vendredi 28 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2102084 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL COSSALTER, DE ZOLT & COURONNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 mars 2021 et le 16 février 2023, Mme D A épouse C, représentée par Me Cabaillot, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la directrice générale du centre hospitalier régional (CHR) de Metz-Thionville a rejeté sa demande de protection fonctionnelle ainsi que sa demande préalable indemnitaire ;
2°) d'enjoindre à la directrice générale du CHR de Metz-Thionville de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ;
3°) de condamner le CHR de Metz-Thionville à lui verser la somme de 30 865 euros au titre des préjudices subis ;
4°) de mettre à la charge du CHR de Metz-Thionville la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la directrice générale du CHR de Metz-Thionville a commis une erreur d'appréciation en lui refusant le bénéfice de la protection fonctionnelle dès lors qu'elle a été victime de harcèlement moral par sa collègue ;
- la responsabilité pour faute du CHR de Metz-Thionville est engagée du fait du harcèlement moral qu'elle subit par sa collègue, et ce, en méconnaissance des dispositions de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 ;
-la faute commise par le CHR de Metz-Thionville lui a causé des préjudices évalués à la somme de 30 865 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, représenté par la SELARL Cossalter, de Zolt et Couronne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A épouse C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que le harcèlement moral n'est pas constitué.
Par ordonnance du 18 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 20 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hassan, représentant le centre hospitalier régional de Metz-Thionville.
Considérant ce qui suit :
1.Mme A épouse C a été recrutée par le CHR de Metz-Thionville - hôpital de Mercy en septembre 1986. De novembre 2009 à septembre 2018, elle a exercé les fonctions de mandataire judiciaire à la protection des majeurs au sein de l'hôpital Félix Maréchal, à Metz. À la suite d'un congé de maladie, elle a été affectée à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Saint-Jean à Metz en raison d'une mésentente avec une collègue, également mandataire judiciaire à la protection des majeurs. Par lettre du 12 novembre 2020, reçue le 25 novembre 2020, Mme A épouse C a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle en raison du harcèlement dont elle s'estime victime de la part de sa collègue mandataire judiciaire, ainsi que le versement d'une somme de 30 865 euros en réparation des préjudices subis du fait de ce harcèlement moral. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration. Par sa requête, Mme A épouse C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande de protection fonctionnelle et de condamner le CHR de Metz-Thionville à réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
2.Aux termes du premier alinéa de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 alors applicable : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel (). ".
3.Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.
En ce qui concerne le harcèlement moral de la part d'une collègue de Mme A épouse C :
5.Si Mme A épouse C soutient qu'elle est harcelée depuis plusieurs années par une collègue et que ce harcèlement s'est amplifié depuis la fin de l'année 2017, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la requérante aurait été effectivement victime de harcèlement moral. S'il est vrai que Mme A épouse C a été affectée à l'EHPAD Saint-Jean à Metz à compter de septembre 2018 en raison d'une mésentente avec cette collègue, cette seule circonstance n'est pas de nature à établir un harcèlement moral. Enfin, si la requérante produit de nombreux certificats médicaux de médecin généraliste, psychiatre et psychothérapeute, ceux-ci ne transcrivent que le ressenti personnel de l'intéressée. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, la requérante n'est pas fondée à demander l'engagement de la responsabilité du CHR de Metz-Thionville en raison du harcèlement moral dont elle estime avoir été victime. Il s'ensuit que les conclusions indemnitaires dirigées contre le CHR de Metz-Thionville doivent être rejetées.
En ce qui concerne le harcèlement moral de la part de ses supérieurs hiérarchiques :
6.Mme A épouse C fait valoir que ses supérieurs hiérarchiques n'ont pas mis de véhicule de service à sa disposition, qu'ils ont déménagé son matériel informatique et ses dossiers professionnels lors de son arrêt maladie, sans l'en informer, qu'ils ne l'ont pas aidée à ranger ses affaires dans son bureau et à réinstaller son poste informatique et qu'ils n'ont pas assuré un remplacement efficace pendant son arrêt de travail. Toutefois, ces faits ne permettent pas de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral dès lors que les supérieurs hiérarchiques de la requérante, par leurs agissements, ont pris en compte les besoins du service et n'ont pas excédé les conditions normales d'exercice de leur pouvoir hiérarchique. Il s'ensuit que la requérante n'est pas fondée à demander l'engagement de la responsabilité du CHR de Metz-Thionville en raison du harcèlement moral dont elle estime avoir été victime de la part de ses supérieurs hiérarchiques.
7.Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires dirigées contre le CHR de Metz-Thionville doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7.Aux termes de l'article 11 de la loi précitée, dans sa rédaction applicable : " I.-A raison de ses fonctions (), le fonctionnaire () bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause () / () IV. - La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté (). ".
8.Des agissements répétés de harcèlement moral peuvent permettre à l'agent public qui en est l'objet d'obtenir la protection fonctionnelle prévue par les dispositions de l'article 11 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont les fonctionnaires et les agents publics non titulaires sont susceptibles d'être victimes à l'occasion de leurs fonctions. La circonstance que l'agent public qui demande le bénéfice de la protection fonctionnelle se trouve en congé de maladie lors de la présentation de sa demande n'exclut pas qu'il y soit fait droit, dès lors que des démarches adaptées à la nature et à l'importance des agissements contre lesquels cette protection est sollicitée peuvent encore être mises en œuvre.
9.Il résulte de ce qui a été dit aux points 5 et 6 du présent jugement que les faits invoqués par la requérante ne constituent pas un harcèlement moral. Dès lors, Mme A épouse C n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a refusé de lui accorder le bénéfice la protection prévue par les dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 citées au point 8. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation susvisées doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10.Le présent jugement, qui rejette l'ensemble des conclusions de la requérante, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
11.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHR de Metz-Thionville, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A épouse C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A épouse C la somme demandée par le CHR de Metz-Thionville au même titre.
D E C I D E :
Article 1 : La requête présentée par Mme A épouse C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le CHR de Metz-Thionville au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A épouse C et au centre hospitalier régional de Metz-Thionville.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Claude Carrier, président,
M. Laurent Guth, premier conseiller,
Mme Vanessa Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2023.
La rapporteure,
V. B
Le président,
C. CARRIER
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026