mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2005599 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CORSIGLIA |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- l'ordonnance n° 2020-351 du 27 mars 2020 relative à l'organisation des examens et concours pendant la crise sanitaire née de l'épidémie de covid-19 ;
- le décret n° 2020-684 du 5 juin 2020 relatif aux modalités de délivrance du brevet de technicien supérieur en raison de l'épidémie de covid-19 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 septembre 2022 :
- le rapport de Mme Merri, première conseillère ;
- et les conclusions de M. Boutot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A était candidate au Brevet de Technicien Supérieur Communication session 2020. Les épreuves écrites ont été remplacées, du fait de la crise sanitaire, par une appréciation de la valeur des candidats par le contrôle continu. Le 10 juillet 2020, la rectrice de l'académie de Strasbourg a avisé Mme A de ce que l'examen de son livret de formation n'avait pas permis au jury de se prononcer et qu'elle serait convoquée aux épreuves écrites ponctuelles au mois de septembre suivant. Par la présente requête, Mme A conteste ce courrier de la rectrice, la délibération du jury, et sa convocation aux épreuves ponctuelles écrites.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. L'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". La requérante ne justifie ni de l'urgence, ni au surplus de la présentation d'une demande d'aide juridictionnelle. Par suite, ses conclusions tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la convocation du 10 septembre 2020 :
3. La lettre en date du 10 septembre 2020, par laquelle la rectrice de l'académie de Strasbourg a convoqué Mme A aux épreuves ponctuelles du Brevet de Technicien Supérieur Communication, ne présente pas en elle-même le caractère d'une décision susceptible d'être contestée par la voie du recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions présentées par Mme A en annulation de cette convocation doivent être rejetées comme étant irrecevables.
En ce qui concerne le courrier de la rectrice du 10 juillet 2020 :
4. Aux termes de l'article D. 643-31 du code de l'éducation : " Le brevet de technicien supérieur est délivré après délibération d'un jury ". En se bornant, par son courrier
du 10 juillet 2020, à informer Mme A du sens de la délibération du jury, la rectrice de l'académie de Strasbourg n'a pas pris une décision susceptible d'être contestée par la voie du recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions dirigées contre ce courrier ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne la délibération du jury en date du 2 juillet 2020 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 2 de l'ordonnance du 27 mars 2020 susvisée : " Nonobstant toute disposition législative ou réglementaire contraire, les autorités compétentes pour la détermination des modalités d'accès aux formations de l'enseignement supérieur dispensées par les établissements relevant des livres IV et VII du code de l'éducation ainsi que pour la détermination des modalités de délivrance des diplômes de l'enseignement supérieur, y compris le baccalauréat, peuvent apporter à ces modalités les adaptations nécessaires à leur mise en œuvre. / S'agissant des épreuves des examens ou concours, ces adaptations peuvent porter, dans le respect du principe d'égalité de traitement des candidats, sur leur nature, leur nombre, leur contenu, leur coefficient ou leurs conditions d'organisation, qui peut notamment s'effectuer de manière dématérialisée. () ". En application de ces dispositions, l'article 2 du décret du 5 juin 2020 susvisé prévoit que : " I. - Une session d'examen est organisée à la fin de l'année scolaire 2019-2020 pour les candidats qui disposent d'un livret scolaire ou de formation établi conformément au modèle annexé au présent décret et qui ont préparé le brevet de technicien supérieur : / 1° Par la voie scolaire dans un établissement d'enseignement public ou dans un établissement d'enseignement privé ayant ou non conclu un contrat avec l'Etat ; () / II. - Sous l'autorité du chef d'établissement, les équipes pédagogiques inscrivent dans le livret scolaire ou de formation du candidat les notes de contrôle continu obtenues durant l'année scolaire 2019-2020, un récapitulatif des périodes de stages et, pour les candidats concernés, des notes de contrôle en cours de formation et d'épreuves ou sous-épreuves ponctuelles orales ou pratiques. / Des éléments complémentaires peuvent également être portés à la connaissance du jury pour permettre d'évaluer l'assiduité, la motivation et l'engagement du candidat. / Le candidat est évalué en tenant compte des résultats portés sur son livret scolaire ou de formation. Ces résultats sont établis, pour les unités constitutives du diplôme donnant lieu à des épreuves et sous-épreuves obligatoires, à partir de notes de contrôle continu. Les notes attribuées par contrôle en cours de formation et par épreuve ou sous-épreuve ponctuelle orale ou pratique intervenus avant la suspension de l'accueil des élèves dans les établissements en raison de la crise sanitaire sont également prises en compte. / () / III. - Préalablement à sa production devant le jury, le recteur d'académie s'assure de la recevabilité du livret scolaire ou de formation du candidat. Les candidats dont le livret scolaire ou de formation n'est pas recevable se présentent aux épreuves mentionnées à l'article 3. / Les éléments d'appréciation dont dispose le jury d'examen sont : / - les livrets scolaires ou de formation comportant les propositions de notes et appréciations décernées aux candidats ; / - les taux de réussite aux examens, par spécialité du diplôme et par établissement d'origine du candidat pour les trois dernières années scolaires ainsi que la moyenne des notes attribuées aux candidats par cet établissement, par unité constitutive du diplôme. / Le jury d'examen étudie l'ensemble de ces éléments pour valoriser, le cas échéant, les progrès du candidat, garantir l'équité entre les candidats et vérifier leur assiduité jusqu'à la fin de l'année scolaire. Il arrête les notes définitives du candidat après harmonisation. / Le livret scolaire ou de formation est visé par le président du jury. / Si le livret scolaire ou de formation du candidat ne permet pas au jury de se prononcer sur son niveau, le candidat se présente aux épreuves mentionnées à l'article 3. / Les candidats ayant obtenu une moyenne générale inférieure à 10 sur 20 à la session organisée à la fin de l'année scolaire 2019-2020 peuvent se présenter aux épreuves mentionnées à l'article 3, sur autorisation du jury. Cette autorisation se fonde notamment sur des critères d'assiduité et de motivation. Les candidats conservent pour ces épreuves le bénéfice des notes supérieures ou égales à 10 sur 20 obtenues et conduisant à la délivrance d'une ou plusieurs unités constitutives du diplôme. Pour ces candidats, le calcul de la moyenne s'effectue en tenant compte des notes conservées et des notes obtenues aux épreuves nouvellement subies. ".
