LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2007267

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2007267

jeudi 2 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2007267
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELARL COSSALTER, DE ZOLT & COURONNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés sous le n° 2007267 les 19 novembre 2020 et 15 septembre 2021, Mme C F et M. B F, représentés par Me Ambrosi, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 juin 2020 par lequel le maire de Silly-sur-Nied a refusé de leur accorder un permis de construire modificatif portant sur l'implantation altimétrique et planimétrique de leur maison individuelle, sur un terrain situé 2, rue du Grand Breuil, ainsi que la décision par laquelle le maire a implicitement rejeté leur demande de recours gracieux du 21 juillet 2020 ;

2°) d'enjoindre au maire de Silly-sur-Nied de procéder à une nouvelle instruction de la demande de permis de construire modificatif déposée le 24 février 2020, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Silly-sur-Nied une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté est entaché d'illégalité, dès lors qu'il n'est pas signé ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article 8 du règlement du lotissement et ils ne se sont livrés à aucune manœuvre frauduleuse tendant à rehausser artificiellement le niveau du terrain naturel ;

- la substitution de motifs invoquée par la commune n'est pas fondée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2021, la commune de Silly-sur-Nied, représenté par la SELARL Cossalter, de Zolt et Couronne, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 16 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 1er octobre 2021.

II. Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 27 septembre 2021 et 23 septembre 2022, Mme C F et M. B F, représentés par Me Ambrosi, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mai 2021 par lequel le maire de Silly-sur-Nied a retiré le permis de construire modificatif accordé le 2 décembre 2019 et portant sur l'implantation altimétrique de leur maison individuelle, sur un terrain situé 2, rue du Grand Breuil, ainsi que la décision du 29 juillet 2021 par laquelle le maire a rejeté leur demande de recours gracieux du 8 juillet 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Silly-sur-Nied une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête est recevable ;

- l'intervention de M. D est irrecevable, subsidiairement mal fondée ;

- l'arrêté a été adopté en méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, dès lors que le retrait intervient au-delà du délai de trois mois prescrit par ce texte ;

- ils ne se sont livrés à aucune manœuvre frauduleuse tendant à rehausser artificiellement le niveau du terrain naturel, de sorte que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2022, la commune de Silly-sur-Nied, représenté par la SELARL Cossalter, de Zolt et Couronne, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, faute de respecter les exigences de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par une intervention et des mémoires, enregistrés les 28 janvier 2022, 3 mars 2022, 29 août 2022 et 21 octobre 2022, M. G D, représenté par la SCP C.B.F, demande au tribunal :

1°) de rejeter la requête de M. et Mme F ;

2°) d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2019 par lequel le maire de la commune de Silly-sur-Nied a accordé le permis de construire modificatif n°1 portant sur la construction d'une maison individuelle située 2, rue du grand Breuil ;

3°) de mettre à la charge de M. et Mme F le paiement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. D soutient que :

- son intervention doit être admise ;

- la requête présentée par les requérants est irrecevable ;

- les moyens présentés par les requérants ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 1er décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Pouget-Vitale, rapporteur public,

- les observations de Me Ambrosi, avocate de M. et Mme F,

- les observations de Me Bizzarri qui substitue Me De Zolt, avocat de la commune de Silly-sur-Nied,

- les observations de Me Halil, avocate de M. D,

- les observations de M. F.

Une note en délibéré a été produite dans chacune des deux instances, le 17 janvier 2023, pour le compte de la commune de Silly-sur-Nied.

Une note en délibéré a été produite dans chacune des deux instances, le 17 janvier 2023, pour le compte de M. et Mme F.

Considérant ce qui suit :

1. Le 15 mars 2019, M. et Mme F ont présenté une demande de permis de construire portant sur la construction d'une maison individuelle sur un terrain situé 2, rue du Grand Breuil à Silly-sur-Nied. Par un arrêté du 1er avril 2019, le maire a refusé de délivrer le permis sollicité, au motif que le projet méconnaissait la règle de hauteur fixée à l'article 8 du règlement du lotissement " Les Tilleuls ". Le 16 avril 2019, M. et Mme F ont présenté une nouvelle demande de permis de construire, qui leur a été accordé par un arrêté du 11 juin 2019. Le 2 décembre 2019, le maire a délivré à M. et Mme F un premier permis de construire modificatif portant notamment sur l'implantation de la maison et sa hauteur. Une visite de contrôle a été effectuée par les services de l'urbanisme, le 30 janvier 2020, qui a révélé que la hauteur de la maison n'était pas conforme à celle autorisée par le permis modificatif. Par un courrier du 7 février 2020, le maire a ainsi mis M. F en demeure de régulariser cette situation. Le 24 février 2020, M. F a présenté une seconde demande de permis de construire modificatif portant sur l'implantation altimétrique et planimétrique de la construction projetée, qui a été refusé par un arrêté du 3 juin 2020, le maire ayant estimé que les pétitionnaires avaient fait des déclarations erronées dans le but de tromper l'administration quant au niveau du terrain naturel. Par un arrêté du 14 mai 2021, le maire a retiré le premier permis modificatif du 2 décembre 2019, au même motif qu'il était entaché de fraude quant aux déclarations relatives au terrain naturel. Par les requêtes visées ci-dessus, qu'il convient de joindre afin qu'il soit statué par un seul jugement, M. et Mme F demandent au tribunal d'annuler les arrêtés des 3 juin 2020 et 14 mai 2021, ainsi que les décisions par lesquelles le maire de Silly-sur-Nied a rejeté leur recours gracieux.

