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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2002447

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2002447

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2002447
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantDESCHILDRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 mars 2020 et le 12 avril 2021, Mme A D, représentée par Me Deschildre, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 février 2020 par laquelle le directeur de la direction interdépartementale des routes Est a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 236 392 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis ;

3°) d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale ;

4°) d'ordonner l'exécution provisoire de la décision à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- sa requête satisfait aux exigences posées par l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- la responsabilité de l'Etat doit être engagée pour faute au motif qu'il a failli à son obligation de sécurité de résultat, de sorte qu'elle est en droit d'obtenir la réparation intégrale de ses préjudices ;

- la décision litigieuse est insuffisamment motivée ;

- elle estime avoir subi un préjudice d'agrément évalué à la somme de 10 000 euros ;

- elle sollicite l'indemnisation de son pretium doloris à hauteur de 15 000 euros ;

- le préjudice lié à la perte de gains professionnels s'élève à la somme de 144 000 euros ;

- elle estime la perte de ses droits à la retraite à hauteur de 40 000 euros ;

- le préjudice résultant de la perte de chance d'évolution de sa carrière est évalué à 5 000 euros ;

- son préjudice d'anxiété se monte à 15 000 euros ;

- elle évalue son préjudice sexuel à 5 000 euros ;

- elle sollicite le remboursement de ses frais de santé non pris en charge à hauteur de 1 392 euros ;

- elle a été contrainte de prendre 13 jours de RTT ou de congés pour se rendre à ses rendez-vous médicaux et estime le préjudice subi de ce fait à la somme de 1 000 euros nets.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 juillet 2020 et le 11 mai 2021, le préfet de la Moselle conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et subsidiairement à son rejet et à ce que la requérante soit condamnée aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable faute de satisfaire aux exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés ;

- dans l'hypothèse où le tribunal ferait droit à la demande d'expertise médicale de la requérante, il ne fera pas droit à la demande de provision de celle-ci et la condamnera aux entiers frais d'expertise.

Par une ordonnance du 18 mai 2021, l'instruction a été rouverte et sa clôture a été fixée au 2 juin 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n°82-453 du 28 mai 1982 ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les conclusions de M. Gros, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D a été titularisée le 15 juin 2010 en qualité d'agent d'exploitation spécialisé des travaux publics de l'Etat. Affectée à la direction interdépartementale des routes Est au sein du centre d'entretien et d'intervention (CEI) de Rixheim, elle est devenue cheffe d'équipe. Par décision du 15 septembre 2016, le ministre de la transition écologique et solidaire a refusé de reconnaître l'imputation de la spirochétose au service déclarée le 5 octobre 2015. La requérante a formé le 27 septembre 2016 un recours gracieux. Par décision du 11 septembre 2018 prise à la suite d'un avis de la commission de réforme émis le 18 janvier 2018, la maladie dont est atteinte Mme D, inscrite au tableau n°19 des maladies professionnelles a été reconnue imputable au service. Le 7 novembre 2018, la requérante a été informée qu'une allocation temporaire d'invalidité lui est accordée sur la base d'un taux d'invalidité de 8% pour la période du 5 juillet 2017 au 4 mai 2022. Par courrier du 18 décembre 2019, réceptionnée le 20 décembre 2019, la requérante a formé une demande indemnitaire préalable pour obtenir la réparation des préjudices subis à hauteur de la somme de 236 392 euros. Cette demande a été rejetée par une décision du 14 février 2020 du directeur de la direction interdépartementale des routes Est. Par la présente requête Mme D demande la condamnation de l'Etat à lui verser cette somme.

Sur la fin de non-recevoir :

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. "

3. S'il est soutenu en défense que la requête ne comporte l'énoncé d'aucun moyen, il ressort toutefois des écritures de Mme D qu'elle fait valoir à l'appui de ses conclusions en indemnisation que la responsabilité de l'Etat qui aurait failli à son obligation de sécurité de résultat, doit être engagée pour faute et qu'en conséquence, elle est fondée à obtenir la réparation intégrale des préjudices allégués. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense ne peut qu'être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision rejetant la demande indemnitaire préalable :

4. La décision contestée a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de Mme D qui, en formulant les conclusions susmentionnées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressé à percevoir les sommes qu'il réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux, sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision contestée doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

