mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2007617 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | GRODWOHL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 décembre 2020 et 15 janvier 2022, M. B C et la société par actions simplifiée Andah, représentés par Me Grodwohl, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 26 octobre 2020 par laquelle le préfet de la Moselle a refusé l'autorisation d'exploiter une licence de troisième catégorie pour l'établissement situé 4, rue des Ecoles à Forbach ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle d'accorder l'autorisation d'exploiter une licence de 3ème catégorie pour l'établissement situé 4, rue des Ecoles à Forbach ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle procède au retrait illégal de l'autorisation implicite née du silence gardé par l'administration sur sa demande ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir et de procédure ;
- elle porte atteinte à la liberté du commerce et de l'industrie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2021, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Par une ordonnance du 17 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code local des professions ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Sibileau, rapporteur public,
- et les observations de Me Grodwohl, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 janvier 2020, M. Andahamou, président de la société par actions simplifiée Andah, a déposé une demande d'autorisation d'exploiter une licence de troisième catégorie pour l'établissement situé 4, rue des Ecoles à Forbach, à l'enseigne " L'air du temps ". Par courrier en date du 21 août 2020, le préfet de la Moselle informe M. C qu'il envisage de refuser la délivrance de l'autorisation sollicitée. Le 26 août 2020, M. C présente ses observations. Le 26 octobre 2020, le préfet de la Moselle a refusé l'autorisation demandée. Par leur requête, M. C et la société par actions simplifiée Andah demandent au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 3331-1 du code de la santé publique : " Les débits de boissons à consommer sur place sont répartis en deux catégories selon l'étendue de la licence dont ils sont assortis : () 3° La licence de 3e catégorie, dite " licence restreinte ", comporte l'autorisation de vendre pour consommer sur place les boissons des groupes un et trois ; () ". Aux termes de l'article L. 3332-5 du même code : " " Les articles L. 3332-3 à L. 3332-4-1 ne sont pas applicables dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle. / Dans ces départements, l'article 33 du code local des professions du 26 juillet 1900 reste en vigueur : a) Pour les débits de boissons dont l'ouverture n'est pas interdite par les articles L. 3332-1 et L. 3332-2, pour les hôtelleries et pour le commerce de détail des eaux-de-vie et spiritueux ; b) Pour le transfert ou le retrait d'autorisation des débits de boissons dont l'ouverture est interdite. / Les autorisations délivrées en vertu de l'article 33 ne peuvent l'être qu'à des personnes justifiant qu'elles sont françaises ou ressortissantes d'un Etat de l'Union européenne ou partie à l'accord sur l'Espace économique européen. ". Aux termes de l'article 33 du code local des professions en vigueur dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle : " " Quiconque veut exploiter une hôtellerie, un débit de boisson ou un commerce au détail d'eaux de vie ou de spiritueux doit obtenir une licence (Erlaubnis) à cet effet. Cette licence ne peut être refusée que dans les cas suivants : 1 - Lorsqu'il existe contre le requérant des faits qui permettent de supposer qu'il fera un mauvais usage de sa profession en favorisant l'ivrognerie, les jeux prohibés, le recel ou la débauche ; 2 - Lorsque le local destiné à l'exploitation ne satisfait pas, par sa disposition ou sa situation, aux exigences de la police. ". Aux termes de l'article 53 du même code : " () les autorisations () prévues par les articles () 33 () pourront encore être retirées quand l'absence des qualités dont la loi exigeait l'existence comme condition préalable pour l'autorisation () résultera clairement d'actes ou d'omissions du titulaire. () ". Aux termes de l'article L. 3335-1 du code de la santé publique : " Le représentant de l'Etat dans le département arrête, sans préjudice des droits acquis, après information des maires des communes concernées, les distances en-deçà desquelles les débits de boissons à consommer sur place ne peuvent être établis autour des établissements suivants, dont l'énumération est limitative : 1° Etablissements de santé, centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie et centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues ; 2° Etablissements d'enseignement, de formation, d'hébergement collectif ou de loisirs de la jeunesse ; 3° Stades, piscines, terrains de sport publics ou privés. / Ces distances sont calculées selon la ligne droite au sol reliant les accès les plus rapprochés de l'établissement protégé et du débit de boissons. Dans ce calcul, la dénivellation en dessus et au-dessous du sol, selon que le débit est installé dans un édifice en hauteur ou dans une infrastructure en sous-sol, doit être prise en ligne de compte. / L'intérieur des édifices et établissements en cause est compris dans les zones de protection ainsi déterminées. / L'existence de débits de boissons à consommer sur place régulièrement installés ne peut être remise en cause pour des motifs tirés du présent article. / Dans les communes où il existe au plus un débit de boissons à consommer sur place, le représentant de l'Etat dans le département peut autoriser, après avis du maire, l'installation d'un débit de boissons à consommer sur place dans les zones faisant l'objet des dispositions du présent article lorsque les nécessités touristiques ou d'animation locale le justifient. ". Aux termes de l'article 11 de l'arrêté en date du 6 décembre 2011 du préfet de la Moselle relatif à la police des débits de boissons et des restaurants dans le département de la Moselle : " En application de l'article L. 3335-1 du code de la santé publique, sans préjudice des droits acquis, les débits de boissons à consommer sur place ne pourront être établis autour des édifices suivants, dont l'énumération est limitative : () tous établissements de formation ou de loisirs de la jeunesse. () ". Aux termes de l'article 12 du même arrêté : " Pour les établissements mentionnés à l'article 11 du présent arrêté, les distances délimitant les zones de protection prévues à l'article précédent sont fixées comme suit dans l'ensemble du département de la Moselle : () communes de 10 000 habitants et plus : 100 m. ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la mesure de distance effectuée sur le site géoportail, que la distance, calculée selon la ligne droite au sol reliant les accès les plus rapprochés de la médiathèque, qui doit être regardée comme un établissement de formation et de loisirs de la jeunesse, et de l'établissement de M. C, est de plus de 100 mètres. Le préfet ne produit aucun document de nature à remettre en cause cette distance. Ainsi, un des motifs retenus par le préfet et tiré de la proximité avec la médiathèque est entaché d'une erreur de fait. Par suite, et sans qu'il besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision attaquée doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. L'exécution du présent jugement implique que la demande des requérants soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de la Moselle de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : La décision en date du 26 octobre 2020 par laquelle le préfet de la Moselle a refusé à M. C et la SAS Andah l'autorisation d'exploiter une licence de troisième catégorie pour l'établissement situé 4, rue des Ecoles à Forbach est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Moselle de réexaminer la demande de M. C et de la SAS Andah dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. C et la SAS Andah la somme globale de 2 000 (deux mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C en application du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Sarreguemines.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Messe, présidente,
Mme Milbach, première conseillère,
M. Duez-Gündel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
La rapporteure,
C. A
La présidente,
M.-L. MESSE
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026