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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2001790

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2001790

mardi 13 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2001790
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantSCP IOCHUM & GUISO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement avant dire droit du 13 juillet 2021, le tribunal a ordonné la tenue d'une expertise médicale aux fins, d'abord, de déterminer, à la date de révision quinquennale du droit à allocation de Mme A, le taux d'invalidité permanente partielle (IPP) imputable à l'accident du 7 juillet 2011 en tenant compte de l'amplitude fonctionnelle de son épaule droite, ensuite, de préciser si la pathologie affectant le rachis cervical de l'intéressée est également imputable à l'accident du 7 juillet 2011 ou si elle provient d'une cause extérieure, enfin, de déterminer le taux d'IPP imputable à cette pathologie du rachis cervical.

L'expert a rendu son rapport le 2 décembre 2021 et l'a produit aux débats le 12 avril 2022.

Par des mémoires, enregistrés les 22 avril 2022 et 3 mai 2022, Mme B A, représentée par la SCP Iochum et Guiso, conclut à l'annulation de la décision par laquelle le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations lui a supprimé le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité pour accident de service, ensemble la décision du 13 janvier 2020 portant rejet de son recours gracieux.

Elle soutient que les décisions en litige sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.

La Caisse des dépôts et consignations n'a pas produit de mémoire postérieurement au dépôt du rapport d'expertise.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;

- le décret n° 2001-99 du 31 janvier 2001 portant modification du décret n° 68-756 du 13 août 1968 pris pour l'application de l'article L. 28 (3e alinéa) du code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le décret n°2005-442 du 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement avant dire droit du 13 juillet 2021, le tribunal a ordonné la réalisation d'une expertise avec pour mission de déterminer, à la date de révision quinquennale du droit à allocation de Mme A, soit le 18 octobre 2018, le taux d'IPP imputable à l'accident du 7 juillet 2011. Le rapport d'expertise a été enregistré le 12 avril 2022. Par sa requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du directeur général de la Caisse des dépôts et consignations ainsi que la décision rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 80 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Les établissements mentionnés à l'article 2 ci-dessus sont tenus d'allouer aux fonctionnaires qui ont été atteints d'une invalidité résultant d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'au moins 10 p. 100 ou d'une maladie professionnelle, une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec leur traitement dans les mêmes conditions que les fonctionnaires de l'Etat. / Les conditions d'attribution ainsi que les modalités de concession, de liquidation, de paiement et de révision de l'allocation temporaire d'invalidité sont fixées par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article 2 du décret susvisé du 2 mai 2005 : " L'allocation est attribuée aux fonctionnaires maintenus en activité qui justifient d'une invalidité permanente résultant : / a) Soit d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'un taux au moins égal à 10 % ; (). ". Le second alinéa de l'article 5 du même décret dispose que : " Dans le cas d'aggravation d'infirmités préexistantes, le taux d'invalidité à prendre en considération est apprécié par rapport à la validité restante du fonctionnaire. ".

3. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du rapport d'expertise du 2 décembre 2021, qu'à la date de la révision quinquennale du droit à allocation de Mme A, le taux d'IPP global de l'intéressée était de 6%, réparti entre 5% directement imputables à l'accident initial du 7 juillet 2011 et 1% imputable à une rechute intervenue le 27 janvier 2020. Ce taux a été évalué par l'expert en tenant compte de l'amplitude fonctionnelle de l'épaule droite de l'agent. Il ressort également des pièces du dossier que Mme A ne présente pas de pathologie distincte du rachis cervical mais uniquement des contractures du chef supérieur du trapèze ainsi que des fixateurs de l'omoplate, lesquels constituent des irradiations de la pathologie douloureuse de son épaule droite.

4. En premier lieu, la requérante soutient que les données relatives à la mobilité de son épaule constatée par l'expertise du 2 décembre 2021 sont similaires à celles relevées par l'expertise du 7 novembre 2013, diligentée par le centre hospitalier de Jury, qui avait pourtant retenu un taux d'IPP de 15%. Il est néanmoins constant que l'expertise du 7 novembre 2013 est intervenue à la date de consolidation de l'état de santé de Mme A alors que l'expertise du 2 décembre 2021 a été réalisée à la date de révision de son droit à allocation, et que la situation de la requérante a pu évoluer dans l'intervalle. En tout état de cause, l'expert désigné par le tribunal n'était pas lié par l'appréciation portée par l'expertise du 7 novembre 2013 pour déterminer le taux d'IPP de l'intéressée.

5. En deuxième lieu, Mme A fait valoir que le taux d'IPP retenu par l'expertise du 2 décembre 2021 est contraire au barème du concours médical, au barème indicatif d'invalidité annexé au code de la sécurité sociale et au barème annexé au décret susvisé du 31 janvier 2001. Toutefois, l'expert désigné par le tribunal n'était pas lié par le barème du concours médical qui, au demeurant, ne prévoit qu'un taux maximal de 10% d'IPP pour les antépulsions de l'épaule comprises entre 130 et 180 degrés. Ensuite, la requérante ne saurait utilement se prévaloir du barème indicatif d'invalidité pris pour l'application de l'article R. 434-32 du code de la sécurité sociale qui n'est applicable qu'aux accidents du travail subis par les salariés de droit privé. Enfin, Mme A ne peut davantage se prévaloir du barème indicatif prévu à l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite, tel qu'il résulte du décret susvisé du 31 janvier 2001, qui n'a qu'une valeur indicative.

6. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient Mme A, l'expertise du 2 décembre 2021 pouvait régulièrement exclure du taux d'IPP retenu, la part de gêne dans les mouvements de l'épaule droite imputable à un phénomène d'inhibition antalgique propre à l'intéressée et qui est, par nature, subjectif et surmontable.

7. Il résulte de ce qui précède que le taux d'IPP de Mme A doit être fixé, à la date de la révision quinquennale de son droit à allocation, à hauteur de 6%. Dès lors, en application des dispositions citées au point 2 du présent jugement, la Caisse des dépôts et consignations pouvait légalement refuser de donner son accord pour l'attribution d'une allocation temporaire d'invalidité. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation susvisées doivent être rejetées.

Sur les dépens de l'instance :

8. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 750 euros par une ordonnance du 16 mai 2022 du juge des référés du tribunal, à la charge définitive de Mme A.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les frais d'expertises, taxés et liquidés à la somme de 750 euros (sept cent cinquante euros) par une ordonnance du 16 mai 2022 du juge des référés du tribunal sont mis à la charge de Mme A.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la Caisse des dépôts et consignations. Copie en sera adressée à l'expert requis.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Carrier, président,

M. Duez-Gündel, conseiller

Mme Klipfel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.

Le rapporteur,

C. C

Le président,

C. CARRIER

Le greffier,

P. HAAG

La République mande et ordonne au ministre chargé des comptes publics ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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