mercredi 27 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2400732 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ONDONGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 juillet 2023, transmise au tribunal administratif de Pau par une ordonnance de renvoi de la magistrate désignée du tribunal administratif de Poitiers du 19 mars 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 25 mars 2024, M. E C A, représenté par Me Sopena, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2023 par lequel le préfet de la Vienne l'a obligé à quitter le territoire français avec un délai de départ volontaire et a fixé le pays de renvoi ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Sopena en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, le préfet de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 26 mars 2024 à 9 heures 30, en présence de Mme Yniesta, greffière d'audience :
- le rapport de Mme D ;
- les observations de Me Sopena, représentant M. C A, présent, qui conclut aux mêmes fins, précise qu'elle n'entend contester que les décisions portant obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire et fixation du pays de renvoi en tant qu'elles portent atteinte à la vie privée et familiale de M. C A et ajoute en outre que si le requérant venait à être libéré, il habiterait au domicile de son épouse, l'attestation d'hébergement versée au dossier ayant été rédigée par la fille de son épouse pour convenance.
Le préfet de la Vienne n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E C A, de nationalité algérienne, né le 6 octobre 1979 à Ouled Fares en Algérie, est entré irrégulièrement en France en novembre 2018 selon ses déclarations. Par un courrier adressé par son conseil à la préfecture de la Vienne en date du 10 décembre 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " salarié ". En l'absence de réponse de l'administration, une décision implicite de rejet est née le 10 avril 2023. Son conseil a dès lors adressé à la préfecture, par un courrier du 17 mai 2023, une demande de communication de motifs de la décision implicite de rejet. Par un arrêté du 15 juin 2023, le préfet de la Vienne a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour et d'un visa de longue durée, a refusé son admission exceptionnelle au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par une ordonnance prise en cours d'instance, le 17 mars 2024, le préfet de la Vienne a placé l'intéressé en rétention administrative pour une durée de quarante-huit heures. Par la présente requête, M. C A demande l'annulation de l'arrêté du 15 juin 2023.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. C A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
5. En l'espèce, M. C A soutient qu'il est entré en France en novembre 2018 sans toutefois, pouvoir l'établir et ne conteste pas y être entré irrégulièrement et s'y être maintenu en situation irrégulière malgré une précédente mesure d'obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, adoptée le 16 novembre 2022 dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Poitiers dans une décision n°2300506 du 28 septembre 2023. Si l'intéressé fait valoir, sans pour autant l'établir, qu'il vivait en concubinage depuis 2019 avec Mme B F, ressortissante française, devenue son épouse depuis le 12 juin 2021, soit un peu plus de deux ans avant l'édiction de la décision attaquée, il n'établit pas, par les pièces qu'il produit, d'une communauté de vie antérieure. Au demeurant, leur mariage présente un caractère instable ainsi qu'il ressort de la main courante déposée par son épouse auprès des services de gendarmerie à la suite d'actes de violence commis à son égard par M. C A. En outre, en produisant une attestation de bénévolat au sein de l'association Agora Poitiers datée du 24 mars 2024 et de suivi de cours de français ainsi que des attestations de témoins, le requérant ne justifie pas de liens personnels suffisamment anciens et durables de nature à faire obstacle à l'obligation de quitter le territoire français en litige. Par ailleurs, l'intéressé soutient être intégré professionnellement. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que M. C A a travaillé à temps partiel pour la société Elior services propreté et santé entre le 9 mars 2022 et le 25 novembre 2022. Si le requérant se prévaut d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée et du dépôt d'une demande d'autorisation de travail pour un poste d'ouvrier forestier datée du 25 mars 2024, il ne justifie pas d'une insertion professionnelle d'une particulière intensité en France. Enfin, M. C A n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 39 ans. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que cette décision serait entachée de violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. C A tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Vienne du 15 juin 2023 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français avec délai et fixation du pays de renvoi doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions tendant à l'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. C A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. E C A, au préfet de la Vienne et à Me Sopena.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. DLa greffière,
Signé
S. YNIESTA
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
N°2400732
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026