jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-1906973 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL COSSALTER, DE ZOLT & COURONNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement le 10 septembre 2019 et les 6 et 15 février 2022, M. B C doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 589, bordereau 76, d'un montant de 45 euros, émis le 28 juin 2019 par le syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 45 euros ;
3°) de condamner le syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange à lui verser une somme de 100 euros en réparation du préjudice subi du fait de la situation d'insécurité juridique dans laquelle il a été placé ;
4°) de mettre à la charge du syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange une somme qu'il indiquera au tribunal au terme de l'instruction, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable, dès lors qu'en application des dispositions du 5° de l'article R. 431-3 du code de justice administrative, il n'était pas tenu de faire présenter sa requête par un avocat ;
- le dysfonctionnement du logiciel de facturation qui a empêché l'encaissement du chèque qu'il a établi le 26 mars 2016 est constitutif d'une faute commise par " Régivision ", régie du syndicat intercommunal à vocations multiples (SIVOM) d'Algrange et Nilvange ;
- le SIVOM d'Algrange et Nilvange s'est livré à la production et à l'utilisation d'un faux document en émettant, en juin 2019, une seconde facture d'un montant de somme de 45 euros, alors que la créance s'était éteinte le 29 mars 2016 ainsi qu'en atteste le récépissé de règlement de la facture initiale qui lui a été remis ;
- la créance née de la facture du 29 mars 2016 est prescrite ;
- le titre exécutoire en litige a été émis sans cause réelle et sérieuse, dès lors qu'il n'a fait l'acquisition d'aucun adaptateur le 26 juin 2019 ;
- le SIVOM d'Algrange et Nilvange a fait preuve d'inertie et de négligence fautive en attendant plus de trois années avant de l'informer de ce dysfonctionnement ;
- il a subi un préjudice en raison de ces agissements qui ont porté atteinte au principe de sécurité juridique, au principe démocratique et au principe de confiance légitime et qui l'ont plongé dans une profonde détresse morale et psychologique, qu'il convient de réparer par la condamnation du SIVOM d'Algrange et Nilvange à lui verser des dommages et intérêts pour un montant de 100 euros.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 25 janvier et 14 février 2022, le syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange, représenté par la SELARL Cossalter, De Zolt et Couronne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. C en application des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle n'est pas présentée par un avocat, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-2 du code de justice administrative ;
- les conclusions tendant à l'indemnisation d'un préjudice subi par le requérant, qui n'ont pas été précédées d'une demande préalable en vue de lier le contentieux, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, sont irrecevables ;
- en tout état de cause, M. C ne conteste pas l'existence de la créance qui lui est réclamée ;
- la négligence du comptable public n'est pas constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration ;
- M. C n'établit pas avoir subi un préjudice du fait de cette négligence ;
- le titre exécutoire en litige ne porte pas atteinte au principe de sécurité juridique, dès lors qu'il a été émis avant l'expiration du délai de prescription quinquennale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D A,
- les conclusions de Mme Sandra Bauer, rapporteure publique,
- les observations de M. C.
Considérant ce qui suit :
Sur la fin de non-recevoir opposée par le syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange, en ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
1. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ".
2. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle.
3. Il ne résulte pas de l'instruction que M. C a formé auprès du syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange une demande tendant à l'indemnisation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait des agissements de cette personne publique. Dès lors, en l'absence de décision de l'administration sur une telle demande à la date du présent jugement, le syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange est fondé à soutenir que les conclusions indemnitaires de M. C doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur la prescription de la créance réclamée :
4. Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ".
5. Il résulte de l'instruction que, le 29 mars 2016, M. C a acquis un adaptateur numérique en vue d'accéder à la télévision numérique terrestre, auprès de " Régivision ", régie intercommunale du syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange et assurant l'exploitation du réseau câblé de télédistribution appartenant à ce syndicat. Cette date d'exigibilité constitue le point de départ de la prescription quinquennale prévue par les dispositions de l'article 2224 du code civil. Ce délai de prescription expirant le 29 mars 2021, la créance réclamée le 28 juin 2019, date d'émission du titre exécutoire en litige, n'était dès lors pas prescrite.
Sur le bien-fondé de la créance :
6. Il résulte de l'instruction que M. C a, en vue de régler la facture correspondant à l'achat de l'adaptateur numérique, remis le 29 mars 2016 au syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange un chèque d'un montant de 45 euros. Il est toutefois constant que ce chèque n'a pas été encaissé et lui a été retourné, au motif que, compte tenu de sa date d'établissement, la date limite d'encaissement était dépassée. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que M. C se serait acquitté, par un autre moyen de paiement, de la somme de 45 euros, alors qu'il dispose de l'adaptateur depuis le 29 mars 2016. Dès lors, pour regrettable que soit le dysfonctionnement dont se prévaut le syndicat intercommunal pour justifier l'absence d'encaissement de ce chèque, M. C ne saurait sérieusement soutenir que la somme de 45 euros qui lui est réclamée par le titre exécutoire émis le 28 juin 2019 constituerait une créance indue.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir tenant à l'absence de présentation de la requête par un avocat, que les conclusions de M. C tendant à l'annulation du titre exécutoire émis à son encontre le 28 juin 2019 et à la décharge de l'obligation de payer la somme de 45 euros doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. C une somme de 100 euros au titre des frais exposés par le syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera au syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange une somme de 100 (cent) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au syndicat intercommunal à vocations multiples d'Algrange et Nilvange et au directeur départemental des finances publiques de la Moselle.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bonifacj, présidente,
M. Therre, premier conseiller,
Mme Brodier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
A. A
La présidente,
J. Bonifacj
La greffière,
N. Adjacent
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026