mardi 15 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2101840 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET PASCAL FOUGHALI ET PHILIPPE ZENTNER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mars 2021, M. E A, représenté par Me Foughali, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2020 par lequel le préfet de la Moselle lui a interdit d'acquérir et de détenir des armes, des éléments d'armes et des munitions de catégorie A, B et C et l'a inscrit au fichier national des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA) ;
2°) d'annuler les décisions des 24 novembre 2020 et 19 janvier 2021 par lesquelles le préfet de la Moselle a rejeté ses recours gracieux ;
3°) de condamner l'Etat aux frais et dépens de l'instance ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions en litige ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 312-3-1 du code de la sécurité intérieure dès lors que son comportement ne représente aucun danger.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2021, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 12 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. F,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant franco-russe né à Moscou le 11 février 2003, vit à Bouzonville (Moselle) chez sa mère et son beau-père, M. B. Par arrêté du 21 octobre 2020, le préfet de la Moselle a ordonné à M. B de remettre les armes et munitions dont il était en possession. Par arrêté du même jour, le préfet de la Moselle a interdit à M. A d'acquérir et de détenir des armes de catégorie A, B et C. Par une lettre du 2 novembre 2020, M. B et M. A ont formé un recours gracieux contre ces arrêtés. Par une décision du 24 novembre 2020, le préfet de la Moselle a rejeté ce recours administratif. Par des courriels des 25 novembre, 4 décembre et 28 décembre 2020 et une lettre du 6 janvier 2021, M. B a de nouveau sollicité la révision des décisions susmentionnées. Par un courriel du 4 décembre 2020 et une lettre du 19 janvier 2021, le préfet de la Moselle a rejeté ces demandes. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2020 pris à son encontre ainsi que les décisions des 24 novembre 2020 et 19 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 4 septembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de la Moselle a donné délégation à Mme D C, directrice de cabinet, à l'effet de signer tous arrêtés concernant les attributions du cabinet en matière de sécurité, notamment dans le domaine de la police des armes à feu. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de Mme C, signataire de l'arrêté du 21 octobre 2020, doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, dès lors que les vices propres d'une décision rejetant un recours gracieux ne peuvent être utilement contestés, le moyen tiré de ce que les décisions des 24 novembre 2020 et 19 janvier 2021 sont entachées d'un vice d'incompétence est inopérant et doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 312-3-1 du code de la sécurité intérieure : " L'autorité administrative peut interdire l'acquisition et la détention des armes, munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C aux personnes dont le comportement laisse craindre une utilisation dangereuse pour elles-mêmes ou pour autrui. ". Par ailleurs, l'article L. 312-6 du même code dispose que : " Un fichier national automatisé nominatif recense : / () / 3° Les personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C en application de l'article L. 312-3-1. (). ".
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A présentait une instabilité psychologique particulière qui a conduit par deux fois, les 12 novembre 2019 et 14 mars 2020, à des accès de violences ayant nécessité l'intervention des forces de l'ordre à la demande de sa mère. Il ressort à cet égard du rapport de police du 23 septembre 2020 que le requérant a été trouvé, à l'issue de sa première crise, en possession d'une hache et d'une tenue de combat militaire et, à l'issue de sa seconde crise, à proximité d'une carabine à plomb. Il ressort également du même rapport, ainsi que du certificat médical du 14 décembre 2020 produit par M. A lui-même, que l'intéressé a bénéficié d'une prise en charge psychothérapeutique au sein du centre hospitalier régional de Metz-Thionville entre novembre 2012 et juin 2020 et que les crises susmentionnées ont donné lieu à des hospitalisations immédiates en service psychiatrique. Il ressort enfin du rapport du 23 septembre 2020 que le requérant a exprimé à plusieurs reprises des propos ouvertement racistes, antisémites et antirépublicains, qu'il a menacé de s'en prendre au proviseur de son lycée ainsi qu'aux membres du service territorial éducatif en milieux ouvert (STEMO) qui l'accompagnaient, qu'il a évoqué l'utilisation des armes détenues par son beau-père pour perpétrer une tuerie de masse dans son lycée et qu'il a consulté en juillet 2020 un site internet d'équipement militaire dans le but d'acquérir une veste tactique et des munitions d'arme à feu. Si M. A produit à l'instance sa licence de tir accompagnée du contrôle médical obligatoire pour la saison 2020-2021, une attestation du président de son club de tir qui indique l'absence de comportement conflictuel de la part de l'intéressé, des résultats d'examens sanguins et un compte rendu d'IRM dont il ressort l'absence d'alcoolisme chronique et de lésions cérébrales, ces éléments ne sont toutefois pas de nature à remettre en cause l'existence des crises de violence susdécrites et des propos haineux tenus par l'intéressé. Dès lors, au vu des faits susrappelés dont la matérialité est suffisamment établie par les pièces du dossier, le préfet de la Moselle a pu légalement estimer, à la date des décisions en litige, que le comportement de M. A présentait un danger grave pour lui-même ou pour autrui au sens des dispositions précitées de l'article L. 312-3-1 du code de la sécurité intérieure.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les dépens de l'instance :
7. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
8. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. Les dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Duez-Gündel, conseiller
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2022.
Le rapporteur,
C. F
Le président,
C. CARRIER
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026