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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2100378

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2100378

mardi 4 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2100378
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantRICHARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 janvier 2021, M. B A et la société à responsabilité limitée Vauban formation, représentés par Me Richard, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 septembre 2020 par laquelle préfète du Bas-Rhin a retiré son agrément à la société à responsabilité limitée Vauban formation (ci-après SARL), ensemble la décision du 12 novembre 2020 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure dès lors que la commission départementale de la sécurité routière n'a pas été consultée conformément à l'article 10 de l'arrêté ministériel du 26 juin 2012 fixant les conditions d'exploitation des établissements chargés d'organiser des stages de sensibilisation à la sécurité routière ;

- elles sont fondées sur une erreur de qualification juridique des faits ;

- elles sont fondées sur une réglementation illégale au regard des articles L. 213-4-1 et L. 213-9 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2021, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A et la SARL Vauban formation ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

-l'arrêté ministériel du 26 juin 2012 fixant les conditions d'exploitation des établissements chargés d'organiser des stages de sensibilisation à la sécurité routière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les conclusions de M. Lusset , rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Vauban formation, dont M. A est le gérant, s'est vu retirer son agrément pour organiser des stages de sensibilisation à la sécurité routière par un arrêté préfectoral du 11 septembre 2020 en application de l'article 8 1° b) de l'arrêté ministériel du 26 juin 2012 fixant les conditions d'exploitation des établissements chargés d'organiser ce type de stage. La préfecture a rejeté le recours gracieux formé par M. A par un courrier du 12 novembre 2020. La SARL Vauban formation représentée par son gérant demande l'annulation de ces deux décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 10 de l'arrêté ministériel du 26 juin 2012 fixant les conditions d'exploitation des établissements chargés d'organiser des stages de sensibilisation à la sécurité routière, dans sa nouvelle version en vigueur depuis le 27 juillet 2017 : " avant toute décision de retrait ou suspension de l'agrément, le préfet porte à la connaissance du titulaire de l'agrément, par lettre recommandée avec avis de réception, les motifs de sa décision et l'invite à présenter, dans un délai qui ne peut être inférieur à huit jours, des observations écrites et, le cas échéant, des observations orales en se faisant assister ou représenter par le mandataire de son choix. En l'absence de réponse dans le délai prévu, la procédure est réputée contradictoire ". Avant de retirer ou suspendre un agrément, le préfet doit informer l'intéressé, par lettre recommandée, des motifs justifiant sa décision et l'inviter à présenter des observations dans le délai d'un mois à compter de la réception de la lettre.

3. D'une part, il ressort de ces dispositions que la commission départementale de sécurité routière n'avait pas à être consultée avant l'édiction de la décision litigieuse. D'autre part, par un courrier recommandé du 4 mars 2020, la préfète du Bas-Rhin a informé M. A de son intention de procéder au retrait de l'agrément de la SARL Vauban formation en indiquant les motifs de sa décision et l'a invité à présenter ses observations. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que les décisions litigieuses sont entachées d'un vice de procédure.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de l'arrêté du 6 juin 2012 : " Le préfet retire l'agrément de l'établissement chargé d'organiser les stages de sensibilisation à la sécurité routière : 1° En cas de non-respect des modalités suivantes d'organisation de la formation : () b) Si le titulaire de l'agrément a enregistré plus de 30 % d'annulation des stages programmés sur deux années glissantes après la première année d'exercice. Entrent dans cette catégorie les stages annulés moins de trente jours avant la date prévue pour leur réalisation () ". Ainsi le préfet est tenu de retirer leur agrément aux établissements chargés d'organiser des stages de sensibilisation à la sécurité routière dès lors qu'il apparaît qu'ils ont eu plus de 30 pour cent d'annulations de stages programmés sur deux années glissantes, y compris les stages annulés moins de trente jours avant la date de leur réalisation.

5. Il ressort des pièces de dossier que, dans son courrier du 30 juillet 2020, M. A a reconnu " après étude détaillée de l'activité de la SARL Vauban formation sur les années 2018-2019 (années glissantes) " que le taux d'annulation des stages programmés était de 36 %, soit 6 % au-delà de la réglementation. Dans ces conditions, il ne saurait sérieusement soutenir que la préfète du Bas-Rhin n'apporte aucune preuve ou justificatif pour corroborer la validité du taux d'annulation de stage indiqué dans la décision contestée, soit 30% sur deux années glissantes. Par suite, le moyen est écarté.

6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 213-4-1 du code de la route, en vigueur à la date de la décision contestée : " La répartition des places d'examen au permis de conduire attribuées aux établissements d'enseignement de la conduite et de la sécurité routière est assurée dans des conditions objectives, transparentes et non discriminatoires, ne portant pas atteinte à la concurrence entre ces établissements () ". Aux termes de l'article L. 213-9 du code de la route : " Les établissements et associations agréés au titre des articles L. 213-1 ou L. 213-7 s'engagent dans des démarches d'amélioration de la qualité des prestations de formation qu'ils délivrent. La labellisation ou la certification par un organisme accrédité peuvent faire accéder ces établissements à des droits ou des dispositifs particuliers. Ces établissements sont tenus de transmettre chaque année à l'autorité administrative les informations et statistiques relatives à leur activité de formation aux examens théoriques et pratiques du permis de conduire et aux résultats de leurs élèves, à charge pour l'autorité administrative de les analyser selon un cahier des charges fixé par arrêté pour permettre au Conseil supérieur de l'éducation routière d'établir un rapport public annuel sur la base de ces informations ".

7. Si M. A soutient que l'article 8 1° b) de l'arrêté du 26 juin 2012 ne serait pas conforme aux exigences des articles L. 213-4-1 et L. 213-9 du code de la route en tant qu'il s'inscrit dans une logique strictement quantitative et favorise, au détriment de la qualité des formations et de l'égalité entre établissements, les stages à bas prix, ces articles ne concernent pas les stages de sensibilisation à la sécurité routière mais les formations aux examens théoriques et pratiques du permis de conduire et la répartition des places d'examen au permis de conduire entre les établissements d'enseignement de la conduite et de la sécurité routière. Par suite, le moyen est inopérant.

8. Il résulte de toute ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A et de la SARL Vauban formation doivent être rejetées ainsi que celles visant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A et de la SARL Vauban formation est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la société à responsabilité limitée Vauban formation et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2023 , à laquelle siégeaient :

M. Dhers, président,

Mme Devys, première conseillère,

Mme Weisse-Marchal, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.

La rapporteure,

C. C

Le président,

S. Dhers

Le greffier,

P. Souhait

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour copie conforme,

Le greffier,

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