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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2100832

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2100832

jeudi 9 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2100832
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 janvier, 30 avril et 18 mai 2021, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis des sommes à payer d'un montant de 3 426,35 euros émis le 10 décembre 2020 par le maire de Sélestat ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Sélestat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'avis des sommes à payer est intervenu en méconnaissance du délai prévu à

l'article 708 du code de procédure civile ;

- cet avis est mal fondé, dès lors que la somme de 2 613,35 euros correspond au coût d'actes répertoriés dans la note de frais de Me Jocquel sans lien avec le jugement judiciaire du 16 novembre 2020, que les prescriptions de l'article R. 761-4 du code de justice administrative n'ont pas été respectées, que les actes se rapportant à l'année 2016 concernent les suites de l'ordonnance n° 1604165 du 29 juillet 2016 du juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg qui a été annulée par une décision du Conseil d'Etat du 20 décembre 2017 n° 402383, que le commandement de quitter les lieux du 13 octobre 2016 a été annulé par une jugement du 5 février 2018 du juge de l'exécution de Sélestat et que certains frais sont couverts par la somme de 2 000 euros mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la décision du Conseil d'Etat ;

- les 13 euros réclamés au titre des droits de plaidoirie du 14 septembre 2020 ne peuvent être dus qu'à un avocat et pas à une commune ;

- il a réglé à Me Gillig la somme de 800 euros due au titre de l'article 700 du code de procédure civile en exécution du jugement du 16 novembre 2020 du tribunal de proximité ;

- le tribunal administratif est compétent, contrairement à ce que la ville de Sélestat soutient en défense.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2021, la commune de Sélestat, représentée par la Selarl Soler-Couteaux et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître ;

- la requête présente un caractère abusif qui pourrait être de nature à justifier le prononcé d'une amende sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Olivier Biget,

- les conclusions de M. Alexandre Therre, rapporteur public,

- les observations de Me Erkel, avocat de la commune de Sélestat.

Une note en délibéré, présentée par M. A, a été enregistrée le 9 octobre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, agent technique forestier principal, a été affecté en qualité de chef de triage à l'unité territoriale de Sélestat sur le poste n° 80200408 situé à Kintzheim à compter du 1er septembre 2002. En application de la concession pour nécessité absolue de service convenue avec l'Office national des forêts, il a disposé à ce titre de la maison forestière de Danielsrain dont la commune de Sélestat est propriétaire. Nonobstant son changement d'affectation en 2015, l'intéressé s'est maintenu dans la maison concédée, dont il a été expulsé le 13 septembre 2018 après que la commune de Sélestat a obtenu le concours de la force publique en exécution d'une décision du Conseil d'Etat du 20 décembre 2017. N'ayant pas évacué l'ensemble de ses biens mobiliers, M. A s'est vu assigné devant le juge de l'exécution à cette fin, à laquelle le tribunal de proximité de Sélestat a fait droit par un jugement du 16 novembre 2020 condamnant également le succombant au paiement de la somme de 800 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ainsi qu'au paiement des dépens et des frais d'exécution. Après que l'avocat de la commune de Sélestat a adressé un état de frais du 2 décembre 2020 d'un montant de 3 426,35 euros détaillant l'ensemble des sommes réclamées à M. A, le maire de Sélestat a émis un avis des sommes à payer valant titre exécutoire en date du 10 décembre 2020 d'un montant de 3 426,35 euros. Le requérant demande au tribunal l'annulation de ce titre de recettes.

Sur la compétence du tribunal :

2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée contre le débiteur. / () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales () ".

3. Il résulte de ces dispositions que le contentieux du bien-fondé des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge compétent pour en connaître sur le fond.

4. Il résulte de l'instruction que le litige soulevé par la requête de M. A, qui tend à contester le bien-fondé de la somme de 3 426,35 euros mise à sa charge par l'avis des sommes à payer du 10 décembre 2020 trouve son origine dans l'exécution du jugement du 16 novembre 2020 du tribunal de proximité de Sélestat et correspond à la note de frais et débours établie le 20 novembre 2018 par le commissaire de justice pour un montant de 2 613,35 euros, au droit de plaidoirie de l'avocat de la commune de Sélestat, qui s'élève à 13 euros, et à l'indemnité de 800 euros mise à la charge de M. A au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Il n'appartient pas à la juridiction administrative de connaître de cette contestation relative à des sommes réclamées en exécution d'un jugement d'une juridiction judiciaire. Il suit de là que la requête de M. A doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître, ainsi que la commune de Sélestat l'oppose en défense.

Sur les frais liés à l'instance :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font, en tout état de cause, obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Sélestat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. A la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Sélestat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera la somme de 1 000 (mille) euros à la commune de Sélestat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Sélestat.

Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Dhers, président,

M. Biget, premier conseiller,

Mme Perabo Bonnet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 9 novembre 2023.

Le rapporteur,

O. Biget

Le président,

S. Dhers

La greffière,

N. Adjacent

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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