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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2005326

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2005326

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2005326
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 26 août 2020,

6 décembre 2021 et 2 février 2022, Mme D A, représentée par Me Merll, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commune d'Amnéville a refusé de procéder à la requalification de son contrat en contrat à durée indéterminée ;

2°) d'enjoindre à la commune d'Amnéville, d'une part, de requalifier son contrat en contrat à durée indéterminée et, d'autre part, de procéder au versement des cotisations retraite au titre des heures d'orchestre qu'elle a effectuées, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;

3°) de condamner la commune d'Amnéville à lui verser la somme de 2 931,14 au titre des indemnités journalières auxquelles elle a droit pour la période comprise entre le 1er mars 2019 et le 22 octobre 2019 ;

4°) de condamner la commune d'Amnéville à lui verser la somme de 1 925 euros au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi ;

5°) de condamner la commune d'Amnéville à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi ;

6°) de mettre à la charge de la commune d'Amnéville le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est fondée à obtenir la requalification de ses contrats à durée déterminée en contrat à durée indéterminée à compter du 9 octobre 2012 ;

- la commune d'Amnéville a commis des manquements dans la gestion des heures effectuées, au sein de l'orchestre, en qualité de musicienne ;

- elle est fondée à obtenir le versement de la somme de 2 931,14 euros au titre des indemnités journalières dont elle a été illégalement privée ;

- elle est fondée à obtenir le versement de la somme de 1 925 euros au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi dont elle a été illégalement privée ;

- elle est fondée à obtenir le versement des cotisations retraites afférentes aux heures réalisées auprès de l'orchestre de la commune d'Amnéville ;

- elle n'a pas bénéficié d'un versement régulier de rémunération dans le cadre de ses prestations de musicienne auprès de l'orchestre de la commune d'Amnéville ;

- aucun motif ne lui a été adressé quant aux raisons du non-renouvellement de son contrat ;

- elle n'a bénéficié d'aucun versement du complément indemnitaire annuel ;

- la commune d'Amnéville n'a pas procédé à la transmission de ses déclarations d'arrêts de travail à la caisse primaire d'assurance maladie ;

- pendant la période durant laquelle elle a été embauchée par la commune d'Amnéville, elle n'a bénéficié que d'une seule visite médicale ;

- elle n'a jamais bénéficié d'un compte épargne temps ;

- son préjudice moral peut être évalué à la somme de 15 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 septembre 2021, 22 septembre 2021 et 3 janvier 2022, la commune d'Amnéville, représentée par Me Soler-Couteaux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- Mme A n'est pas fondée à demander la requalification de ses contrats à durée déterminée en contrat à durée indéterminée ;

- les créances dont le fait générateur est antérieur au 1er janvier 2016 sont prescrites ;

- elle n'est pas fondée à solliciter le versement d'une somme de 1 925 euros au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi dont elle aurait été illégalement privée ;

- ce n'est pas à elle qu'il revient de procéder au versement des indemnités journalières de l'intéressée ; en tout état de cause, Mme A a perçu un plein traitement pour la période comprise entre le 1er mars 2019 et le 31 mai 2019 et son contrat a pris fin le 30 septembre 2019 ;

- aucun retard dans le versement des heures effectuées par Mme A en qualité de musicienne ne peut lui être imputé ;

- les cotisations retraites dues à l'intéressée ont été acquittées auprès de l'Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques (IRCANTEC) ;

- la réalité du préjudice moral invoqué n'est pas établie et aucun élément ne permet de justifier le montant sollicité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C B,

- les conclusions de M. Thomas Gros, rapporteur public,

- et les observations de Me Cheminet représentant la commune d'Amnéville.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a exercé, en qualité d'agent contractuel, les fonctions d'assistant d'enseignement artistique auprès de la commune d'Amnéville depuis 2012. Elle est également intervenue, en qualité de musicienne vacataire, au sein de l'orchestre de la commune d'Amnéville. Le 30 septembre 2019, l'engagement de Mme A auprès de la commune d'Amnéville a pris fin. Par un courrier du 8 avril 2020, Mme A a adressé une demande indemnitaire préalable à la commune d'Amnéville par laquelle elle sollicite le versement de diverses sommes ainsi que la requalification de ses contrats en contrat à durée indéterminée. Cette demande a été implicitement rejetée par l'administration. Par le présent recours, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle la commune d'Amnéville a refusé de procéder à la requalification de ses contrats en contrat à durée indéterminée. Elle doit également être regardée comme demandant l'annulation de cette même décision en tant qu'elle refuse de faire droit à sa demande de versement des cotisations retraite afférentes aux heures d'orchestre. Elle sollicite enfin la condamnation de la commune d'Amnéville à lui verser une somme totale de 19 856,14 euros.

