mercredi 3 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2101159 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BIZZARRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 février 2021, Mme B, représentée par
Me Bizzarri, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de condamner la rectrice de l'académie D à lui verser une somme de 18.000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de divers agissements fautifs commis par des agents placés sous l'autorité de cette dernière ;
2°) de mettre à la charge du rectorat de l'académie D la somme de
500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- des fiches rédigées par elle dans le registre de santé et de sécurité au travail ont été communiquées à la proviseure adjointe du lycée aux fins de transmission à un syndicat d'enseignants, alors que dans le même temps le directeur des ressources humaines du rectorat a limité son accès au registre de santé et de sécurité au travail aux seules fiches qu'elle avait renseignées ;
- des messages SMS qu'elle avait envoyés aux élèves de sa classe ont été transmis par le proviseur du lycée au rectorat, en violation du secret des correspondances et du droit à la vie privée;
- le proviseur du lycée a adressé au rectorat un courrier diffamatoire et " handiphobe " remettant en cause sa qualité de travailleur handicapé ;
- ces agissements fautifs ont porté atteinte à son honneur professionnel et à sa vie privée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2022, le recteur de l'académie D conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante de la somme de 147 euros à payer à l'Etat sur le fondement de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 14 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code pénal,
- le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vicard,
- les conclusions de M. Gros, rapporteur public,
- et les observations de M. A, représentant le recteur de l'académie D.
Mme B, régulièrement convoquée, n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est professeure certifiée d'économie-gestion au Lycée Louis Pasteur D. Elle s'est vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé à compter du
1er juin 2016. Par un courrier du 11 décembre 2020, elle a adressé à la rectrice de l'académie D une demande indemnitaire préalable aux fins d'obtenir l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de divers agissements, selon elle fautifs, commis par des agents placés sous l'autorité de la rectrice. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration. Par la présente requête, elle doit être regardée comme demandant la condamnation du rectorat à lui payer la somme de 18.000 euros, soit l'équivalent de six mois de traitement brut, en indemnisation de ses préjudices.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. La personne qui subit un préjudice direct et certain du fait du comportement fautif d'une personne publique peut former devant le juge administratif une action en responsabilité tendant à ce que cette personne publique soit condamnée à l'indemniser des conséquences dommageables de ce comportement.
3. En l'espèce, pour demander l'engagement de la responsabilité du rectorat de l'académie D, Mme B invoque en premier lieu une communication fautive à des tiers des fiches du registre de santé et de sécurité au travail qu'elle avait renseignées alors que dans le même temps, le directeur des ressources humaines du rectorat limitait son droit de consultation du registre aux seules fiches qu'elle avait remplies.
4. Aux termes de l'article 3- 2 du décret n° 82- 453 du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique : " Un registre de santé et de sécurité au travail est ouvert dans chaque service et tenu par les agents mentionnés à l'article 4. Ce document contient les observations et suggestions des agents relatives à la prévention des risques professionnels et à l'amélioration des conditions de travail. Le registre de santé et de sécurité au travail est tenu à la disposition de l'ensemble des agents et, le cas échéant, des usagers. Il est également tenu à la disposition des inspecteurs santé et sécurité au travail et des formations spécialisées en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail compétentes ou, à défaut, des comités sociaux d'administration ". Dès lors que le registre de santé et de sécurité au travail doit être tenu à la disposition de l'ensemble des agents, la communication de fiches contenues dans ce registre à la proviseure adjointe du lycée ne saurait revêtir un caractère fautif. Par ailleurs, si le rectorat ne conteste pas que des fiches rédigées par Mme B ont été communiquées à un syndicat des personnels enseignants, aucune disposition n'interdit formellement leur transmission à un tiers d'une part, et la requérante, qui se borne à invoquer une intention de nuire, n'explicite pas le préjudice qui en aurait concrètement résulté d'autre part. Enfin, s'il ressort des pièces du dossier que le directeur des ressources humaines du rectorat a limité de manière erronée l'accès de la requérante au registre de santé et de sécurité au travail aux seules fiches qu'elle avait renseignées, celle- ci ne précise là encore nullement le préjudice qui en aurait résulté. Il s'ensuit que ce premier grief, non fondé, doit être écarté.
5. Mme B soutient en deuxième lieu que le proviseur du lycée a porté atteinte au secret des correspondances et au droit au respect de sa vie privée, en transmettant au rectorat certains messages SMS adressés à ses élèves. D'une part, il n'appartient pas à la juridiction administrative de qualifier pénalement les agissements de ses agents. D'autre part, le secret des correspondances protège les échanges personnels et d'ordre privé mais non ceux d'ordre professionnel ou revêtant un caractère public. Or, les messages adressés par Mme B à ses élèves pour les inciter à faire pression sur la direction du lycée, ont été diffusés sur un forum ne présentant pas de caractère privé. En outre, de nature à intéresser la situation administrative et la manière de servir de la requérante, ils relèvent de la sphère professionnelle. Il s'ensuit que l'administration n'a pas commis de faute en transmettant au rectorat des messages ne bénéficiant pas de la protection attachée aux correspondances privées. Le grief tiré de l'atteinte au secret des correspondances et à la vie privée par le chef d'établissement scolaire, doit par suite être écarté.
6. En dernier lieu, Mme B fait grief au proviseur du lycée d'avoir, le
9 septembre 2020, adressé au rectorat un courrier électronique remettant en cause la réalité de son handicap et revêtant un caractère diffamatoire et " handiphobe ". Dans ce courrier, le proviseur du lycée, commentant les messages de la requérante relatifs à l'opération " au boulot à vélo ", écrit : " Mme B indique qu'elle fait 35 km de vélo par semaine pour ses déplacements au lycée, soit environ 9 km par jour pour quatre journées de travail, ce qui paraît surprenant, avec les problèmes de dos, épaule, etc. qu'elle évoque régulièrement pour ses salles et le fauteuil adapté ". Ces propos, par lesquels le proviseur fait seulement état, en termes mesurés, de son étonnement quant au kilométrage parcouru à vélo par Mme B pour venir au travail eu égard à son handicap, ne remettent nullement en cause la réalité de celui-ci, ni ne revêtent un caractère injurieux ou diffamatoire objectivant une handiphobie. Il s'ensuit que ce grief, manquant en fait, sera également écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de
Mme B la somme demandée par le recteur de l'académie D au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le recteur de l'académie D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au recteur de l'académie D.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2023.
La rapporteure,
C. VICARD
La présidente,
A. DULMET
Le greffier,
S. BRONNER
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026