5. Compte tenu des conditions posées à son octroi et de son mode de calcul, l'allocation temporaire d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions qui instituent ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font en revanche pas obstacle à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice. Elles ne font pas non plus obstacle à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :

6. Aux termes de l'article 23 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux fonctionnaires durant leur travail. ". Aux termes de l'article 2-1 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique : " Les chefs de service sont chargés, dans la limite de leurs attributions et dans le cadre des délégations qui leur sont consenties, de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " Dans les administrations et établissements mentionnés à l'article 1er, les règles applicables en matière de santé et de sécurité sont, sous réserve des dispositions du présent décret, celles définies aux livres Ier à V de la quatrième partie du code du travail et par les décrets pris pour leur application () ". Aux termes de l'article L. 4121-1 du code du travail : " L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent : 1° Des actions de prévention des risques professionnels y compris ceux mentionnés à l'article L. 4161-1 ; 2° Des actions d'information et de formation ; 3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés. L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes. ". Aux termes de l'article L. 4121-2 du même code : " L'employeur met en œuvre les mesures prévues à l'article L. 4121-1 sur le fondement des principes généraux de prévention suivants : 1° Eviter les risques ; 2° Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ; () 8° Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle ; 9° Donner les instructions appropriées aux travailleurs ". En vertu de ces dispositions, il appartient aux autorités administratives de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale de leurs agents.

7. Mme D qui a déclaré le 5 octobre 2015 la spirochétose comme maladie professionnelle sollicite la réparation intégrale de son dommage en soutenant que l'Etat aurait commis une faute en raison de la méconnaissance de son obligation de sécurité en ne prenant pas de mesures de prévention pour éviter qu'elle ne contracte la maladie de Lyme puis le cas échéant, pour éviter son apparition ou à tout le moins, permettre une prise en charge immédiate. Comme relevé par la requérante, il est vrai que l'administration ne produit aucune pièce antérieure à 2016 attestant qu'elle a dûment informé les agents d'exploitation des risques d'infection à la borréliose de Lyme et des moyens de s'en protéger et le cas échéant, de la conduite à adopter en cas de morsures, à l'exception du guide du port des équipements de protection individuel de la DIR-Est mis à jour le 5 août 2014 qui ne comportait pas de mention particulière quant à ce risque et conseillait le port de guêtres de protection. Toutefois, il résulte de l'instruction que ce n'est qu'en 2016 que l'Etat a mis en place un plan national de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmissibles par les tiques qui vise à développer les connaissances sur ces maladies afin d'améliorer les mesures de lutte et de prise en charge des patients, à mettre en œuvre des mesures immédiates et concrètes en matière de prévention, de diagnostic et de soins pour répondre aux besoins des malades et qui comprend cinq axes stratégiques. Au mois de mars 2017, la DIR-EST a édité une affiche à destination de ses agents pour les alerter du risque de contracter la maladie de Lyme en cas de piqûre de tique. Par ailleurs, au application du plan élaboré en 2016, la Haute Autorité de santé a élaboré, en juin 2018, une " recommandation de bonne pratique " fondée sur les données acquises de la science. Eu égard à l'état des connaissances scientifiques au mois d'avril 2015, date à laquelle Mme D indique avoir été mordue à plusieurs reprises par des tiques, et au lancement du plan de lutte nationale en 2016, il ne saurait, dans ces conditions, être reproché à l'employeur de la requérante d'être demeuré inactif avant 2016, alors qu'il résulte de l'instruction que la controverse sur l'existence même d'une forme chronique de la maladie de Lyme ou d'un syndrome persistant polymorphe après une piqûre de tique ainsi que sur la stratégie diagnostique et sur le recours à une antibiothérapie prolongée donnait lieu, en l'état des données acquises de la science, à des avis divergents. Par ailleurs et alors même que par une décision du

11 septembre 2018, la maladie dont souffre Mme D a été reconnue imputable au service, celle-ci produit des pièces attestant qu'à la période à laquelle elle a été mordue aux cuisses par des tiques, elle pratiquait nombre d'activités en montagne et en forêt, notamment des randonnées afin de se préparer à parcourir le GR20 en Corse. Dès lors, il ne résulte pas de l'instruction que le dommage subi par la requérante trouve son origine dans une faute imputable à l'administration. Par suite, en vertu des principes énoncés au point 5, Mme D est seulement fondée à demander la réparation des préjudices personnels ainsi que des préjudices patrimoniaux autres que les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par la maladie imputable au service.

