lundi 16 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2004125 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 juillet et 24 août 2020, l'association Judo Club Hochfelden, représentée par Me Keller, demande au tribunal :
1°) de désigner, avant dire droit, un médiateur sur le fondement de l'article L. 213-7 du code de justice administrative ;
2°) d'annuler la décision du 24 juin 2020 par laquelle le maire de la commune de Hochfelden a refusé de renouveler, à compter du 1er juillet 2020, la convention du 9 juin 2017 portant mise à disposition de la salle de combat du complexe sportif situé rue des Quatre Vents ;
3°) d'enjoindre à la commune de Hochfelden de renouveler la convention de mise à disposition du 9 juin 2017, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de condamner la commune de Hochfelden aux dépens ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Hochfelden la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association Judo Club Hochfelden soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 11 de la convention du 9 juin 2017 aux termes desquelles l'augmentation de la redevance d'occupation aurait dû conduire à la conclusion d'un avenant ;
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la délibération du 13 décembre 2018 portant le montant de la redevance d'occupation à la somme de 2 500 euros ;
- l'augmentation de la redevance n'est pas justifiée au sens de l'article L. 2125-3 du code général de la propriété des personnes publiques ;
- son calcul n'est assortie d'aucune précision ;
- la décision attaquée méconnaît le principe d'égalité entre les usagers dans la mesure où ce ne sont pas les associations qui utilisent le plus les locaux qui paient une redevance plus élevée et qu'elle a pour effet d'exclure l'association requérante de toute utilisation du complexe sportif alors que la commune a renouvelé les conventions d'occupation du domaine public la liant à d'autres associations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2020, la commune de Hochfelden, représentée par Me Gillig, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'association Judo Club Hochfelden en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'elle n'entend pas accepter la désignation d'un médiateur et qu'aucun des moyens invoqués par l'association Judo Club Hochfelden n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B A,
- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public,
- et les observations de Me Guermann représentant le Judo Club Hochfelden et de Me Vilchez représentant la commune de Hochfelden.
Considérant ce qui suit :
1. Une convention a été signée le 9 juin 2017 entre l'association Judo Club Hochfelden et la commune de Hochfelden portant mise à disposition de la salle de combat dite " espace dojo " d'un complexe sportif avec reconduction tacite annuelle. L'article 5 de cette convention stipule que l'association Judo Club Hochfelden s'acquitte d'un loyer de 1 500 euros par an. La commune a adressé à l'association un projet de nouvelle convention en date du 14 mars 2019 reprenant les stipulations de la convention du 9 juin 2017 à l'exception notamment de celles de l'article 5 qui sont modifiées pour porter le montant de la redevance annuelle à la somme de 2 500 euros. Par une lettre du 27 août 2019 adressée au maire de Hochfelden, le président de l'association Judo Club Hochfelden l'a informé de son refus de signer la nouvelle convention proposée par la commune. Le 4 décembre 2019, l'association a réglé au comptable public de la commune de Hochfelden la somme de 1 500 euros en visant les stipulations de la convention du 9 juin 2017. Par décision du 24 juin 2020, dont l'association requérante demande l'annulation, le maire de Hochfelden a pris acte du refus de l'association Judo Club Hochfelden d'accepter les termes de la nouvelle convention qui lui était proposée et a décidé en conséquence de ne pas renouveler, à compter du 1er juillet 2020, la convention du 9 juin 2017.
Sur les conclusions à fin de médiation :
2. Aux termes de l'article L. 213-7 du code de justice administrative : " Lorsqu'un tribunal administratif ou une cour administrative d'appel est saisi d'un litige, le président de la formation de jugement peut, après avoir obtenu l'accord des parties, ordonner une médiation pour tenter de parvenir à un accord entre celles-ci. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Hochfelden n'entend pas accepter la demande de la requérante de désigner un médiateur. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-2 du code général de la propriété des personnes publiques : " L'occupation ou l'utilisation du domaine public ne peut être que temporaire ". Aux termes de l'article R. 2122-1 de ce code : " L'autorisation d'occupation ou d'utilisation du domaine public peut être consentie, à titre précaire et révocable, par la voie d'une décision unilatérale ou d'une convention ". Enfin, l'article L. 2125-3 du même code dispose : " La redevance due pour l'occupation ou l'utilisation du domaine public tient compte des avantages de toute nature procurés au titulaire de l'autorisation ".
