jeudi 12 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2100250 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL SCHRECKENBERG & PARNIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 15 janvier 2021 et 27 juillet 2021, M. A E, représenté par la SELARL Schreckenberg et Parniere, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 6 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes de Hanau-La Petite pierre a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes de Hanau-la Petite Pierre en tant qu'elle classe la parcelle cadastrée section 2 n° 167 en zone NF ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Wingen-sur-Moder a refusé de lui délivrer un permis de construire portant sur la construction d'une maison individuelle, pour une surface de plancher de 313 mètres carrés, sur un terrain situé 9, rue de la Chaumière à Wingen-sur-Moder ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Wingen-sur-Moder le versement d'une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'illégalité en raison de l'illégalité du classement du terrain d'assiette du projet en zone NF ;
- le classement de sa parcelle en zone NF porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété ;
- sa parcelle est accessible par une voie carrossable publique ;
- sa parcelle est desservie par les réseaux publics et ceux-ci ne font l'objet d'aucune saturation ;
- la commune n'a pas donné suite à son projet d'installer sur sa parcelle un système de défense incendie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2021, la commune de Wingen-sur-Moder, représentée par la SELAS Olszak et Levy, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 6 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes de Hanau-La Petite Pierre a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal sont irrecevables car tardives ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D B,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Kappler, avocat de M. E,
- les observations de Me Greze, avocat de la commune de Wingen-sur-Moder.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 22 juin 2020, M. E a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la construction d'une maison individuelle pour une surface de plancher de 313 mètres carrés, sur un terrain situé 9, rue de la Chaumière à Wingen-sur-Moder. Par un arrêté du 15 septembre 2020, le maire de la commune de Wingen-sur-Moder a refusé de délivrer le permis sollicité. M. E a, par un courrier du 26 octobre 2020, formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté qui a été rejeté par une décision de la commune de Wingen-sur-Moder du 19 novembre 2020. Par le présent recours, M. E demande au tribunal d'annuler la délibération du 6 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes de Hanau-La Petite Pierre a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal ainsi que l'arrêté du 15 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Wingen-sur-Moder a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Pour contester la légalité du motif de refus tiré de l'application de l'article 1.1.2N du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal, M. E demande l'annulation de ce document en tant qu'il procède à ce classement et se prévaut, par la voie de l'exception, de l'illégalité du classement de sa parcelle en zone NF dès lors, d'une part, qu'il serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et, d'autre part, qu'il porterait atteinte au droit de propriété, ce qui n'aurait pas permis de considérer, comme l'indique l'arrêté attaqué, qu'à la date du certificat d'urbanisme, un sursis à statuer pouvait lui être opposé.
3. En premier lieu, aux termes de l'article R.151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ".
4. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage déterminant les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
5. M. E soutient que le classement de sa parcelle en zone NF est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que contrairement à ce qui lui a été indiqué dans la réponse à son recours gracieux, sa parcelle section 2 n° 167 n'est pas enclavée et constitue une dent creuse sans revêtir les caractéristiques d'une zone naturelle.
6. Toutefois, il ressort du projet d'aménagement et de développement que les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu veiller à la qualité paysagère des espaces de transition entre les parties urbanisées et les espaces naturels, afin de préserver les qualités paysagères du territoire. Le même projet fait état de ce qu'il convient de réduire les surfaces artificialisées afin de préserver les terres naturelles et forestières et de préserver et remettre en état les continuités écologiques, ce qui implique notamment d'œuvrer au maintien du massif forestier. La parcelle du requérant se situe à l'extrême limite de la zone urbanisée de la commune et s'ouvre sur une vaste étendue boisée. Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que la partie de cette vaste zone boisée immédiatement contigüe à la parcelle de M. E constitue une zone naturelle d'intérêt faunistique et floristique (ZNIEFF). La parcelle se trouve, en outre, à proximité d'un vallon boisé humide intégré dans un site Natura 2000. Alors que M. E ne dispose d'aucun droit au maintien de la réglementation antérieure, sa parcelle, par ses caractéristiques, ne peut être assimilée à une dent creuse mais constitue, au contraire, un espace de transition entre la zone urbanisée de la commune et la vaste étendue naturelle sur laquelle elle s'ouvre. La circonstance que, contrairement à ce qu'indiquait le maire dans sa décision de rejet du recours gracieux au sujet des modalités de desserte du projet du pétitionnaire par la voirie ou les réseaux, le projet pourrait être réalisable moyennant le respect de certaines conditions ou prescriptions n'est pas en l'espèce de nature à entacher d'illégalité le classement de la parcelle en zone N et, par voie de conséquence, le motif de refus de permis de construire qui lui a été opposé à cet égard. Il en va de même du fait qu'elle soit située à proximité de parcelles construites. Par suite, le moyen tiré de ce que le classement en zone NF de la parcelle en litige est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
7. En deuxième lieu, alors que le classement en zone NF de la parcelle en litige a été réalisé par un plan local d'urbanisme adopté sur le fondement des dispositions législatives des articles L. 153-1 et suivants du code de l'urbanisme et qu'il est motivé par des objectifs d'amélioration de la qualité des espaces et n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation, M. E qui, par ailleurs, n'assortit pas son moyen de précisions complémentaires n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été porté une atteinte disproportionnée à son droit de propriété.
8. Il résulte de ce qui a été indiqué aux points 4 à 9 de la présente décision, que l'illégalité du classement en zone NF de la parcelle de M. E doit être écarté. Ce moyen invoqué par voie d'action contre le plan local d'urbanisme intercommunal en tant qu'il classe son terrain d'assiette en zone N et par voie d'exception à l'encontre du refus de permis de construire, ne peut dès lors qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 6 février 2020 ainsi que de l'arrêté du 15 septembre 2020 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Wingen-sur-Moder qui n'est pas, dans le cadre de la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme demandée par M. E au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
11. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de M. E le paiement à la commune de Wingen-sur-Moder d'une somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : M. E versera à la commune de Wingen-sur-Moder une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et à la commune de Wingen-sur-Moder. Copie en sera adressée à la communauté de communes de Hanau La Petite Pierre.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Kalt, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2023.
La rapporteure,
A.-L. B
Le président,
M. C
La greffière,
J. BROSE
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026