jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2003224 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BERRY |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2001934, 2001937 du 2 juin 2020, le magistrat désigné par le président du Tribunal a, d'une part, rejeté les conclusions de M. et Mme F dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et assignation à résidence et a, d'autre part, renvoyé devant la formation collégiale les conclusions des requérants dirigées contre les décisions du 18 décembre 2019 par lesquelles le préfet du Haut-Rhin a refusé de leur délivrer un titre de séjour.
I. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 12 mars et 23 mai 2020, sous le n° 2003224, M. C F, représenté par Me Berry, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 décembre 2019 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, subsidiairement de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, d'une part, en l'absence d'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), d'autre part, en l'absence de justification de l'intervention d'un médecin rapporteur et de ce que ce dernier n'a pas siégé au sein du collège de médecins et en l'absence de décision du directeur général de l'OFII désignant les médecins du collège ;
- elle méconnaît l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 mars 2020 et le 16 novembre 2020, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 mai 2020.
II. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 12 mars et 23 mai 2020, sous le n° 2003225, Mme I épouse F, représentée par Me Berry, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 décembre 2019 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, subsidiairement de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle se prévaut des mêmes moyens que ceux exposés au soutien de la requête n° 2003224.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 mars et 16 novembre 2020, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme G épouse F ne sont pas fondés.
Mme G épouse F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 mai 2020.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme E D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes nos 2003224 et 2003225, présentées respectivement pour M. F et Mme G épouse F, sont relatives à la situation d'un couple de ressortissants étrangers et posent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces des dossiers, en particulier des certificats médicaux établis par le pôle psychiatrie enfants adolescents H, que le fils de M. et Mme F, le jeune A né en 2013, souffre d'un autisme profond. La pathologie de l'enfant A a été diagnostiquée en France et il y bénéficie d'un accompagnement multidisciplinaire adapté lui ayant permis d'accomplir des progrès et notamment d'acquérir le langage. Il ressort à cet égard des certificats médicaux ainsi que des attestations circonstanciées de la directrice de l'école où il est scolarisé, que si l'enfant a pu effectuer des progrès dans l'acquisition du langage, le retard demeure important tandis que ces progrès l'ont été dans la langue française et que l'évolution ultérieure de ses compétences est subordonnée à la poursuite du suivi spécialisé dont il bénéficie. Il se déduit de ces éléments qu'en dépit de la disponibilité d'un suivi médical en Géorgie, la rupture de l'accompagnement spécialisé en langue française dont l'enfant A bénéficie en France, qui lui a permis, ainsi qu'il vient d'être dit, de commencer à acquérir le langage et à suivre une scolarité dans cette langue, ne pourra que nuire à l'évolution de son handicap. Dans les circonstances particulières de l'espèce, tenant aux perspectives d'évolution favorable de la situation de handicap de l'enfant A en France, les décisions refusant aux requérants des titres de séjour sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de
M. et Mme F. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, M. et Mme F sont fondés à demander l'annulation des décisions du 18 décembre 2019 par lesquelles le préfet du Haut-Rhin a refusé de leur délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
3. Dans les circonstances de l'espèce, l'annulation des décisions en litige implique que le préfet du Haut-Rhin réexamine la situation de M. et Mme F. Il y a lieu de prescrire au préfet d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
4. M. et Mme F ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, leur avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Berry, avocate de M. et Mme F, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de ce dernier le versement à Me Berry de la somme de 1 300 euros hors taxe sur la valeur ajoutée.
D E C I D E :
Article 1 : Les décisions du préfet du Haut-Rhin en date du 18 décembre 2019 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Haut-Rhin de réexaminer la situation de M. et Mme F, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Berry la somme de 1 300 (mille trois cents) euros, hors taxe sur la valeur ajoutée, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Berry renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C F, à Mme I épouse F, à Me Berry et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bonifacj, présidente,
M. Therre, premier conseiller,
Mme Bonnet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
J. D
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
A. Therre
La greffière,
N. Adjacent
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2003224, 2003225
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026