autant plus visible et adaptée qu’elle était susceptible de surprendre les conducteurs en modifiant leurs habitudes de circulation, circonstance révélée par la survenue d’un second accident quelques minutes après celui de la fille des requérants. Les dommages dont M. et Mme E... ont été victimes sont donc, dans les circonstances particulières de l’espèce, imputables à un défaut signalisation adéquat de la borne escamotable. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la commune en défense, la matérialité et les circonstances de cet accident sont suffisamment établies par l’attestation de deux témoins directs et les documents photographiques produits par les requérants. M. et Mme E... doivent, par conséquent, être regardés comme apportant la preuve du lien de causalité entre l’insuffisance de signalisation de la voirie publique, dont leur fille conduisant leur véhicule était usagère, et le dommage causé à leur véhicule.

Pour s’exonérer de sa responsabilité, la commune de Biarritz soutient que la borne escamotable était signalée de manière adéquate et était déjà relevée au moment où Mme F... E... s’est engagée, de sorte que l’incident résulte de l’imprudence de la victime. Il résulte de l’instruction que la borne escamotable litigieuse était relevée lors de l’accident, qui a eu lieu en pleine journée et par beau temps à l’entrée d’une zone de rencontre limitée à 20 km/h, circonstance qui devait, par elle-même, appeler à la vigilance des automobilistes. Dans ces conditions, en s’engageant sur une voie, en pleine journée, sans observer les règles élémentaires de prudence de tout conducteur normalement attentif, la fille A... et Mme E... a contribué en partie à la réalisation du dommage, cette faute de la victime exonérant pour moitié la commune de sa propre responsabilité.

Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Biarritz doit être condamnée à indemniser M. et Mme E... du préjudice matériel causé par le défaut de signalisation adéquate de la borne escamotable située au croisement de l’avenue Edouard VII et de la place Georges Clémenceau, à hauteur de 50 % de son montant.


En ce qui concerne les préjudices :

M. et Mme E... demandent à être indemnisés de leur préjudice matériel à hauteur d’une somme de 8 000 euros au titre des dommages causés à leur véhicule. Il résulte de l’instruction, notamment du rapport établi par l’expert d’assurance, qui n’est pas sérieusement contesté par la commune en défense, que leur véhicule, dont la première mise en circulation date du 6 novembre 2018, est techniquement réparable, les dommages étant estimés à 14 047,99 euros, pour une valeur de remplacement « à dire d’expert du véhicule avant sinistre » (V.R.A.D.E.) de 8 000 euros, de sorte que le véhicule est classé comme étant économiquement non réparable. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent solliciter une somme qui excéderait la valeur vénale du véhicule tel qu’il était en état juste avant la survenance du dommage. Par suite, il sera fait une exacte appréciation du préjudice matériel des requérants en leur allouant la somme de 8 000 euros. Il y a lieu, après application du taux d’exonération retenu au point précédent, de condamner la commune de Biarritz à leur verser la somme de 4 000 euros en réparation de leur préjudice matériel.


Sur les frais de l’instance :

Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Biarritz, partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme E... au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge A... et Mme E... la somme que la commune de Biarritz demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.


D E C I D E :


Article 1er : La commune de Biarritz est condamnée à verser à M. et Mme E... la somme de 4 000 euros (quatre mille euros) en réparation des préjudices subis.

Article 2 : La commune de Biarritz versera à M. et Mme E... la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Biarritz sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme E... et à la commune de Biarritz.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2026.


La magistrate désignée,
F. MADELAIGUE
La greffière,
M. C...


La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509363

Le Conseil d’État refuse d’admettre le pourvoi de M. B... contre l’ordonnance rejetant sa demande d’hébergement d’urgence et d’allocation pour demandeur d’asile. Le moyen unique de dénaturation, tiré de l’absence d’urgence particulière, est jugé insuffisant pour permettre l’admission. Cette décision confirme le rejet de la requête en référé-liberté.

09/04/2026

← Retour aux décisions