Sur l'intervention de M. D :

2. D'une part, M. D, qui est voisin immédiat de la maison individuelle pour laquelle le permis de construire modificatif, portant sur l'implantation altimétrique de la construction, a été retiré par l'arrêté du 14 mai 2021, a un intérêt suffisant au maintien de celui-ci.

3. D'autre part, en revanche, une intervention ne peut être admise que si son auteur s'associe soit aux conclusions du requérant, soit à celles du défendeur. L'intervention de M. D tend, outre au maintien de la décision du 14 mai 2021, à l'annulation de la décision du 2 décembre 2019 portant permis de construire modificatif n°1, qui n'est sollicitée par aucune des parties.

4. Il en résulte que l'intervention de M. D doit être admise et est recevable, en tant seulement qu'elle tend au maintien de la décision attaquée.

Sur les fins de non-recevoir :

5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif () ".

6. Ces dispositions visent, dans un but de sécurité juridique, à permettre au bénéficiaire d'une autorisation d'urbanisme, ainsi qu'à l'auteur de cette décision, d'être informés à bref délai de l'existence d'un recours contentieux dirigé contre elle. En revanche, elles n'exigent pas que le bénéficiaire d'une autorisation d'urbanisme notifie à l'auteur d'une décision de retrait de cette autorisation, le recours contentieux qu'il forme pour la contester. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de ce que le requérant n'a pas notifié à la commune son recours contentieux dirigé contre l'arrêté de retrait du 14 mai 2021 doit être écartée.

7. En second lieu, si Mme F n'est certes pas désignée en qualité de pétitionnaire dans l'arrêté de retrait du 14 mai 2021 qui est attaqué, elle a acquis, avec son époux, la pleine propriété du terrain d'assiette de la construction projetée, selon attestation notariée du 22 mai 2019. Il ne peut donc être sérieusement soutenu par M. D qu'elle n'a pas d'intérêt à agir contre la décision retirant le permis modificatif de la maison d'habitation ayant vocation à être édifiée sur ce terrain. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt pour agir de Mme F doit être écartée.

Sur la légalité des permis de construire modificatifs :

8. L'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.

En ce qui concerne l'arrêté du 14 mai 2021 retirant le premier permis de construire modificatif :

9. Il ressort des termes de la décision attaquée que le maire a retiré le premier permis de construire modificatif sollicité au motif que le pétitionnaire avait déclaré un niveau du terrain naturel qui ne correspond pas au niveau réel avant travaux, le faisant coïncider avec le terrain fini, faussant l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet avec la règle de hauteur de l'article 8 du règlement de lotissement applicable, qui dispose que " la hauteur sous sablière, comptée à partir du terrain naturel, ne pourra excéder 5 mètres ". Pour l'application de ces dispositions, il convient de mesurer la hauteur des constructions projetées à partir du niveau du sol existant avant tous travaux d'exhaussement ou d'excavation effectués en vue de la réalisation du projet faisant l'objet de la demande de permis de construire.

10. Il ressort des pièces dossier que les pétitionnaires ont acquis en 2019 un terrain non bâti, sur lequel était précédemment édifiée une maison d'habitation, démolie en 2012 à la suite d'un incendie. Il en résulte que le niveau du terrain naturel à prendre en compte pour le projet des requérants, tant pour le permis initial que pour les permis modificatifs, qui ne constituent au final qu'une seule et même autorisation d'urbanisme, correspond à celui existant lors de l'achat du terrain par les requérants, après la démolition de l'ancienne maison.

11. Lors du dépôt de la demande de permis de construire initial, 16 avril 2019, les pétitionnaires ont déclaré que leur terrain était en pente, du nord vers le sud, et ont coté le terrain naturel à un niveau de + 258,03 NGF en son angle nord, +257,12 NGF en son angle nord-est, +255,20 NGF au sud-ouest et + 255,00 NGT au sud, correspondant aux cotes du terrain naturel après démolition, ainsi qu'il ressort du plan de masse. La notice descriptive du dossier de demande de permis initial, correspondant à la pièce PCMI 02 datée du 15 avril 2019, précise que les cotes du projet sont mesurées depuis le niveau du terrain naturel. Le plan de coupe figurant également à cette pièce confirme que le terrain naturel est coté à + 255,00 NGF à l'alignement avec la rue du Grand Breuil desservant le terrain, mais que, le terrain étant en pente ascendante vers l'arrière, seule cette cote a servi de référence pour mesurer la hauteur de la construction, et qu'elle correspond de surcroît au niveau du terrain fini. Ainsi, dans le dossier de demande de permis de construire initial, le terrain fini, au droit de la construction, est plus bas que le terrain naturel, ce qui ressort également et nettement du plan de la façade nord.

