jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2101702 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LANG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 4 mars 2021, 21 juin 2021, 21 octobre 2021 et 20 janvier 2022, M. C B, représenté par Me Guiso, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2021 par lequel la maire de la commune de Coin-lès-Cuvry a accordé un permis de construire modificatif à la SARL Clos Saint-Michel ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Coin-lès-Cuvry le versement d'une somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie d'un intérêt à agir ;
- une nouvelle demande de permis de construire aurait dû être déposée ;
- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le projet modifié n'a été soumis pour avis ni à la chambre d'agriculture ni au service départemental d'incendie et de secours ;
- les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article UB 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Coin-lès-Cuvry ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Coin-lès-Cuvry ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Coin-lès-Cuvry ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Coin-lès-Cuvry ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article UE3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Coin-lès-Cuvry ont été méconnues ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît l'article 99 de l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation ;
- les dispositions de l'article R. 111-18 du code de la construction et de l'habitation ont été méconnues ;
- les dispositions de l'article 2 de l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d'habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction ;
- le projet n'est pas compatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation relative au secteur ;
- la décision attaquée est constitutive d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2021, la commune de Coin-lès-Cuvry conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. B ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2021, la SARL Clos Saint-Michel, représentée par Me Lang, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme 2 000 euros soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. B ne justifie pas satisfaire aux exigences de l'article R. 600-1 du code de justice administrative ;
- il ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Hsina, substituant Me Lang, avocate de la SARL Le Clos Saint-Michel,
- les observations de Mme A, représentant la commune de Coin-lès-Cuvry.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 6 février 2018, la SARL Le Clos Saint-Michel s'est vu délivrer un permis de construire portant sur la construction d'un bâtiment de cinquante-deux logements, pour une surface de plancher de 3 498,69 mètres carrés, sur un terrain situé rue Principal à Coin-lès-Cuvry. Le 24 octobre 2019, le maire de Coin-lès-Cuvry a délivré à la société pétitionnaire un arrêté de permis de construire modificatif procédant à la suppression d'une partie du sous-sol du projet en litige et à l'ajout d'une surface de stationnement. Par un arrêté du 5 janvier 2021, la SARL Le Clos Saint-Michel a obtenu un second permis de construire modificatif. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler le permis de construire modificatif accordé le 5 janvier 2021.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire modificatif délivré le 5 janvier 2021 porte sur la modification des parkings extérieurs et d'un balcon sur le bâtiment B, l'agrandissement du sous-sol et l'ajout d'un étage au bâtiment C et d'une crèche au rez-de-chaussée du bâtiment A. M. B, dont la maison d'habitation est distante d'environ 300 mètres du projet en litige et qui, eu égard à la configuration des lieux et à la présence de plusieurs constructions entre sa résidence et ce projet, n'établit pas sérieusement avoir une vue directe et significative sur celui-ci, ne démontre pas que les modifications issues de l'arrêté contesté du 5 janvier 2021, de portée limitée, seraient de nature à affecter les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. En particulier, il n'est pas établi que l'ajout, au rez-de-chaussée du bâtiment A, d'une micro-crèche destinée à accueillir onze enfants entraînera, dans le secteur considéré, un accroissement particulier de la circulation par rapport à celui déjà induit par le projet initial qui portait sur un total de cinquante-deux logements et prévoyait cinquante-une places de stationnement. Il n'est pas davantage établi qu'il en résulterait, dans le secteur, un accroissement significatif des difficultés de circulation sur les trottoirs. Dans ces circonstances, M. B ne dispose pas d'un intérêt à agir contre le permis modificatif délivré le 5 janvier 2021.
5. D'autre part, la délivrance du permis de construire modificatif en litige n'a pas été, en elle-même, de nature à méconnaître les prérogatives du conseil municipal de la commune de Coin-lès-Cuvry. La qualité de conseiller municipal de M. B n'est ainsi pas susceptible de lui conférer un intérêt à agir à l'encontre de l'acte attaqué.
6. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense et tirée du défaut d'intérêt à agir de M. B doit être accueillie.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la SARL Clos-Saint-Michel qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. B demande au titre des frais liés au litige. La commune de Coin-lès-Cuvry ne justifiant pas avoir exposé des frais au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ses conclusions présentées sur ce fondement doivent également être rejetées.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de mettre à la charge de M. B le paiement de la somme sollicitée par la SARL Clos-Saint-Michel sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SARL Clos-Saint-Michel et la commune de Coin-lès-Cuvry en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la SARL Clos Saint-Michel et à la commune de Coin-lès-Cuvry.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Malgras, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
La rapporteure,
A.-L. EYMARON
Le président,
M. RICHARD
Le greffier,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026