mardi 27 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2002372 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI MOLINA ET ASSOCIÉS |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 26 mars 2020 sous le numéro 2002372, Mme A C, représentée par la SELARL Grimaldi Molina et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 octobre 2019 par laquelle la directrice du groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace (GHRMSA) a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 9 février 2019 dont elle a été victime, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au GHRMSA de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident et de prendre en charge les soins y afférents à compter du 12 mars 2019, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du GHRMSA une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le médecin du travail n'a pas été informé de la réunion de la commission de réforme ;
- il n'a pas remis de rapport écrit à la commission de réforme ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard au lien entre l'accident du 9 février 2019 et le service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, le groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge de Mme C d'une somme de 300 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 novembre 2022.
Par une lettre du 23 novembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 3 octobre 2019 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par la requérante, en application de l'arrêt CE, 15 octobre 2018, n° 414375, dès lors que la décision du 3 octobre 2019 a été retirée pour être remplacée par une décision ayant la même portée.
II. Par une requête, enregistrée le 6 mai 2021 sous le numéro 2103215, Mme A C, représentée par la SELARL Grimaldi Molina et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 mars 2021 par laquelle la directrice du GHRMSA a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 9 février 2019 ;
2°) d'enjoindre au GHRMSA de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident et de prendre en charge les soins y afférents à compter du 12 mars 2019, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du GHRMSA une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le médecin du travail n'a pas été informé de la réunion de la commission de réforme ;
- il n'a pas remis de rapport écrit à la commission de réforme ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard au lien entre l'accident du 9 février 2019 et le service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2021, le groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge de Mme C d'une somme de 300 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 décembre 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n°88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2002372 et 2103215 concernent la situation d'un même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a dès lors lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
2. Mme C exerce les fonctions d'aide-soignante titulaire au sein du GHRMSA. Elle est affectée à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) de Thann. Le 15 mars 2019, elle a déclaré un accident dont elle a été victime le 9 février 2019 en aidant un résident à se relever d'une chute. Elle a été placée en arrêt de travail du 12 mars au 27 octobre 2019. Par une décision du 3 octobre 2019, la directrice du GHRMSA a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident. Par une lettre du 26 novembre 2019, Mme C a formé un recours gracieux contre cette décision. Du silence gardé par la directrice du GHRMSA est née une décision implicite de rejet. Par deux décisions du 9 mars 2021, la directrice du GHRMSA a, d'une part, retiré la décision du 3 octobre 2019 et, d'autre part, refusé de nouveau de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 9 février 2019. Par un première requête, Mme C demande au tribunal d'annuler la décision initiale du 3 octobre 2019, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux contre cette décision. Par une seconde requête, Mme C sollicite l'annulation de la décision du 9 mars 2021 refusant de nouveau de reconnaître l'imputabilité au service de son accident.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 3 octobre 2019 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux :
3. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque que le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 9 mars 2021, postérieure à l'enregistrement de la première requête, la directrice du GHRMSA a retiré la décision du 3 octobre 2019 par laquelle elle avait refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré par Mme C. Le retrait de la décision du 3 octobre 2019 ayant acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à son annulation ainsi que, par voie de conséquence, sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite rejetant le recours gracieux formé par l'intéressée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 mars 2021 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 9 du décret susvisé du 19 avril 1988, dans sa version applicable au litige : " Le médecin du travail attaché à l'établissement auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical ou à la commission départementale de réforme prévue par le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir, s'il le demande, communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à la réunion. Il remet un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 23,32 et 35-7. / Le fonctionnaire intéressé et l'autorité compétente de l'établissement peuvent faire entendre le médecin de leur choix par le comité médical et la commission de réforme. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 15 de l'arrêté susvisé du 4 août 2004 : " Le secrétariat de la commission informe le médecin du service de médecine professionnelle et préventive, pour la fonction publique territoriale, le médecin du travail, pour la fonction publique hospitalière, compétent à l'égard du service auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis à la commission. Lorsque la commission statue sur le cas d'un sapeur-pompier professionnel, son secrétariat informe le médecin de sapeurs-pompiers désigné par le préfet sur proposition du directeur départemental des services d'incendie et de secours. Ces médecins peuvent obtenir, s'ils le demandent, communication du dossier de l'intéressé. Ils peuvent présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion de la commission. Ils remettent obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus au premier alinéa des articles 21 et 23 ci-dessous. ". En outre, le premier alinéa de l'article 21 du même arrêté dispose que : " La commission de réforme donne son avis sur l'imputabilité au service ou à l'un des actes de dévouement prévus aux articles 31 et 36 du décret du 26 décembre 2003 susvisé de l'infirmité pouvant donner droit aux différents avantages énumérés à l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisé et aux articles 41 et 41-1 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. ". Enfin, aux termes de l'article 41 de la loi susvisée du 9 janvier 1986, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / 1° A un congé annuel avec traitement dont la durée est fixée par décret en Conseil d'Etat. / Les fonctionnaires qui exercent leurs fonctions sur le territoire européen de la France et dont le lieu de résidence habituelle est situé dans les départements d'outre-mer bénéficient des congés bonifiés dans les conditions prévues pour les fonctionnaires de l'Etat se trouvant dans la même situation. / Les fonctionnaires originaires des départements de la Haute-Corse et de la Corse-du-Sud ou des territoires d'outre-mer peuvent bénéficier, sur leur demande, d'un cumul sur deux années de leurs congés annuels pour se rendre dans leur département ou territoire d'origine ; / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 42. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite , à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. (). ".
