mercredi 14 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2102118 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LAVALETTE AVOCATS CONSEILS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 mars 2021 et 11 juillet 2022,
M. B, représenté par Me Gomez, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le titre de perception émis à son encontre le 27 mai 2020 pour un montant de 17 451,01 euros ;
2°) d'annuler la décision du 3 février 2021 par laquelle le directeur de l'établissement national de la solde a rejeté son recours administratif préalable formé à l'encontre de ce titre ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le remboursement des sommes indument perçues au titre de la décision du 3 février 2021 et du titre de perception du 27 mai 2020, avec intérêts au taux légal capitalisés à compter de leur prélèvement ;
4°) d'annuler les deux titres de perception émis à son encontre le 7 juillet 2021 pour les montants de 87 euros et 496,82 euros ;
5°) d'annuler la décision du 8 mars 2022 par laquelle le directeur de l'établissement national de la solde a rejeté son recours administratif préalable formé à l'encontre de ces deux titres de perception ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat le remboursement des sommes indument perçues au titre de la décision du 8 mars 2022 et des titres de perception du 7 juillet 2021, avec intérêts au taux légal capitalisés à compter de leur prélèvement ;
7°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision du 3 février 2021 rejetant la réclamation préalable et du titre de perception émis le 27 mai 2020 :
- la décision du 3 février 2021 a été prise par une autorité incompétente, faute pour l'administration de justifier d'une délégation de signature régulièrement publiée au profit de la signataire de l'acte ;
- les deux décisions attaquées sont insuffisamment motivées en ce que les bases de liquidation et les éléments de calcul de la créance ne sont pas suffisamment intelligibles et détaillés pour permettre d'en contester utilement le bien- fondé ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation ;
- la totalité de la créance est prescrite en application de l'article 37- 1 de la loi du 12 avril 2000.
S'agissant de la décision du 8 mars 2022 rejetant la réclamation préalable et des deux titres de perception émis le 7 juillet 2021 :
- le complément de créance réclamé est prescrit en application de l'article 37- 1 de la loi du 12 avril 2000 ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation quant à sa situation familiale.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 juin 2022 et 29 mars 2023, le ministre des armées demande au tribunal de ramener le montant de la créance ayant fait l'objet du titre de perception émis le 27 mai 2020 à la somme de 1 717,62 euros et conclut au rejet du surplus de la requête.
Il soutient que :
- la décision du 3 février 2021, rejetant la réclamation préalable, ne se substitue pas au titre de perception, de sorte que les moyens dirigés contre les vices propres de cette décision sont sans influence sur la légalité du titre émis ;
- la créance, objet du titre de perception émis le 27 mai 2020, est partiellement prescrite et doit être ramenée à un montant de 1 717,62 euros ;
- les conclusions aux fins d'annulation des titres de perception émis le 7 juillet 2021 et de la décision de rejet de la réclamation préalable du 8 mars 2022 sont irrecevables pour être nouvelles et présentées après expiration du délai de recours contentieux.
