jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2008286 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP IOCHUM & GUISO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 23 décembre 2020 et 1er mars 2021, Mme A Josset demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération n° 2020-117 du conseil municipal de Cattenom portant attribution des marchés à l'agence de communication Comme Vous Voudrez, au vu d'un nouveau vote éclairé lors d'un futur conseil municipal ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Cattenom de communiquer les offres complètes des soumissionnaires et les analyses des documents sans oblitération à l'encre noire de l'ensemble des informations.
Elle soutient que :
- s'agissant des conclusions à fin d'injonction :
- n'ayant pas eu accès à toutes les informations, elle n'a pas pu exercer son vote sur l'attribution du marché en pleine conscience et en toute transparence ;
- le masquage apposé sur les notes ou appréciations et sur le type de critères de sélection jette le doute sur la sincérité de l'analyse de l'attribution du lot n° 1 ;
- s'agissant des conclusions à fin d'annulation :
- l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales a été méconnu dès lors que la transmission des informations était incomplète et que la dissimulation de certains critères de sélection n'a pas permis d'éclairer les débats, voire tronqué la présentation au conseil municipal, lors du vote du 2 décembre 2020, de l'attribution de l'accord cadre, de sorte qu'il n'a pu vérifier que l'attributaire était la mieux-disante à défaut d'être la moins-disante ;
- la question du conflit d'intérêt ne pourrait se poser qu'à l'aune d'une transmission des documents d'analyse des offres pleine et entière.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 février 2021 et 10 mars 2021, la commune de Cattenom, représentée par Me Iochum, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que l'acte attaqué n'a pas été produit ;
- en application de la jurisprudence du Conseil d'Etat du 4 avril 2014 " Tarn-et-Garonne ", le recours en excès de pouvoir contre la seule délibération du 2 décembre 2020 qui est un acte détachable préalable à la signature du contrat est irrecevable ;
- les conclusions à fin d'injonction de produire différents documents sont irrecevables, dès lors qu'elles n'ont pas été précédées d'une saisine de la Commission d'accès aux documents administratifs ;
- les moyens sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Olivier Biget,
- les conclusions de M. Alexandre Therre, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis d'appel public à la concurrence du 13 juillet 2020, la commune de Cattenom a lancé une procédure adaptée tendant à la passation d'un accord-cadre à bons de commande comportant deux lots en vue de la réalisation du magazine communal (lot n° 1) et du calendrier annuel de la commune (lot n° 2). D'une durée d'un an reconductible tacitement à trois reprises, ce marché fixe son montant annuel maximum à 30 000 euros pour le lot n° 1 et à 5 000 euros pour le lot n° 2. Après analyse des offres, la société Com Vous Voudrez a été retenue comme entreprise mieux-disante pour les deux lots. Le maire de Cattenom a alors signé les actes d'engagement en vertu de deux décisions n° 2020-11 du 7 septembre 2020 et n° 2020-13 du 14 septembre 2020 portant attribution respectivement du lot n° 1 et du lot n° 2. Dans le cadre de son contrôle de légalité, le sous-préfet de Thionville a, par une lettre du 26 novembre 2020, alerté le maire de Cattenom du vice d'incompétence entachant ces deux décisions, dès lors que le montant total de l'accord-cadre, qui s'élève à 140 000 euros sur la durée de quatre ans, est supérieur au seuil de 100 000 euros en deçà duquel seulement le conseil municipal a délégué sa compétence au maire concernant les marchés publics de services, et l'a invité à régulariser cette situation. Par une délibération n° 2020-117 du 2 décembre 2020, le conseil municipal de Cattenom a de nouveau attribué les deux lots de l'accord-cadre relatif à la réalisation du magazine communal et du calendrier annuel de la commune à la société Com Vous Voudrez et a autorisé le maire à le signer. Mme Josset, conseillère municipale de Cattenom, demande au tribunal l'annulation de cette délibération.
2. Indépendamment du recours de pleine juridiction dont disposent les tiers à un contrat administratif pour en contester la validité, dans les conditions définies par la décision n° 358994 du 4 avril 2014 du Conseil d'Etat, statuant au contentieux, les tiers qui se prévalent d'intérêts auxquels l'exécution du contrat est de nature à porter une atteinte directe et certaine sont recevables à contester devant le juge de l'excès de pouvoir la légalité de l'acte administratif portant approbation du contrat. Ils ne peuvent toutefois soulever, dans le cadre d'un tel recours, que des moyens tirés de vices propres à l'acte d'approbation, et non des moyens relatifs au contrat lui-même.
3. Toutefois, les actes d'approbation d'un contrat visés au point précédent sont seulement ceux qui émanent d'une autorité distincte des parties contractantes, qui concernent des contrats déjà signés et qui sont nécessaires à leur entrée en vigueur. Ne sont pas au nombre de ces actes ceux qui, même s'ils indiquent formellement approuver le contrat, participent en réalité au processus de sa conclusion.
4. La délibération n° 2020-117 du 2 décembre 2020 approuvée par le conseil municipal de Cattenom n'émane pas d'une autorité distincte des parties contractantes et participe du processus de conclusion de l'accord-cadre, de sorte qu'elle ne constitue pas un acte d'approbation de ce contrat, au sens des principes énoncés aux points 2 et 3. Par conséquent, cette délibération ne peut faire l'objet d'un recours en excès de pouvoir, seul un recours de pleine juridiction contestant la validité du marché pouvant être introduit. Il s'ensuit que les conclusions de la requête de Mme Josset tendant à l'annulation de cette délibération sont irrecevables et doivent, de même que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction, être rejetées, ainsi que la commune de Cattenom le fait valoir en défense.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme Josset est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Josset et à la commune de Cattenom.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
M. Biget, premier conseiller,
Mme Bronnenkant, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 5 octobre 2023.
Le rapporteur,
O. Biget
Le président,
S. Dhers
La greffière,
N. Adjacent
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026