jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-1901860 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CEREJA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 mars 2019, le 17 février 2020, le 25 février 2022 et le 2 novembre 2022, M. et Mme C doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Kaysersberg Vignoble a procédé à la division de la parcelle communale S7 P378/0010 Leischweg en quatre parcelles distinctes ;
2°) de condamner la commune de Kaysersberg Vignoble à leur verser la somme de 5 000 euros au titre de frais du litige et en raison des diffamations, dénigrements et préjudices moraux subis.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- la décision en litige est illégale en l'absence d'information et de délibération du Conseil municipal ;
- elle est entachée d'incompétence de son auteur ;
- le maire a commis une erreur d'interprétation des jugements rendus par le tribunal de grande instance en partageant la parcelle 378 en quatre parcelles dans le but d'en attribuer le bénéfice exclusif à certains riverains, au mépris de l'intérêt général de la population pour la conservation du domaine patrimonial de la commune ; seules les portions de la parcelle situées dans le prolongement des habitations de trois de ces riverains sont concernées par la prescription acquisitive trentenaire ;
- la décision en litige est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2019, la commune de Kaysersberg Vignoble, représentée par Me Cereja, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme et M. C la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir :
- à titre principal, que la requête est irrecevable ; contrairement aux affirmations des requérants, le maire n'a pas cédé de parcelle communale à des personnes privées mais n'a fait que prendre acte de la décision du juge judiciaire, revêtue de l'autorité de la chose jugée, concernant la prescription acquisitive au profit des voisins des requérants ; aucune décision susceptible de recours n'est intervenue ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés de l'irrecevabilité de la requête en l'absence d'intérêt à agir
et de l'irrecevabilité des moyens nouveaux et conclusions nouvelles soulevés et
présentées après expiration du délai de recours contentieux.
En application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été fixée au 16 février 2023 par une ordonnance du même jour.
La procédure a été communiquée à Mme et M. E, M. D, Mme et M. A, Mme et M. B, en qualité de riverains de l'ancienne parcelle 378, qui n'ont pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva,
- les conclusions de M. Gros, rapporteur public,
- et les observations de Mme et M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C sont propriétaires de la parcelle n° 49 dans la commune de Kaysersberg Vignoble. Leur propriété jouxte une partie de la parcelle anciennement numérotée n° 378. Cette parcelle s'étendait le long des berges de la rivière Weiss derrière leur propriété et derrière celles d'autres riverains : M. D (parcelle n° 188), Mme et M. A (parcelle n° 189) et Mme et M. E (parcelle n° 191). M. et Mme C demandent d'annuler la décision de " mutation ", révélée par la consultation du livre foncier du 5 mars 2019, de cette parcelle n° 378 en quatre parcelles distinctes nos 479, 480, 481 et 482.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation :
2. M. et Mme C doivent être regardés comme demandant l'annulation de la décision de diviser la parcelle n° 378, appartenant au domaine privé de la commune, en quatre parcelles distinctes, en tant que cette décision révèlerait l'intention du maire d'attribuer le bénéfice exclusif des nouvelles parcelles ainsi créées à quatre riverains. Pour démontrer leur intérêt à agir, les requérants se prévalent de leur qualité d'habitants de la commune et indiquent agir dans l'intérêt général de la population pour la conservation du domaine patrimonial de la commune. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que, à la date d'introduction de la requête ou en cours d'instance, la commune de Kaysersberg Vignoble aurait cessé d'être propriétaire des parcelles nouvellement créées. Il en résulte, d'une part, que M. et Mme C n'ont pas intérêt à agir contre la décision se bornant à diviser la parcelle n° 378, qui est un acte dépourvu d'incidence sur la qualité de propriétaire détenue par la commune. D'autre part, si M. et Mme C semblent contester la décision du maire de procéder au transfert de propriété de ces terrains au seul bénéfice de certains habitants, ils n'apportent pas la preuve qui leur incombe de l'existence d'une telle décision et d'un transfert effectif de propriété. Dans ces conditions, en l'absence d'intérêt à agir contre la décision prononçant la division de la parcelle et en l'absence de preuve de l'existence d'une décision par laquelle la commune aurait renoncé à sa qualité de propriétaire des parcelles en litige, les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables et doivent être rejetées pour ce motif.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. En se bornant à soutenir qu'ils auraient été victimes de diffamation, de dénigrement et de préjudices moraux, M. et Mme C n'établissent ni la réalité du préjudice allégué ni l'existence d'une faute imputable à la commune dont il demande la condamnation. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité des conclusions indemnitaires, celles-ci ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par les parties sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Kaysersberg Vignoble au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme C et à la commune de Kaysersberg Vignoble.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La rapporteure,
S. JORDAN-SELVA
La présidente,
A. DULMETLa greffière,
C. LAMOOT
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026