Par ordonnance du 4 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 19 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2000- 321 du 12 avril 2000 ;
- le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 modifié relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code civil ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Vicard a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties, régulièrement convoquées, n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, officier supérieur dans l'armée de terre au grade de chef de bataillon, a été affecté à Mayotte du 5 juillet 2015 au 15 juillet 2018. Le 15 juin 2020, il s'est vu notifier un titre de perception émis le 27 mai 2020 pour un montant de 17 451,01 euros en recouvrement d'indus de solde perçus durant son affectation ultramarine. Par un courrier du 26 juillet 2020, il a formé une opposition à exécution de titre qui a fait l'objet d'une décision de rejet le 3 février 2021. Deux autres titres de perception ont été émis à l'encontre de M. B le 7 juillet 2021, pour les montants de 87 euros et 496,82 euros en recouvrement d'indus complémentaires de solde perçus pendant son affectation à Mayotte. M. B a de nouveau formé une opposition à exécution de titre qui a fait l'objet d'une décision de rejet le 8 mars 2022. Par la présente requête, il demande l'annulation des décisions du 3 février 2021 et 8 mars 2022, rejetant ses réclamations préalables, et par voie de conséquence, l'annulation des trois titres de perception émis les 27 mai 2020 et
7 juillet 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
S'agissant du titre de perception émis le 27 mai 2020 et la décision du 3 février 2021 rejetant le recours préalable administratif obligatoire :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 112 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Les ordres de recouvrer relatifs aux autres recettes comprennent : 1° Les titres de perception mentionnés à l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales () ". Aux termes de l'article 117 de ce décret : " Les titres de perception émis en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables : 1° Soit d'une opposition à l'exécution en cas de contestation de l'existence de la créance, de son montant ou de son exigibilité ; 2° Soit d'une opposition à poursuites en cas de contestation de la régularité de la forme d'un acte de poursuite. L'opposition à l'exécution et l'opposition à poursuites ont pour effet de suspendre le recouvrement de la créance ". Aux termes de l'article 118 du même décret : " Avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser une réclamation appuyée de toutes justifications utiles au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. La réclamation doit être déposée, sous peine de nullité : 1° En cas d'opposition à l'exécution d'un titre de perception, dans les deux mois qui suivent la notification de ce titre ou du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause ; 2° En cas d'opposition à poursuites, dans les deux mois qui suivent la notification de l'acte de poursuite. L'autorité compétente délivre un reçu de la réclamation, précisant la date de réception de cette réclamation. Elle statue dans un délai de six mois dans le cas prévu au 1° et dans un délai de deux mois dans le cas prévu au 2°. A défaut d'une décision notifiée dans ces délais, la réclamation est considérée comme rejetée. ". L'article 119 prévoit que : " Le débiteur peut saisir la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de la décision prise sur sa réclamation ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration des délais prévus à l'article 118 ".
3. La réclamation obligatoire formée auprès du comptable chargé du recouvrement, conformément aux dispositions précitées, autorité distincte de l'ordonnateur, n'a pas pour objet de substituer une nouvelle décision au titre de perception mais de faire échec à son exécution. Il s'ensuit, que s'il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre ces deux actes, d'annuler, le cas échéant, la décision rejetant la réclamation préalable par voie de conséquence de l'annulation du titre de perception, des moyens critiquant les vices propres dont serait entachée la décision de rejet du recours préalable ne peuvent être utilement invoqués, au soutien des conclusions dirigées contre cette décision. Ainsi, les moyens de M. B, tirés de ce que la décision du 3 février 2021 rejetant son recours administratif préalable formé contre le titre de perception émis le 27 mai 2020 est entachée d'un vice d'incompétence, d'un défaut de motivation et d'une erreur d'appréciation sont inopérants et doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation ". Il résulte de ces dispositions que l'administration qui met en recouvrement un état exécutoire doit indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge des redevables.
5. En l'espèce, le titre de perception émis le 27 mai 2020 comporte en objet la mention " demande de restitution d'un indu de solde () conformément à la lettre n° CAS-6281802-W2T4G5 qui vous a été adressée par le CERHS de Nancy en date du 25 mars 2020 ". S'il détaille ensuite le trop-versé de solde au moyen d'acronymes peu intelligibles (SUFIND, SUFAMI, ELOSPE), la lettre d'information du 25 mars 2020, que le requérant ne conteste pas avoir reçue, mentionne la nature des prestations et indemnités au titre desquelles il est procédé à la répétition de l'indu, les périodes concernées et le montant brut dû pour chacune d'elles. Elle comprend en outre en pièces jointes les états de décompte détaillés retraçant mois par mois, et pour chaque année civile, les montants en cause pour chaque composante de la rémunération et les montants de trop-versé en résultant. Enfin, chaque décompte est complété par un commentaire littéral expliquant les motifs du caractère indu des sommes réclamées. Au regard de l'ensemble de ces éléments, et nonobstant l'emploi d'acronymes peu intelligibles dans le titre de perception, le requérant a été mis en mesure de déterminer l'objet et la nature de la créance, et a reçu une information suffisante, et par suite régulière sur les bases et les éléments de calcul de sa dette. Le moyen tiré de l'absence d'indication des bases de liquidation et des éléments de calcul de la créance, manquant en fait, doit dès lors être écarté.