Sur les conclusions à fin d'annulation du refus implicite de requalification de son contrat de Mme A en contrat à durée indéterminée :

2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Enfin, l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 15 juin 2020, Mme A a adressé une demande de communication des motifs de la décision implicite de rejet en litige à laquelle il n'a pas été répondu. Toutefois, Mme A ne justifiant pas remplir les conditions légales pour voir son contrat à durée déterminée requalifié en contrat à durée indéterminée, elle ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à : / 1° Un accroissement temporaire d'activité, pour une durée maximale de douze mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de dix-huit mois consécutifs ; (). ". Aux termes de l'article 3-3 de cette même loi : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et sous réserve de l'article 34 de la présente loi, des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : / 1° Lorsqu'il n'existe pas de cadre d'emplois de fonctionnaires susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ; / 2° Pour les emplois du niveau de la catégorie A lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient et sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté dans les conditions prévues par la présente loi ; / 3° Pour les emplois de secrétaire de mairie des communes de moins de 1 000 habitants et de secrétaire des groupements composés de communes dont la population moyenne est inférieure à ce seuil ; / 4° Pour les emplois à temps non complet des communes de moins de 1 000 habitants et des groupements composés de communes dont la population moyenne est inférieure à ce seuil, lorsque la quotité de temps de travail est inférieure à 50 % ; / 5° Pour les emplois des communes de moins de 2 000 habitants et des groupements de communes de moins de 10 000 habitants dont la création ou la suppression dépend de la décision d'une autorité qui s'impose à la collectivité ou à l'établissement en matière de création, de changement de périmètre ou de suppression d'un service public. / Les agents ainsi recrutés sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. / Si, à l'issue de cette durée, ces contrats sont reconduits, ils ne peuvent l'être que par décision expresse et pour une durée indéterminée. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984 : " () / II. - Tout contrat conclu ou renouvelé pour pourvoir un emploi permanent en application de l'article 3-3 avec un agent qui justifie d'une durée de services publics de six ans au moins sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu pour une durée indéterminée. / La durée de six ans mentionnée au premier alinéa du présent II est comptabilisée au titre de l'ensemble des services accomplis auprès de la même collectivité ou du même établissement dans des emplois occupés sur le fondement des articles 3 à 3-3. Elle inclut, en outre, les services effectués au titre du deuxième alinéa de l'article 25 s'ils l'ont été auprès de la collectivité ou de l'établissement l'ayant ensuite recruté par contrat. / Pour l'appréciation de cette durée, les services accomplis à temps non complet et à temps partiel sont assimilés à des services effectués à temps complet. / Les services accomplis de manière discontinue sont pris en compte, sous réserve que la durée des interruptions entre deux contrats n'excède pas quatre mois. / Lorsqu'un agent remplit les conditions d'ancienneté mentionnées aux deuxième à quatrième alinéas du présent II avant l'échéance de son contrat en cours, les parties peuvent conclure d'un commun accord un nouveau contrat, qui ne peut être qu'à durée indéterminée. En cas de refus de l'agent de conclure un nouveau contrat, l'agent est maintenu en fonctions jusqu'au terme du contrat à durée déterminée en cours. ".

5. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des différents contrats de recrutement de Mme A en qualité d'assistante d'enseignement artistique, que celle-ci a été recrutée non sur le fondement des dispositions précitées de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 mais sur celui de l'alinéa 1er de l'article 3 de cette même loi. Mme A ne peut ainsi utilement se prévaloir de ce qu'elle était en droit, en vertu de l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984, d'obtenir la requalification de son dernier contrat en contrat à durée indéterminée. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision implicite refusant de procéder à une telle requalification est entachée d'illégalité doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision implicite par laquelle la commune d'Amnéville a refusé de requalifier le contrat à durée déterminée de Mme A en contrat à durée indéterminée.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de refus de versement des cotisations retraite afférentes aux heures d'orchestre :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 311-2 du code de la sécurité sociale : " Sont affiliées obligatoirement aux assurances sociales du régime général, quel que soit leur âge et même si elles sont titulaires d'une pension, toutes les personnes quelle que soit leur nationalité, de l'un ou de l'autre sexe, salariées ou travaillant à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs et quels que soient le montant et la nature de leur rémunération, la forme, la nature ou la validité de leur contrat. ". Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Enfin, l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande ".

8. Il résulte des dispositions précitées que la décision refusant de faire droit à la demande de versement des cotisations retraite d'un agent non titulaire de l'Etat doit être motivée.

9. Ainsi qu'il a été indiqué au point 3 du présent jugement, Mme A a, par courrier du 15 juin 2020, adressé une demande de communication des motifs de la décision implicite de rejet en litige. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la commune d'Amnéville aurait communiqué à Mme A les motifs de son refus de procéder au versement de ses cotisations retraite. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation.

10. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que la décision en litige doit être annulée.

