vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2101524 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU MW (1) |
| Avocat requérant | SELARL ENARD-BAZIRE COLLIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mars 2021, M. B C, représenté par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 février 2021 par lequel le maire de la commune d'Amnéville a prononcé la sanction du blâme à son encontre
2°) de mettre à la charge de la commune d'Amnéville la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
Il soutient que :
-la matérialité des faits n'est pas établie ;
-le dossier disciplinaire n'est composé que du rapport établi par le directeur des services techniques qui n'était pas présent au moment des faits et par M. A qui n'était pas sur place ;
-il n'y a rien d'anormal qu'il se rende à la serre municipale car c'est le seul local accessible aux agents travaillant à l'extérieur sur le domaine public et qui comporte des sanitaires à leur disposition ;
-contrairement aux allégations du rapport, il ne s'est jamais allongé dans le gazon, ses problèmes de santé y faisant obstacle ;
-lors des faits constatés le lundi 17 juin à 12h07, il était à son domicile pour la pause déjeuner ou en congé ; de plus la pause n'est pas déterminée dans sa durée ce qui s'oppose à sa qualification d'excessive ;
-sa tenue de travail ne porte pas l'inscription " ville d'Amnéville " ce qui n'a pas pu permettre de l'identifier ;
-il n'a pas refusé d'obtempérer mais a demandé à bénéficier de l'assistance d'un représentant syndical ;
-il ne peut pas être le seul agent des services techniques à ne pas être autorisé à bénéficier d'une pause ;
-la faute n'est donc pas établie
-à titre subsidiaire, a sanction est disproportionnée ; il s'est toujours acquitté de ses tâches et conformément aux instructions de ses supérieurs ;
-la décision est entachée d'un détournement de pouvoir et de procédure ; la sanction traduit une animosité à son encontre en raison de ses problèmes de santé et de son handicap
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2021, la commune d'Amnéville conclut au rejet de la requête et à ce que le requérant lui verse la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative;
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
Vu l'ordonnance du 23 mai 2022 fixant la clôture de l'instruction au 20 juin 2022 à 12 heures
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu
-la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
-la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
-le décret n°2010-888 du 28 juillet 2010 ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application des articles L. 222-2-1 et R.222-13 du code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 mars 2022 à 14 heures 30:
- le rapport de M. D, magistrat-désigné,
- les conclusions de M. Gros, rapporteur public ;
- les observations de Me Cheminet, représentant la commune d'Amnéville.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, pour contester matérialité des faits qui lui sont reprochés, M. C, adjoint technique territorial à la commune d'Amnéville, soutient qu'ils ne reposent que sur un rapport en date du 19 juin 2019 du directeur des services techniques qui déclare l'avoir vu, depuis son balcon, le lundi 17 juin 2019 à 12 heures 07 en tenue de travail de la commune faire une pause, en dehors des heures prévues, en position allongée pendant une dizaine de minutes avant de reprendre lentement son activité. Toutefois, les faits qui y sont relatés de manière très précise, retenus au titre du premier grief, valent dès lors que le requérant n'apporte pas d'éléments permettant de les contredire. Plus particulièrement, si le requérant semble alléguer que le directeur technique a formulé de fausses accusations à son encontre, il n'apporte aucun élément précis à l'appui de ses affirmations et n'a, au demeurant, pas estimé utile de déposer une plainte pénale en ce sens. Par ailleurs, les circonstances que les constats ont été effectués visuellement depuis le domicile du directeur technique qui n'était pas en service et que le rapport soit cosigné par une personne qui n'a pas assisté à la scène sont sans incidence.
2. En deuxième lieu, si le requérant fait valoir qu'il ne pouvait être en position allongée en raison de ses problèmes de santé et de son statut de travailleur handicapé, il n'apporte néanmoins aucun élément d'ordre médical à l'appui de ses allégations.
3. En troisième lieu, la seule circonstance que la tenue de travail du requérant ne portait pas l'inscription " ville d'Amnéville " contrairement à ce que semble soutenir la commune, est sans incidence dès lors que cette tenue était manifestement identifiable, selon les photographies jointes au dossier, comme l'équipement de protection individuelle que revêtent les agents communaux.
4. En quatrième lieu, il n'est pas sérieusement contredit que M. C a refusé de se rendre dans le bureau de son supérieur hiérarchique, à la suite de l'évènement du 17 juin 2019, sans convocation préalable avec accusé de réception postal et assistance d'un conseil de son choix alors qu'il ne s'agissait pas d'une procédure disciplinaire. Ainsi le refus d'obtempérer, second grief retenu lors de la sanction, est avéré.
5. En cinquième lieu, il ressort de ce qui précède que les deux griefs retenus à l'encontre de M. C sont établis et présentent un caractère fautif de nature à justifier la sanction du blâme prise le 22 février 2021 sans disproportion.
6. En sixième lieu, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi par les seuls éléments invoqués par le requérant d'une prétendue animosité de la hiérarchie à son égard en raison de ses problèmes de santé et de son handicap.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions du requérant à fin d'annulation et d'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. C la somme de 1000 euros à verser à la commune d'Amnéville au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée
Article 2 : M. C versera la somme de 1 000 euros à la commune d'Amnéville au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M B C et à la commune d'Amnéville.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
M. D
Le greffier,
S. Bronner
La République mande et ordonne au ministre de la défense en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026