6. En troisième lieu, M. B se prévaut de la prescription de la totalité de la créance en application de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, tandis que le ministre des armées reconnaît une prescription partielle et demande au tribunal de ramener le montant de la créance à la somme de 1 717,62 euros, correspondant au supplément familial de traitement de solde indument versé entre avril et juillet 2018.
7. L'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, dans sa rédaction issue de l'article 94 de la loi du 28 décembre 2011 portant loi de finances rectificative pour 2011, dispose que: " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. / Toutefois, la répétition des sommes versées n'est pas soumise à ce délai dans le cas de paiements indus résultant soit de l'absence d'information de l'administration par un agent de modifications de sa situation personnelle ou familiale susceptibles d'avoir une incidence sur le montant de sa rémunération, soit de la transmission par un agent d'informations inexactes sur sa situation personnelle ou familiale. / Les deux premiers alinéas ne s'appliquent pas aux paiements ayant pour fondement une décision créatrice de droits prise en application d'une disposition réglementaire ayant fait l'objet d'une annulation contentieuse ou une décision créatrice de droits irrégulière relative à une nomination dans un grade lorsque ces paiements font pour cette raison l'objet d'une procédure de recouvrement ".
8. Il résulte de ces dispositions qu'une somme indûment versée par une personne publique à l'un de ses agents au titre de sa rémunération peut, en principe, être répétée dans un délai de deux ans à compter du premier jour du mois suivant celui de sa date de mise en paiement sans que puisse y faire obstacle la circonstance que la décision créatrice de droits qui en constitue le fondement ne peut plus être retirée. Dans les deux hypothèses mentionnées au deuxième alinéa de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, la somme peut être répétée dans le délai de droit commun prévu à l'article 2224 du code civil.
9. Sauf dispositions spéciales, les règles fixées par l'article 37-1 de la loi du
12 avril 2000 sont applicables à l'ensemble des sommes indûment versées par des personnes publiques à leurs agents à titre de rémunération, y compris les avances et, faute d'avoir été précomptées sur la rémunération, les contributions ou cotisations sociales.
10. En l'absence de toute autre disposition applicable, les causes d'interruption et de suspension de la prescription biennale instituée par les dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 sont régies par les principes dont s'inspirent les dispositions du titre XX du livre III du code civil.
11. Il en résulte que tant la lettre par laquelle l'administration informe un agent public de son intention de répéter une somme versée indûment qu'un ordre de reversement ou un titre exécutoire interrompent la prescription à la date de leur notification. La preuve de celle-ci incombe à l'administration.
12. En l'espèce, il est constant que par un courrier du 25 mars 2020, expédié le
27 mars suivant, le centre expert des ressources humaines et de la solde (CERHS) de Nancy a notifié à M. B un trop-versé portant sur les indus de rémunération de mai 2015 à juillet 2018 et l'a informé de l'émission à venir d'un titre de perception. Ce courrier, dont il n'est pas contesté qu'il a été réceptionné le 4 avril 2020, a interrompu la prescription à compter de cette date, de sorte que la créance en définitive réclamée par le ministre des armées, portant sur des indus de solde perçus entre les mois d'avril et juillet 2018, n'est pas prescrite.
13. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 10 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 modifié relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation : " Le droit au supplément familial de traitement, au titre des enfants dont ils assument la charge effective et permanente à raison d'un seul droit par enfant, est ouvert aux magistrats, aux fonctionnaires civils, aux militaires à solde mensuelle ainsi qu'aux agents de la fonction publique de l'Etat, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière dont la rémunération est fixée par référence aux traitements des fonctionnaires ou évolue en fonction des variations de ces traitements, à l'exclusion des agents rétribués sur un taux horaire ou à la vacation. / La notion d'enfant à charge à retenir pour déterminer l'ouverture du droit est celle fixée par le titre Ier du livre V du code de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article L. 513- 1 du code de la sécurité sociale, " les prestations familiales sont, sous réserve des règles particulières à chaque prestation, dues à la personne physique qui assume la charge effective et permanente de l'enfant. ". Enfin, aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Les allocations sont versées à la personne qui assume, dans quelques conditions que ce soit, la charge effective et permanente de l'enfant. (). ".
