mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2007044 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | GAUDRON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2020, M. C D, représenté par Me Gaudron, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 27 octobre 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de le faire bénéficier sans délai des conditions matérielles d'accueil à compter du 1er octobre 2020, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'OFII aux dépens ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise sans qu'il ait été mis en mesure de présenter ses observations ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par une ordonnance du 22 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Sibileau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant géorgien, déclare être entré irrégulièrement en France le 14 mars 2020. Sa demande d'asile a été enregistrée le 26 juin 2020 et il a bénéficié, à compter de cette date, des conditions matérielles d'accueil. Par courrier en date du 24 septembre 2020, il a été informé de l'intention de suspension des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités. Il a présenté des observations le 20 octobre 2020. Par une décision du 27 octobre 2020, le directeur général de l'OFII a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par sa requête, M. D demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. En premier lieu, par une décision du 14 octobre 2020, publiée sur le site internet de l'OFII le même jour, le directeur général de l'OFII a donné délégation à Mme E A, directrice territoriale à Strasbourg, à l'effet de signer, dans la limite de ses attributions, tous actes et décisions se rapportant aux missions dévolues à la direction de Strasbourg. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de Mme A, signataire de la décision en litige, doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les articles L. 744-7 et D. 744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est suspendu au requérant au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités. Ainsi, et alors même qu'elle ne mentionne pas les observations présentées par le requérant, elle comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation doit, dès lors, être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : 1° A l'acceptation par le demandeur de la proposition d'hébergement ou, le cas échéant, de la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 744-2. Ces propositions tiennent compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation prévue à l'article L. 744-6, des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région ; 2° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. (). ".
5. Si, par une décision n° 428530 du 31 juillet 2019, le Conseil d'Etat a jugé que les dispositions des articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018, étaient incompatibles avec les objectifs de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, compte tenu des motifs d'incompatibilité de ces dispositions, il reste possible à l'OFII, après examen de la situation particulière de l'intéressé et après avoir mis, sauf impossibilité, l'intéressé en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ces conditions lorsque n'a pas été respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes.
6. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier en date du 24 septembre 2020, le directeur général de l'OFII a informé le requérant de son intention de suspendre ses conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités et l'a invité à faire part de ses observations dans le délai de quinze jours. M. D a fait part de ses observations par un courrier en date du 19 octobre 2020, reçu le 20 octobre 2020. Ainsi, le moyen tiré de ce qu'il n'aurait pas été mis en mesure de présenter ses observations doit être écarté.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant ne conteste pas avoir reçu les deux courriers le convoquant à des rendez-vous en préfecture le 24 août 2020 et le 10 septembre 2020. Il soutient que s'agissant du premier rendez-vous, il n'a pas été en mesure de comprendre la convocation, celle-ci n'étant pas écrite dans une langue qu'il comprend et que son assistante sociale était absente. Il soutient que s'agissant de son second rendez-vous, il était malade et n'a pu se déplacer. Toutefois, le requérant n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations. Il ne justifie ainsi pas de ses deux manquements à ses obligations de présentation. Par suite, le directeur général de l'OFII n'a ni méconnu les dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation.
8. En cinquième lieu, si le requérant soutient être en situation de vulnérabilité, le requérant ne justifie pas d'une situation de vulnérabilité de nature à faire obstacle à une décision de suspension de ses conditions matérielles d'accueil, malgré la précarité de sa situation actuelle et la difficulté de son parcours personnel. Ainsi, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation sur sa situation de vulnérabilité doit être écarté.
9. En sixième lieu, si le requérant soutient qu'il a accepté l'offre de prise en charge le 26 juin 2020 et est titulaire d'une attestation de demandeur d'asile en cours de validité, cette circonstance est sans incidence, dès lors que comme il a été dit au point 7 du présent jugement, il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile. Le moyen doit ainsi être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Messe, présidente,
Mme Milbach, première conseillère,
M. Duez-Gündel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
La rapporteure,
C. B
La présidente,
M.-L. MESSE
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026