En ce qui concerne la réparation des préjudices :

8. Il résulte de l'instruction, éclairée par les conclusions expertales du rapport du docteur B, neurologue, du 17 juillet 2018, établi à la demande de l'administration à la suite de l'avis favorable émis par la commission de réforme le 18 janvier 2018 quant à l'imputabilité au service de la maladie dont souffre Mme D, qu'elle présente des séquelles invalidantes correspondant à un taux d'incapacité permanente partielle de 8% consistant en des troubles de la sensibilité superficielle des membres inférieurs, des troubles fonctionnels vésicaux, des troubles visuels ainsi que des problèmes de concentration et une fatigue chronique, dont la date de consolidation a été fixée par l'expert au 5 mai 2017.

Sur la réparation des préjudices patrimoniaux :

9. En premier lieu, il résulte des principes exposés aux points précédents, que l'allocation temporaire d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par une maladie imputable au service. Il est constant que Mme D perçoit l'allocation temporaire d'invalidité prévue à l'article 65 de la loi du 11 janvier 1984. En l'absence de faute de l'Etat, Mme D ne peut prétendre à une indemnité complémentaire au titre de la réparation des préjudices résultant de la perte de gains professionnels actuels et futurs et de l'incidence professionnelle de son dommage. Il suit de là que la demande indemnitaire présentée à ce titre doit être rejetée.

10. En second lieu, Mme D demande la somme de 1 392 euros au titre des frais médicaux restés à sa charge. Toutefois, en se bornant à produire des factures relatives aux frais paramédicaux qu'elle aurait engagé ainsi que trois factures d'un chirurgien-dentiste correspondant à des gouttières prescrites en raison de bruxisme, la requérante ne justifie pas de l'existence d'un lien de causalité entre ces frais et la maladie professionnelle dont elle est atteinte. Il en est de même des frais d'analyse en laboratoires restés à sa charge à hauteur de 166, 59 euros. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande d'indemnisation de ce préjudice.

Sur la réparation des préjudices personnels :

11. En premier lieu, Mme D soutient que le préjudice d'agrément qu'elle estime à la somme de 10 000 euros est incontestable au regard de sa pratique antérieure d'activités sportives, notamment la course à pieds, la randonnée, le ski alpin et les sorties raquettes. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, en fixant l'indemnité correspondante à une somme de 2 500 euros.

12. En deuxième lieu, Mme D se plaint de nombreuses douleurs liées à la maladie professionnelle dont elle souffre ainsi que des nombreux examens médicaux qu'elle a subis pour poser un diagnostic et estime son pretium doloris à la somme à 15 000 euros. Toutefois, les rapports médicaux des experts mandatés par l'administration ne font pas état de souffrances. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande d'indemnisation de ce préjudice.

13. En dernier lieu, si Mme D sollicite l'indemnisation du préjudice sexuel et du préjudice d'anxiété qu'elle estime avoir subi, elle n'établit pas par les pièces produites que la borréliose de Lyme se transmet par voie sexuelle, par voie materno-fœtale et lors de l'accouchement ou par le lait maternel. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit aux demandes d'indemnisation de ces préjudices.

14. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale de Mme D, de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 2 500 euros.

Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative :

15. Mme D ne justifie pas avoir engagé, dans la présente instance, de frais relevant des dépens. Par suite, ses conclusions tendant à la condamnation de l'Etat aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.

16. ll y a lieu, en revanche, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme D et non compris dans les dépens.

Sur les conclusions tendant à l'exécution provisoire du jugement :

17. Aux termes de l'article L. 11 du code de justice administrative : " Les jugements sont exécutoires ".

18. Par suite, les conclusions tendant à ce que le Tribunal ordonne l'exécution provisoire de la présente décision sont irrecevables. Elles doivent, dès lors, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à payer à Mme D une somme de 2 500 euros.

Article 2 : L'Etat versera à Mme D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme A D, au préfet de la Moselle, au ministre de la transition écologique et à la direction interdépartementale des routes Est.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vogel-Braun, président,

Mme Servé, première conseillère,

Mme Malgras, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.

La rapporteure,

I. SERVE

Le président,

J.-P. VOGEL-BRAUNLe greffier,

S. BRONNER

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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