6. Mme A soutient qu'en ne précisant pas les critères à prendre en compte pour estimer qu'un livret scolaire ne permet pas au jury de se prononcer sur le niveau du candidat, l'article 2 du décret du 5 juin 2020 méconnaît le principe d'égalité de traitement des candidats réaffirmé par l'article 2 de l'ordonnance du 27 mars 2020 précité et laisse libre cours à l'arbitraire. Toutefois, il résulte des dispositions précitées du décret du 5 juin 2020 que le jury doit arrêter, après harmonisation, les notes définitives des candidats sur la base d'un livret scolaire complété par les équipes pédagogiques des établissements de préparation du diplôme, et au regard, d'une part, des propositions de notes et appréciations y figurant et, d'autre part, des taux de réussite aux examens, par spécialité du diplôme et par établissement d'origine du candidat pour les trois dernières années scolaires ainsi que de la moyenne des notes attribuées aux candidats par le même établissement, par unité constitutive du diplôme. L'article 2 du décret encadre ainsi, et contrairement à ce que soutient la requérante, l'appréciation du jury par l'énumération de plusieurs critères.
7. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité du décret du 5 juin 2020 ne peut qu'être écarté.
8. En deuxième lieu, si Mme A fait valoir que la délibération est entachée de défaut de motivation, les délibérations d'un jury d'examen chargé d'apprécier les mérites des candidats n'entrent dans aucune des catégories de décisions défavorables énumérées par l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et n'ont, dès lors, pas à être motivées.
9. En troisième lieu et, d'une part, devant exercer son pouvoir d'appréciation des mérites des candidats, le jury n'était pas tenu de proposer la délivrance du BTS à un candidat pouvant se prévaloir d'une moyenne générale de notes de contrôle continu inscrites sur son livret scolaire égale ou supérieure à 10 sur 20. De la même manière, le jury n'était pas tenu d'attribuer à une unité une note supérieure ou égale à 10 sur 20 lorsque les équipes pédagogiques de l'établissement de préparation ont inscrit une telle note dans le livret scolaire. Mme A ne peut, en outre, se prévaloir utilement de la note de service du 6 juin 2020 adressée notamment aux recteurs et rectrices de région académique et relative aux modalités de mise en œuvre de délivrance du BTS en raison de l'épidémie de covid-19 qui ne comporte, en tout état de cause, pas d'interprétation du droit différente.
10. D'autre part, ainsi qu'il l'a fait pour Mme A, le jury pouvait estimer, au regard notamment des résultats ou du laconisme des appréciations figurant sur le livret de formation de l'intéressée, que le livret ne lui permettait pas de se prononcer sur le niveau du candidat. La circonstance que le livret scolaire était rempli conformément au modèle annexé au décret précité et que la rectrice d'académie l'avait estimé recevable en la forme n'y faisait pas obstacle. Cette appréciation, qui est indissociable de celle des mérites du candidat à l'examen, n'est pas susceptible d'être discutée devant le juge administratif.
11. En quatrième et dernier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 9, la requérante ne peut pas utilement invoquer les dispositions de la note de service du 6 juin 2020. Par suite, le moyen tiré de ce que, en méconnaissance de cette note, le jury n'aurait pas porté une attention particulière à ses besoins éducatifs ne peut qu'être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Corsiglia et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Copie en sera adressée recteur de l'académie de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Rees, président,
Mme Merri, première conseillère,
Mme Dobry, conseillère,
Rendu public, par mise à disposition au greffe, le 19 octobre 2022.
La rapporteure,
D. MERRI
Le président,
P. REES
La greffière,
M.-C. SCHMIDT
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026