14. Le supplément familial de traitement étant destiné à l'entretien des enfants, ce complément de rémunération doit être versé à la personne qui assume leur charge effective et permanente, à la date à laquelle ce complément doit être payé. La notion de charge effective et permanente de l'enfant au sens des articles précités du code de la sécurité sociale et du décret du 24 octobre 1985 s'entend de la direction tant matérielle que morale de l'enfant. Dès lors, ne peut être regardé comme assumant cette direction matérielle et morale un père qui, alors même qu'il assume une partie des frais d'entretien de l'enfant, n'en a pas la garde effective.
15. Il ressort des pièces du dossier que si par un jugement du 2 avril 2013, le juge aux affaires familiales près le tribunal de grande instance de Troyes a homologué la convention de divorce des époux B prévoyant l'instauration d'une résidence alternée de leurs deux enfants chez chacun d'eux, ces stipulations conventionnelles ont, de fait, été suspendues pendant l'affectation du requérant à Mayotte. M. B, qui ne conteste pas que son ex-épouse a assumé la charge effective et permanente de leurs deux enfants durant cette période, n'avait aucun droit au supplément familial de solde qui lui a été indument réglé. S'il soutient qu'il a entièrement reversé à son ex- épouse le supplément familial ainsi perçu, il ne produit aucun élément de nature à étayer la réalité de ces assertions. La créance réclamée étant fondée, tant dans son principe que dans son quantum, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation de l'administration, manquant en fait, doit être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation du titre de perception émis à son encontre le 27 mai 2020, en tant seulement qu'il met à sa charge des indus de solde pour la période comprise entre les 1er mai 2015 et 31 mars 2018 et qu'il porte sur une somme supérieure à 1 717,62 euros correspondant aux sommes restant dues après prescription. Il est également fondé, par voie de conséquence, à demander l'annulation de la décision du 3 février 2021 rejetant son recours administratif préalable.
S'agissant des titres de perception émis le 7 juillet 2021 et la décision du 8 mars 2022 rejetant son recours administratif préalable obligatoire
17. Les conclusions aux fins d'annulation des titres de perception émis le 7 juillet 2021 ainsi que de la décision du 8 mars 2022 rejetant le recours administratif préalable, constituent des demandes nouvelles en ce qu'elles relèvent d'une cause juridique distincte de celle initialement invoquée et n'ont été présentées par M. B que dans un mémoire complémentaire enregistré le 11 juillet 2022, soit plus de deux mois après l'expiration du délai de recours contentieux qui a couru au plus tard à compter de la date de saisine du tribunal, le 26 mars 2021. Par suite, elles sont irrecevables.
Sur les conclusions aux fins de remboursement des sommes perçues en exécution des décisions attaquées, majorée des intérêts au taux légal avec capitalisation :
18. Le requérant ne produit aucun élément démontrant que le titre de perception émis le 27 mai 2020 aurait été mis en recouvrement, nonobstant l'introduction de son recours contentieux, et qu'il se serait acquitté du paiement des sommes initialement réclamées dans ce
titre. Dans ces conditions, sa demande tendant à voir mettre à la charge de l'Etat le remboursement de sommes qu'il ne démontre pas avoir réglées, majorées d'intérêts capitalisés, ne peut qu'être rejetée.
19. Les conclusions aux fins de remboursement de sommes perçues en exécution des titres de perception émis le 7 juillet 2021, constituent des demandes nouvelles en ce qu'elles relèvent d'une cause juridique distincte de celle initialement invoquée et n'ont été présentées par M. B que dans un mémoire complémentaire enregistré le 11 juillet 2022, soit plus de deux mois après l'expiration du délai de recours contentieux qui a couru au plus tard à compter de la date de saisine du tribunal, le 26 mars 2021. Par suite, elles sont irrecevables.
Sur les frais liés à l'instance :
20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros hors taxe à verser à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : : Le titre de perception émis le 27 mai 2020 à l'encontre de M. B pour un montant de 17 451,01 euros est annulé en tant qu'il porte sur une somme supérieure à 1 717,62 euros.
Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 200 (mille deux cents) euros hors taxe en application des dispositions de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente-rapporteure,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2023.
La rapporteure
C. VICARDLa présidente,
A. DULMET
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026