6. Si Mme C ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance des articles 18 et 26 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, qui n'est pas applicable aux agents de la fonction publique hospitalière, elle doit cependant être regardée comme invoquant les dispositions similaires de l'article 9 du décret du 19 avril 1988 et des articles 15 et 21 de l'arrêté du 4 août 2004 citées au point précédent.
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le médecin du travail a été informé, en application de ces dispositions, de la tenue de la séance de la commission de réforme du 24 septembre 2020 par un courriel du 3 septembre 2020. Il s'ensuit que le vice de procédure invoqué tiré du défaut d'information du médecin du travail de la tenue de la réunion de la commission de réforme ne peut qu'être écarté.
8. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
9. Le premier alinéa de l'article 21 de l'arrêté du 4 août 2004 renvoie notamment au cas où la commission de réforme donne son avis sur l'imputabilité au service d'une infirmité pouvant donner droit aux différents avantages énumérés à l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, c'est à dire sur l'imputabilité au service de toute pathologie invalidante, physique ou psychologique, mettant l'agent en incapacité de travailler. Il en résulte que lorsque la commission de réforme a rendu son avis sur l'imputabilité au service de la sciatalgie et de la hernie discale dont souffrait Mme C, le médecin du travail devait remettre un rapport écrit. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que le médecin du travail aurait remis un rapport préalablement aux avis rendus par la commission de réforme les 26 septembre 2019 et 24 septembre 2020. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la commission de réforme a rendu, à deux reprises, un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident déclaré par Mme C. L'irrégularité de procédure susmentionnée n'a ainsi pas été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise par la directrice du GHRMSA. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que cette décision se fonde sur un motif indépendant de toute considération médicale et sans lien avec les conditions de travail de l'intéressée, tiré de l'absence d'accident survenu sur le lieu et dans le temps du service. Dans ces circonstances particulières, l'absence de remise d'un rapport écrit par le médecin du travail auprès de la commission de réforme n'a pas davantage privé la requérante d'une garantie. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie doit ainsi être écarté.
10. En deuxième lieu, la décision du 9 mars 2021 comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de sa motivation insuffisante ne peut par suite qu'être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version en vigueur jusqu'au 1er mars 2022 : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / () / IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. (). ".
12. L'application de ces dispositions résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 était manifestement impossible en l'absence d'un texte réglementaire fixant, notamment, les conditions de procédure applicables à l'octroi de ce nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. Les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ne sont donc entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique hospitalière, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 16 mai 2020, du décret du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière, décret par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue, sous forme de décret en Conseil d'Etat, par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017. Il en résulte que les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 sont demeurées applicables jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 13 mai 2020.
13. Les droits des agents publics en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie diagnostiquée.
14. Il ressort des pièces du dossier que Mme C souffre d'une sciatalgie diagnostiquée le 12 mars 2019 et d'une hernie discale L5-S1 qui été diagnostiquée lors de radiographies effectuées le 18 mars 2019. Par suite, la situation de l'intéressée doit être regardée comme régie par les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017, aux termes desquelles : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. (). / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. (). ".
15. Par ailleurs, un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service.
16. En l'espèce, Mme C a déclaré avoir ressenti, le 9 février 2019 vers 22h30, sur le lieu et dans le temps de son service, une douleur dans le bas du dos en aidant à se relever un résident gisant au sol victime d'une chute. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la requérante a été incohérente sur la date exacte de survenance de l'accident. Elle a d'abord indiqué par téléphone à sa hiérarchie la date du 10 mars 2019, avant d'écrire celle du 5 mars 2019 sur la déclaration d'accident de service et de finalement corriger cette déclaration de manière manuscrite pour y inscrire la date du 9 février 2019. Il ressort par ailleurs de cette déclaration que les deux dates du 9 mars 2019 et du 9 février 2019 ont été inscrites dans l'espace destiné à renseigner si un tiers avait été informé de l'accident. Or, si l'agent qui a aidé la requérante, était, selon ses déclarations, effectivement en poste de nuit le 9 février 2019, tel n'était pas le cas le 9 mars 2019, ni au demeurant le 10 mars 2019. De surcroît, il ressort des pièces du dossier que Mme C, qui travaillait alors à l'EHPAD de Thann depuis seize ans, n'a ni renseigné la chute du résident qu'elle soutient avoir aidé dans le dossier de soins de ce dernier, ni rempli de feuille de déclaration de chute alors que ces pratiques étaient pourtant recommandées par l'établissement. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la requérante n'a consulté un médecin pour faire constater ses lésions et bénéficier d'un arrêt de travail que le 12 mars 2019, soit plus d'un mois après la date alléguée de l'accident. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, et eu égard notamment aux multiples incohérences qui entachent les déclarations de la requérante, il n'est pas établi que Mme C a effectivement été victime le 9 février 2019 d'un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice de ses fonctions. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise la directrice du GHRMSA en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 mars 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. Le présent jugement, qui constate le non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 3 octobre 2019 et de la décision implicite rejetant le recours gracieux formé contre cette décision, et rejette les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 mars 2021, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent dès lors être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
19. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
20. D'une part, les dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du GHRMSA, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
21. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C une somme au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 3 octobre 2019 de la directrice du GHRMSA et sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite rejetant le recours gracieux de Mme C.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2002372 est rejeté.
Article 3 : La requête n° 2103215 est rejetée.
Article 4 : Les conclusions présentées par le GHRMSA sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Duez-Gündel, conseiller
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2022.
Le rapporteur,
C. B
Le président,
C. CARRIER
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Nos 2002372 - 2103215
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026