Sur le versement des cotisations retraite afférentes aux heures d'orchestre :

11. En premier lieu, aux termes de l'article 1 de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis () ". Aux termes de l'article 2 de la même loi : " La prescription est interrompue par : Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance (). Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance (). Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. Toutefois, si l'interruption résulte d'un recours juridictionnel, le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision est passée en force de chose jugée ".

12. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a, par un courrier du 8 avril 2020, sollicité le versement des cotisations retraite au titre des heures effectuées, à partir de 2012, auprès de l'orchestre de la commune d'Amnéville. Dès lors, et eu égard aux dispositions précitées, la commune d'Amnéville est fondée à opposer la prescription quadriennale aux créances se rapportant aux années antérieures au 1er janvier 2016.

13. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des fiches de paye produites par l'intéressée, que la commune d'Amnéville s'est acquittée, à compter de l'année 2016, du versement des cotisations retraite de Mme A auprès de l'Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de procéder à un tel versement à compter de 2016, la commune d'Amnéville a entaché la décision en litige d'illégalité.

14. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à solliciter le versement des cotisations retraite au titre des heures d'orchestre qu'elle a effectuées en qualité de vacataire.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne les indemnités journalières et l'allocation d'aide au retour à l'emploi :

15. Mme A se prévaut de ce que le montant des indemnités journalières dont elle a bénéficié du fait de son placement en congés maladie a été inférieur à ce qu'il aurait dû être, l'administration ayant omis de déclarer auprès de l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF) les heures effectuées auprès de l'orchestre de la commune d'Amnéville. Pour le même motif, elle aurait bénéficié d'un montant d'allocation d'aide au retour à l'emploi inférieur à celui auquel elle était en droit de prétendre. Il résulte toutefois de l'instruction que l'administration a procédé, bien que tardivement, à la déclaration des heures effectuées par Mme A en qualité de musicienne vacataire. Dans ces circonstances, et faute pour Mme A d'établir être dans l'impossibilité d'obtenir de la part de la caisse primaire d'assurance maladie ou de Pôle Emploi, instances respectivement en charge du versement des indemnités journalières et de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, la régularisation de sa situation à la suite du versement par l'administration des cotisations dues, les conclusions présentées au titre de ces chefs de préjudice doivent être rejetées.

En ce qui concerne le préjudice moral :

16. Mme A entend obtenir la condamnation de la commune d'Amnéville à lui verser la somme de 15 000 euros au titre du préjudice moral qu'elle aurait subi à divers titres. Si elle se prévaut ainsi de ce que la commune d'Amnéville n'aurait pas procédé au versement de son complément indemnitaire annuel, aurait transmis tardivement ses déclarations d'arrêt de travail à la caisse primaire d'assurance maladie, ne lui aurait permis de bénéficier que d'une seule visite auprès de la médecine du travail et n'aurait pas tenu compte de ses droits au compte épargne temps, aucune pièce du dossier ne permet de tenir pour établies de telles allégations. Aucun élément du dossier, et en particulier pas les fiches de paye produites, ne permet davantage de démontrer que la commune d'Amnéville aurait procédé avec retard au paiement des heures qu'elle lui devait du fait de ses activités de musicienne au sein de l'orchestre de la commune. Il n'est, en outre, pas sérieusement justifié des conséquences qu'auraient pu avoir ces supposés retards de paiement. Enfin, l'intéressée ne saurait sérieusement soutenir avoir subi un préjudice moral du fait de l'absence de justification donnée par la commune d'Amnéville quant à la décision de ne pas procéder au renouvellement de son contrat d'assistant d'enseignement artistique. En effet, il résulte de l'instruction que Mme A avait manifesté, notamment par le biais d'un courriel adressé à ses collègues le 5 mars 2019, son intention de cesser ses activités d'enseignement de la musique à l'issue de l'année scolaire 2018/2019. Il est ainsi constant qu'elle n'avait pas déposé de candidature pour la rentrée 2019. Par suite, eu égard à l'ensemble de ces éléments, Mme A n'est pas fondée à solliciter le versement d'une somme en réparation du préjudice moral qu'elle aurait subi à la suite des divers manquements évoqués.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme A doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance, la somme que la commune d'Amnéville demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de la commune d'Amnéville le versement à Mme A de la somme de 1 000 euros.

D E C I D E :

Article 1 : La décision implicite par laquelle la commune d'Amnéville a refusé de procéder au versement des cotisations retraite afférentes aux heures d'orchestre de Mme A est annulée.

Article 2 : La commune d'Amnéville versera à Mme A la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la commune d'Amnéville.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vogel-Braun, président,

Mme Servé, première conseillère,

Mme Eymaron, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.

La rapporteure,

A.-L. B

Le président,

J.-P. VOGEL-BRAUN

Le greffier,

S. BRONNER

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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