mardi 17 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2100953 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ALENA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 1er février 2021 et 21 avril 2021, Mme C B, représentée par Me Lenne, demande, dans le dernier état de ses écritures, au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 novembre 2020 par laquelle le directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Sainte-Anne lui a attribué la note de 23,75 pour l'année 2020 ;
2°) d'annuler l'avis du 15 décembre 2020 par laquelle le président de la commission administrative paritaire refuse de proposer la révision de son évaluation professionnelle ;
3°) d'enjoindre au directeur de l'EHPAD Sainte-Anne de procéder à une nouvelle évaluation de sa valeur professionnelle au titre de l'année 2020 ;
4°) de mettre à la charge de l'EHPAD Sainte-Anne le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le maintien, au titre de l'année 2020, de sa notation obtenue en 2019 est entachée d'une erreur de droit ;
- sa notation est sous-évaluée ;
- elle ne pouvait faire l'objet en 2020 d'un entretien de notation au titre de cette année, dès lors que celle-ci n'était pas écoulée ;
- elle n'a pas été suffisamment présente en 2020 pour faire l'objet d'une évaluation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 03 juin 2022, l'EHPAD Sainte-Anne, représenté par Me Clamer, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme B le versement de la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les conclusions tendant à l'annulation de l'avis de la commission administrative paritaire du 15 décembre 2020 sont irrecevables et que celles tendant à l'annulation de la décision du 12 novembre 2020 ne sont pas fondées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2020-719 du 12 juin 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D A,
- les conclusions de M. Arnaud Lusset, rapporteur public,
-et les observations de Me Condello, substituant Me Clamer, représentant l'EHPAD Sainte-Anne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est aide-soignante au sein de l'EHPAD Sainte-Anne. Elle a été placée en arrêt de travail pour maladie du 8 novembre 2019 au 12 octobre 2020. Le 12 novembre 2020, le directeur de l'établissement lui a attribué la note de 23,75 au titre de l'année 2020 qui est équivalente à celle de l'année précédente. Le 9 décembre 2020, la requérante a saisi la commission administrative paritaire de l'établissement d'une demande de révision de sa notation. Dans son avis rendu le 15 décembre 2020, la commission administrative paritaire a proposé le maintien de cette notation. La requérante demande au tribunal d'annuler sa notation pour l'année 2020 et l'avis rendu par la commission administrative paritaire le 15 décembre 2020.
Sur la fin de non-recevoir opposée par l'EHPAD Sainte-Anne en ce qui concerne l'avis du 15 décembre 2020 rendu par la commission administrative paritaire :
2. Aux termes du second alinéa de l'article 7 du décret du 12 juin 2020 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière : " L'autorité investie du pouvoir de nomination peut être saisie par l'agent d'une demande de révision du compte rendu de l'entretien professionnel. Ce recours est exercé dans un délai de quinze jours francs à compter de la date de notification à l'agent du compte rendu de l'entretien. L'autorité investie du pouvoir de nomination notifie sa réponse dans un délai de quinze jours francs à compter de la date de réception de la demande de révision du compte rendu de l'entretien professionnel. La commission administrative paritaire peut, à la demande de l'intéressé et sous réserve qu'il ait au préalable exercé la demande de révision mentionnée à l'alinéa précédent, proposer à l'autorité investie du pouvoir de nomination la modification du compte rendu de l'entretien professionnel. Dans ce cas, communication doit être faite à la commission de tous les éléments utiles d'information. La commission administrative paritaire doit être saisie dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de la réponse formulée par l'autorité investie du pouvoir de nomination dans le cadre de la demande de révision.
L'autorité investie du pouvoir de nomination communique à l'agent, qui en accuse réception, le compte rendu définitif de l'entretien professionnel. ". Les avis émis par les commissions administratives paritaires ne constituent pas des décisions faisant grief mais seulement des actes ayant un caractère purement préparatoire et non susceptibles d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions présentées par Mme B tendant à l'annulation de l'avis du 15 décembre 2020, par lequel la commission administrative paritaire a proposé le maintien de sa notation pour 2020, sont irrecevables.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 12 novembre 2020 :
3. Aux termes de l'article 65 de la loi du 9 janvier 1986, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable au présent litige : " L'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct ou l'autorité compétente () ". Aux termes de l'article 4 du décret du 12 juin 2020, relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière : " I. - L'entretien professionnel annuel vise à analyser en commun le bilan des actions menées pendant l'année écoulée () ". Aux termes de l'article 18 du même décret : " Les dispositions du présent décret entrent en vigueur le 1er janvier 2021 et s'appliquent aux entretiens professionnels conduits au titre de l'année 2020. ".
4. En attribuant à Mme B la note de 23,75 au titre de l'année 2020, l'EHPAD Sainte-Anne doit être regardé comme ayant procédé à l'appréciation de la valeur professionnelle de la requérante pour cette année. Toutefois, l'évaluation d'un agent public est subordonnée à la présence effective du fonctionnaire au cours de l'année en cause pendant une durée suffisante, eu égard notamment à la nature des fonctions exercées, pour permettre à son chef de service d'apprécier sa valeur professionnelle. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme B a été absente du service du 1er janvier 2020 au 16 novembre 2020. Ainsi, eu égard à la durée de cette absence et des fonctions qu'elle exerçait, la requérante est fondée à soutenir que l'établissement défendeur aurait dû s'abstenir de procéder à son évaluation au titre de l'année litigieuse.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de sa notation pour 2020.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, les conclusions de Mme B tendant à ce que l'EHPAD Sainte-Anne procède à une nouvelle évaluation au titre de l'année 2020 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'EHPAD Saint-Anne une somme de 1000 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
9. Ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Mme B qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du 12 novembre 2020, par laquelle le directeur de l'EHPAD Sainte-Anne a noté Mme B au titre de l'année 2020, est annulée.
Article 2 : L'EHPAD Sainte-Anne versera à M. B une somme de 1000 (mille) euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de l'EHPAD Sainte-Anne tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Sainte-Anne.
Délibéré après l'audience du 3 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
Mme Devys, première conseillère,
M. Cormier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2023.
Le président-rapporteur,
S. A
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
J. Devys
Le greffier,
P. Souhait
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026