vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2100169 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU MW (1) |
| Avocat requérant | SELAFA CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 janvier 2021 et le 20 juin 2022, Mme B A, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 novembre 2020 par laquelle le président du conseil départemental du Haut-Rhin lui a infligé la sanction du Blâme ;
2°) d'enjoindre à la collectivité européenne d'Alsace d'effacer toute mention du blâme et des poursuites disciplinaires de son dossier administratif avec une astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir;
3°) de mettre à la charge de la collectivité européenne d'Alsace la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
Elle soutient que :
-la signataire, Mme C, ne justifie pas de sa compétence par une délégation régulière
-la décision est et entachée de vices de procédure : les pièces constitutives de son dossier individuel n'étaient pas numérotées, ni classée dans l'ordre chronologique en méconnaissance de l'article 4 du décret n°89-677 du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux ; ses droits de la défense ont ainsi été entravés ;
-la décision est entachée d'erreur de droit : le blâme est d'effet immédiat alors que la notification a été effectuée le 4 décembre 2020 ;
-la décision est entachée d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation : la matérialité des faits n'est pas établie ; de plus, les griefs n'appelaient pas de sanction disciplinaire ; sans avoir fait l'objet d'évaluation, elle avait fait l'objet d'excellentes appréciations dans sa précédente collectivité et n'avait, en 20 ans, fait l'objet d'aucune sanction ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2021, la collectivité européenne d'Alsace conclut au rejet de la requête ;
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés:
Vu l'ordonnance du 2 décembre 2021 fixant la clôture de l'instruction au 20 juin 2022 à 12 heures
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu
-la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
-la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
-le décret n°89-677 du 18 septembre1989 ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E en application des articles L. 222-2-1 et R.222-13 du code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 juillet 2022 à 11 heures :
- le rapport de M. E, magistrat-désigné,
- les conclusions de M. Gros, rapporteur public ;
- les observations de M. D, représentant la collectivité européenne d'Alsace
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, le président du conseil départemental de Haut-Rhin a, par un arrêté 18 février 2020 régulièrement affiché le 19 février 2020, donné délégation à Mme C, directrice des ressources humaines, pour signer tous actes en matière de discipline des agents. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision manque, dès lors, en fait et doit être écarté.
2. En deuxième lieu, la requérante fait valoir que les pièces de son dossier individuel n'étaient ni numérotés, ni classées dans un ordre chronologique en méconnaissance des dispositions de l'article 18 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et à l'article 4 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas soutenu, que la requérante n'aurait pas pu accéder à l'intégralité des pièces de son dossier. Dans ces conditions, le vice de procédure invoqué n'a pas porté atteinte aux droits ou garanties de la requérante. Le moyen soulevé ne peut ainsi qu'être écarté.
3. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, la décision de sanction n'a pas eu pour effet d'être applicable dès sa signature, la mention selon laquelle elle est d'effet immédiat ayant nécessairement pour signification que la décision a été appliquée lors de sa notification effectuée le 4 décembre 2020. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
4. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A, directrice territoriale, a vivement manifesté, le 8 avril 2020, sa désapprobation envers son responsable hiérarchique à l'occasion de consignes qui lui étaient transmises pour qu'elle les relaie dans le cadre de ses fonctions et marqué sa volonté de refuser d'obtempérer. Lors d'échanges ultérieurs, l'intéressée a admis elle-même avoir " haussé le ton " et " mis fin à cette discussion stérile en disant au revoir et en raccrochant ". La situation de souffrance au travail invoquée par Mme A ne saurait justifier son intempérance et son comportement excessif. La circonstance qu'elle a, précédemment, fait l'objet d'excellentes appréciations dans une autre collectivité et n'avait, en vingt années, fait l'objet d'aucune sanction est sans incidence. Le grief en cause est ainsi avéré.
5. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, en revanche que le grief tiré de l'attitude de Mme A durant la semaine du 22 au 30 juin 2020 relatif à la question du retour en " présentiel " des agents après le confinement présente un caractère fautif dès lors que l'intéressée s'est limitée, dans des échanges par courriel, à faire part d'une certaine divergence, sa position étant néanmoins compatible avec les instructions internes. Ce grief doit dès lors être neutralisé.
6. En sixième lieu, le grief tiré de l'intempérance et du comportement excessif de la requérante ainsi que du refus d'obtempérer issu des évènements de la journée du 8 avril et des échanges subséquents sur le même sujet présente un caractère fautif nature à justifier la sanction du blâme sans disproportion, ni erreur d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requérante à fin d'annulation de la décision du 4 novembre 2020 et, par voie de conséquence, à fin d'injonction et d'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la collectivité européenne d'Alsace.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
M. E
Le greffier,
S. Bronner
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026