12. Il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que le pétitionnaire a entrepris les travaux de construction de sa maison, sans toutefois respecter les plans du permis initial, et a ainsi déposé un dossier de demande de permis de construire modificatif de régularisation.

13. Il ressort de ce dossier de demande du premier permis de construire modificatif, notamment des plans des façades, que le pétitionnaire a déclaré un niveau de terrain fini surélevé par rapport au permis initial, qui s'établit désormais, de l'angle sud-ouest de la construction jusqu'à la façade nord, au même niveau que le terrain naturel, à une cote de 257,28 NGF. Ainsi, contrairement à ce que soutient la commune, il n'est pas établi que le pétitionnaire, s'il a certes rehaussé le niveau du terrain fini, aurait également et de surcroît frauduleusement modifié le niveau du terrain naturel. Le pétitionnaire est donc fondé à soutenir que c'est à tort que le maire de Silly-sur-Nied a retiré le permis modificatif n°1 au motif qu'il était entaché de fraude.

14. Il en résulte que, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur la substitution de motif demandée par la commune, qui soutient que le pétitionnaire a mesuré la hauteur de la construction sous la rive et non sous la sablière, motif de retrait qui serait en tout état de cause présenté au-delà du délai de trois mois de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 14 mai 2021 retirant le permis de construire modificatif n°1, ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux.

En ce qui concerne l'arrêté du 3 juin 2020 refusant le second permis de construire modificatif :

15. En premier lieu, il ressort de la décision attaquée qu'elle a été signée par le maire de Silly-sur-Nied, de sorte que le moyen tiré de ce que la décision n'est pas signée doit être écarté.

16. En second lieu, il ressort de la décision attaquée que le maire a refusé la délivrance du second permis de construire modificatif au motif que le niveau du terrain naturel aurait été artificiellement rehaussé d'environ un mètre, ce qui constituerait une manœuvre ayant pour but de fausser l'appréciation du service instructeur sur la hauteur de la construction.

17. Il ressort en particulier du plan de la façade sud, joint au dossier de demande de permis de construire modificatif n° 2, que le terrain de référence, coté à + 257,28 NGF, correspond au terrain fini, tel qu'il a d'ailleurs été déclaré lors du premier permis modificatif. La hauteur sous rive apparait toujours à + 4,96 mètres à compter de ce niveau du terrain. Elle est toutefois cotée à NGF 263,25, cote dont l'exactitude a été établie par le relevé altimétrique effectué par le géomètre-expert mandaté par M. F, de sorte que la hauteur de la construction, en son angle sud-ouest, est de 263,25 - 257,28 = 5,97 mètres par rapport au terrain fini. Les plans font à cet endroit également apparaître un niveau de terrain naturel à une cote de NGF 258,27, correspondant très exactement à la différence entre la cote de la rive et la hauteur déclarée sous celle-ci (NGF 263,25 - 4,96 mètres). Toutefois, le pétitionnaire a déclaré, dans le permis de construire modificatif n° 1, et alors que les travaux de construction de la maison étaient déjà très avancés, que le niveau du terrain fini égalait à cet endroit le niveau du terrain naturel. Il ne peut donc faire valoir que le niveau du terrain naturel à finalement prendre en compte devrait s'établir à une cote de NGF 258,27, supérieure d'environ un mètre à celle déclarée lors du permis modificatif n°1. Par suite, compte tenu de la présentation volontairement erronée du niveau du terrain naturel et de la hauteur sous rive effectuée lors du dépôt du dossier du permis de construire modificatif n° 2 par le pétitionnaire, qui ne pouvait ignorer le niveau réel du terrain naturel du projet, circonstance caractérisant une manœuvre frauduleuse destinée à tromper l'appréciation du service instructeur, M. F n'est pas fondé à soutenir que le motif de refus opposé par le maire est illégal.

18. Il en résulte que les conclusions du requérant tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 juin 2020 et de la décision rejetant le recours gracieux doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de permis de construire, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

20. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu, dans chacune des deux instances, de mettre à la charge de M. et Mme F ou de la commune de Silly-sur-Nied, les sommes respectivement demandées au titre des frais liés au litige.

21. M. D, intervenant en défense n'étant pas partie à la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font dans les circonstances de l'espèce en tout état de cause obstacle à ce qu'il soit mis à la charge des requérants le paiement de la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1 : L'intervention de M. D dans l'affaire n° 2106649 est admise, en tant qu'elle tend au maintien de l'arrêté du 14 mai 2021.

Article 2 : L'arrêté du 14 mai 2021 retirant le permis de construire modificatif du 2 décembre 2019, ainsi que la décision rejetant le recours gracieux, sont annulés.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F, M. B F et à la commune de Silly-sur-Nied. Copie sera adressée à M. G D.

Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Richard, président,

Mme Kalt, première conseillère,

Mme Anne-Lise Eymaron, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 février 2023.

La rapporteure,

L. A

Le président,

M. E

La greffière,

H. CHROAT

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2, 2106649

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions