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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2503936

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2503936

mercredi 18 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2503936
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Pau rejette une requête en excès de pouvoir visant le classement sans suite d'une demande de naturalisation. Le requérant demandait au juge d'ordonner la poursuite de l'instruction de son dossier, ce qui constitue une injonction à l'administration. Le tribunal rappelle que, hors les cas prévus par la loi (comme l'article L. 911-1 du code de justice administrative), le juge administratif ne peut adresser d'injonctions à titre principal et ne peut se substituer à l'administration. La requête est donc jugée irrecevable et rejetée en application des articles R. 222-1 (4° et 7°) du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 décembre 2025, M. B... A... saisit le tribunal d’un litige relatif au classement sans suite de sa demande de naturalisation et demande au tribunal de « demander la poursuite de l’instruction » de son dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / (…) ».

Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ». Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ». Aux termes de l’article L. 911-1 du même code : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution (…) ».

Il résulte de ces dispositions qu’il n’appartient pas à la juridiction administrative d’accueillir des conclusions tendant à d’autres fins que l’annulation d’une décision administrative identifiée et produite ou à la condamnation d’une personne publique à verser une somme d’argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d’administrateur ni se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré. De même, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l’espèce, notamment celles de l’article L. 911-1 du code de justice administrative, ou sauf s’il s’agit d’assurer l’exécution de ses propres décisions, la juridiction administrative ne peut adresser des injonctions à l’administration.

En soutenant que le préfet de la Gironde a clôturé son dossier de demande de naturalisation au motif qu’il n’avait pas transmis les documents sollicités alors qu’il avait téléversé l’attestation de domicile dans son espace ANEF et avait averti de ses difficultés pour téléverser le bordereau de situation fiscale, et en demandant au tribunal de « répondre favorablement à [sa] requête en demandant la poursuite de l’instruction de [son] dossier », M. A... doit être regardé comme demandant au tribunal d’enjoindre au préfet de la Gironde de rouvrir et réexaminer sa demande de naturalisation. Toutefois, en dehors des hypothèses prévues aux articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative, dont ne relève pas la présente requête, il n’appartient pas au juge administratif d’adresser des injonctions, à titre principal, à l’administration. Par ailleurs, à supposer que M. A... ait entendu solliciter l’annulation du courrier du 7 novembre 2025 l’informant du classement sans suite de sa demande de naturalisation, il ne développe que des moyens inopérants à l’appui de sa demande. Dans ces conditions, la requête de M. A... est irrecevable et doit, par suite, être rejetée en application des dispositions des 4° et 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Pau, 18 mars 2026.

La présidente de la 1ère chambre,



F. MADELAIGUE

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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