mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2100049 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CDA JOLY & OSTER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2021, M. A D, représenté par la SELARL CDA Joly et Oster, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté de péril imminent en date du 22 octobre 2020 du maire de la commune de Mollkirch en tant qu'il ordonne la réalisation de travaux nécessaires à garantir la sécurité publique en procédant au confortement de la grange et en préconisant la dépose de la charpente et l'arase des pignons jusqu'au niveau + 3 mètres par rapport au sol ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mollkirch la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le maire a excédé ses pouvoirs en ordonnant, sur le fondement de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habilitation, la réalisation de travaux excédant des mesures provisoires et s'assimilant à la démolition du bâtiment.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2022, la commune de Mollkirch conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le moyen soulevé par M. D n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 4 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Sibileau, rapporteur public,
- et les observations de Me Weis, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté en date du 22 octobre 2020, le maire de la commune de Mollkirch a ordonné à M. D, propriétaire d'un bien immobilier sis au 29A route de la Chapelle sur le ban de la commune, de prendre immédiatement toutes mesures pour garantir la sécurité publique en procédant, d'une part, à la mise en place d'un périmètre de sécurité de 3 mètres minimum au droit du pignon existant côté jardin de la propriété de M. C et un périmètre de sécurité au droit de l'auvent, dispositif décalé de 2 mètres par rapport à l'aplomb de l'auvent afin de protéger les personnes en cas de chute de tuiles et, d'autre part, à la suspension provisoire de l'accès à l'intérieur de la grange au niveau du stockage du petit bois utilisé actuellement par le locataire de M. D et la sensibilisation de son locataire aux risques encourus. Par le même arrêté, le maire lui a également ordonné de prendre, dans le délai de trois mois à compter de la notification de l'arrêté, toutes mesures pour garantir la sécurité publique en procédant au confortement de la grange, en précisant que la solution de dépose de la charpente et de l'arase des pignons jusqu'au niveau + 3 mètres par rapport au sol est conseillée par l'expert. Par sa requête, M. D demande l'annulation de l'arrêté en tant qu'il ordonne la réalisation de travaux nécessaires à garantir la sécurité publique en procédant au confortement de la grange et en préconisant la dépose de la charpente et l'arase des pignons jusqu'au niveau + 3 mètres par rapport au sol.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au présent litige : " En cas de péril imminent, le maire, après avertissement adressé au propriétaire, demande à la juridiction administrative compétente la nomination d'un expert qui, dans les vingt-quatre heures qui suivent sa nomination, examine les bâtiments, dresse constat de l'état des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin à l'imminence du péril s'il la constate. / Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un péril grave et imminent, le maire ordonne les mesures provisoires nécessaires pour garantir la sécurité, notamment, l'évacuation de l'immeuble. / Dans le cas où ces mesures n'auraient pas été exécutées dans le délai imparti, le maire les fait exécuter d'office. En ce cas, le maire agit en lieu et place des propriétaires, pour leur compte et à leurs frais. / Si les mesures ont à la fois conjuré l'imminence du danger et mis fin durablement au péril, le maire, sur le rapport d'un homme de l'art, prend acte de leur réalisation et de leur date d'achèvement. / Si elles n'ont pas mis fin durablement au péril, le maire poursuit la procédure dans les conditions prévues à l'article L. 511-2. ".
3. Il résulte de ces dispositions que le maire doit, lorsqu'il agit sur le fondement de l'article L. 511-3 précité afin de faire cesser un péril imminent, se borner à prescrire les mesures provisoires nécessaires pour garantir la sécurité.
4. Il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle a été prise par le maire de la commune de Mollkirch suite à la remise du rapport d'un expert désigné par la juge des référés du présent tribunal par ordonnance en date du 18 septembre 2020 concluant à l'existence d'un péril grave et imminent et à l'urgence à ce que des mesures provisoires soient prises en vue de garantir la sécurité publique, laquelle est gravement menacée par l'état de l'immeuble de M. D. Il en résulte que le maire a agi sur le fondement de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation.
5. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 16 octobre 2020, que l'immeuble litigieux présente un risque de péril imminent et que les travaux qui doivent être immédiatement entrepris pour mettre fin à ce péril imminent sont ceux que le maire ordonne de réaliser immédiatement dans son arrêté. Il ne résulte pas de l'instruction que ces travaux ne seraient pas suffisants pour mettre fin au péril imminent. Le rapport mentionne également que suite à la demande de M. D d'entreprendre lui-même des travaux de confortement afin de lever le risque de péril imminent, l'expert lui a conseillé, eu égard à la dangerosité des travaux et à leur coût, de procéder à la dépose de la charpente et de l'arase des pignons jusqu'au niveau + 3 mètres par rapport au sol, ce qui serait suffisant pour régler tout problème de péril imminent. Toutefois, ces travaux de confortement, qui consistent à enlever une partie de la toiture, excèdent, par leur nature et leur importance, les mesures provisoires pouvant être légalement prescrites à un propriétaire selon la procédure de péril imminent prévue par les dispositions précitées de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation. Ainsi, l'arrêté litigieux doit être annulé en tant qu'il ordonne ces travaux de confortement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. D, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Mollkirch demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Mollkirch la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : L'arrêté de péril imminent du maire de la commune de Mollkirch en date du 22 octobre 2020 est annulé en tant qu'il ordonne la réalisation de travaux nécessaires à garantir la sécurité publique en procédant au confortement de la grange et en préconisant la dépose de la charpente et l'arase des pignons jusqu'au niveau + 3 mètres par rapport au sol.
Article 2 : La commune de Mollkirch versera à M. D la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Mollkirch présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la commune de Mollkirch.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Messe, présidente,
Mme Milbach, première conseillère,
M. Duez-Gündel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La rapporteure,
C. B
La présidente,
M.-L. MESSE
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026