mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2006203 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | KUENTZ |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 6 octobre 2020, le président du tribunal administratif de Paris a transmis le dossier de la requête de la société Institut de formation Agatea au tribunal administratif de Strasbourg.
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 août 2020 et le 18 novembre 2022, la société Institut de formation Agatea, représentée par Me Kuentz, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 décembre 2019 par laquelle le ministre de l'agriculture et de l'alimentation a refusé son habilitation à mettre en œuvre l'action de formation professionnelle continue pour les personnes exerçant des activités liées aux animaux de compagnie d'espèces domestiques concernant les catégories " chat " et " chien ", ainsi que la décision du 11 février 2020 de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire de lui accorder cette habilitation ou, à tout le moins, de procéder à l'instruction du dossier modifié, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- à titre subsidiaire, la décision du 11 février 2020 en tant qu'elle refuse d'instruire sa demande modifiée est illégale en raison de l'illégalité de l'arrêté du 4 février 2016 en ce qu'il méconnait la liberté d'entreprendre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2022, le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la société Institut de formation Agatea n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- l'arrêté du 4 février 2016 relatif à l'action de formation et à l'actualisation des connaissances nécessaires aux personnes exerçant des activités liées aux animaux de compagnie d'espèces domestiques et à l'habilitation des organismes de formation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Devys, rapporteure,
- les conclusions de M. Lusset, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 octobre 2019, la société Institut de formation Agatea a formé une demande d'habilitation à mettre en œuvre l'action de formation professionnelle continue pour les personnes exerçant des activités liées aux animaux de compagnie d'espèces domestiques concernant les catégories " chat ", " chien " et " autres espèces ". Par une décision du 4 décembre 2019, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation a refusé sa demande s'agissant des catégories " chat " et " chien ". La société requérante demande l'annulation de la décision du 4 décembre 2019 ainsi que de la décision du 11 février 2020 de rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, le directeur général de l'enseignement et de la recherche du ministère chargé de l'agriculture, par une décision du 19 mai 2016 modifiée par une décision du 11 septembre 2017, publiées au Journal officiel des 21 mai 2016 et 13 septembre 2017, a donné délégation à Mme A B, sous-directrice des politiques de formation et d'éducation, à l'effet de signer les actes, arrêtés et décisions dans la limite des attributions de sa sous-direction. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 4 février 2016 relatif à l'action de formation et à l'actualisation des connaissances nécessaires aux personnes exerçant des activités liées aux animaux de compagnie d'espèces domestiques et à l'habilitation des organismes de formation, alors applicable : " Le dossier de demande d'habilitation, dont un modèle est fourni par instruction du ministre en charge de l'agriculture, contient au minimum les pièces suivantes : () c) Chacun des programmes et cours de formation élaborés par catégories d'animaux, leur durée, leur contenu détaillé construit en référence aux champs de connaissances des huit thèmes du programme d'évaluation de l'annexe I du présent arrêté ; ces contenus de formation tiennent compte des évolutions de la réglementation nationale et européenne et des progrès scientifiques et techniques ; () ". Aux termes de l'article 3 de cet arrêté : " I. - L'action de formation () vise à sensibiliser les stagiaires aux besoins biologiques, physiologiques, comportementaux des animaux de compagnie d'espèces domestiques, à leur sélection, leur entretien et à la réglementation les concernant. / () L'évaluation porte sur les huit thèmes suivants : -" alimentation " ; / -" comportement " ; / -" logement " ; / -" droit " ; / -" reproduction " ; / -" santé animale " ; / -" transport " ; / -" sélection ". () ".
4. Le ministre soutient, sans être contesté, qu'il ressort de la demande d'habilitation de la société requérante du 22 octobre 2019 que la formation envisagée ne poursuivait pas l'objectif fixé par l'article 3 de l'arrêté mais tendait à " permettre l'exercice d'une activité professionnelle de chargé de projets en médiation par l'animal dans laquelle des animaux sont présentés au public afin d'être en capacité : d'appliquer une pédagogie active en direction des publics accueillis ; de conduire un projet () " et que le contenu du programme ne mentionnait pas le thème " transport " pour les catégories chien et chat ni les notions de gestionnaire de livre et de seuil ICPE pour la catégorie " chien ". Si la société requérante fait valoir que ces modalités, relatives à l'objectif et au contenu de la formation, sont susceptibles de modifications et que l'administration a entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder l'habilitation sous réserve de modifications, il ne ressort pas des dispositions de l'arrêté du 4 février 2016 que l'administration était tenue d'accorder l'habilitation sous réserve de modifications alors que le dossier ne correspondait pas à ce qui était attendu. Le moyen doit par suite être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 4 février 2016 : " I. - L'habilitation des organismes de formation est accordée pour une période de cinq ans par arrêté du ministre chargé de l'agriculture. / Les demandes d'habilitation, d'extension ou de renouvellement de l'habilitation s'effectuent tous les cinq ans à compter de l'année de première ouverture de l'habilitation. La prochaine période d'ouverture de demandes d'habilitation, d'extension ou de renouvellement de l'habilitation est prévue du 1er septembre 2019 au 31 octobre 2019. () ".
6. La société Institut de formation Agatea soutient que la décision du 11 février 2020 en tant qu'elle refuse d'instruire sa demande modifiée est illégale en raison de l'illégalité de l'arrêté du 4 février 2016 dès lors qu'il méconnait la liberté d'entreprendre. Toutefois, la circonstance que l'arrêté prévoie une habilitation pour une durée de cinq ans et une campagne de demandes d'habilitation de deux mois tous les cinq ans ne méconnait pas la liberté d'entreprendre, qui n'est ni générale ni absolue, dès lors que la périodicité de cinq ans est proportionnée au regard de l'objectif d'intérêt général poursuivi, permettant aux organismes de formation d'élaborer des formations répondant aux besoins des personnes exerçant des activités liées aux animaux de compagnie d'espèces domestiques.
7. Il résulte de ce qui précède que la société Institut de formation Agatea n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 4 décembre 2019 et du 11 février 2020. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Institut de formation Agatea est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Institut de formation Agatea et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
Mme Devys, première conseillère
Mme Weisse-Marchal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.
La rapporteure,
J. Devys
Le président,
S. DhersLe greffier,
P. Souhait
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026