5. S'il résulte des principes généraux de la domanialité publique que les titulaires d'autorisations ou de conventions d'occupation temporaire du domaine public n'ont pas de droit acquis au renouvellement de leur titre, il appartient au gestionnaire du domaine d'examiner chaque demande de renouvellement en appréciant les garanties qu'elle présente pour la meilleure utilisation possible du domaine public. Il peut décider, sous le contrôle du juge, de rejeter une telle demande pour un motif d'intérêt général. Pour déterminer si un tel motif existe, il y a lieu, de tenir compte, le cas échéant, parmi l'ensemble des éléments d'appréciation, des contraintes particulières qui pèsent sur l'activité de l'occupant, notamment de celles qui peuvent résulter du principe de continuité du service public.
6. Il résulte des stipulations de l'article 4 de la convention du 9 juin 2017, invoquée par l'association requérante, qu'elle était conclue pour une durée d'un an renouvelable par tacite reconduction et son article 10 prévoit qu'elle peut être résiliée " à tout moment par la commune de Hochfelden ". Par ailleurs, l'article 5 stipule que le loyer est " révisable tous les ans " et que cette révision " est soumise à l'approbation du conseil municipal ". Il ressort des pièces du dossier que la décision du 24 juin 2020 du maire de Hochfelden de refuser de renouveler la convention du 9 juin 2017 qui liait la commune à l'association Judo Club Hochfelden a été provoquée par le refus de l'intéressée d'accepter les nouvelles conditions de mise à disposition qui lui étaient proposées dans le projet de convention du 14 mars 2019 et notamment un relèvement important de la redevance d'occupation du domaine. Ce relèvement du montant de la redevance, approuvé par le 10ème point de la délibération du 13 décembre 2018 du conseil municipal de Hochfelden, tirait la conséquence de la redéfinition de la politique tarifaire de la commune en vue de faire supporter aux utilisateurs une part plus importante des charges de fonctionnement des équipements mis à leur disposition. En usant pour ce motif du droit qu'il tenait de la convention, et notamment de son article 10, pour assurer une meilleure exploitation du domaine de la commune, le maire de Hochfelden n'a pas fait un usage abusif de ses pouvoirs. Il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 2125-3 du code général de la propriété des personnes publiques, de l'illégalité de la délibération du 13 décembre 2018 du conseil municipal de Hochfelden et de la violation des stipulations de la convention du 9 juin 2017 ne peuvent qu'être écartés.
7. En second lieu, si l'association Judo Club Hochfelden fait valoir que la commune a renouvelé les conventions la liant à d'autres associations, il n'est ni établi, ni même allégué que ces associations auraient refusé comme l'association requérante les modifications apportées aux conventions d'occupation du domaine public qui les concernent. Par ailleurs, la commune de Hochfelden fait valoir que les différences dans le montant des redevances exigées des autres associations sportives sont justifiées par la circonstance que ces associations occupent des locaux différents ou que la durée pendant laquelle elles occupent ces locaux est inférieure. Dans ces conditions, l'association requérante ne démontre pas qu'elle a été traitée de manière différente par rapport à des usagers placés dans une situation analogue. Par suite, faute d'établir une situation de discrimination, le moyen tiré d'une atteinte au principe d'égalité doit être écarté.
8. Il résulte de ce tout qui précède que l'association Judo Club Hochfelden n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 24 juin 2020 du maire de la commune de Hochfelden. Par voie de conséquence, les conclusions de l'association requérante à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative :
9. Ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur le fondement de ces articles par l'association Judo Club Hochfelden. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'association requérante le versement à la commune de Hochfelden de la somme qu'elle demande en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 :La requête de l'association Judo Club Hochfelden est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de la commune de Hochfelden présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à l'association Judo Club Hochfelden et à la commune de Hochfelden.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Christophe Michel, premier conseiller,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2023.
Le rapporteur,
C. A
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne àla préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Strasbourg, le
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026