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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2102471

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2102471

mercredi 28 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2102471
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantOLSZAKOWSKI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 avril 2021, Mme C A épouse D, représenté par Me Olszakowski, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 décembre 2020 par laquelle le préfet de la Moselle lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et a confirmé l'obligation de quitter le territoire français décidée à son encontre le 1er juillet 2020 ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Elle soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de procédure tiré de ce que, en premier lieu, le nom du médecin auteur du rapport médical n'est pas précisé, en deuxième lieu, il n'est dès lors pas établi qu'il s'agisse d'un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, et en troisième lieu, il n'est pas établi que l'auteur du rapport n'ait pas siégé au sein du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 313-11 11° dès lors que le défaut de prise en charge médicale entraînerait pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A épouse D ne sont pas fondés.

Mme A épouse D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 février 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A épouse D, ressortissante albanaise, a déclaré être entrée en France le 17 février 2019. A la suite du rejet de sa demande d'asile, elle a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire le 1er juillet 2020. Elle a par la suite formé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable. Par une décision du 22 décembre 2020, dont elle demande l'annulation, le préfet de la Moselle a rejeté sa demande et a confirmé l'obligation de quitter le territoire précédemment prise.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ". L'article R. 313-22 du même code alors en vigueur dispose que : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé ". L'article

R. 313-23 de ce code alors applicable dispose que : " Le rapport médical mentionné à l'article

R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 313-22 ".

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le nom du médecin auteur du rapport médical est précisé dans l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qu'il s'agit bien d'un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et qu'en outre, il n'a pas siégé dans le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Il en résulte qu'aucune irrégularité n'a été commise et que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

4. En deuxième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif ou non à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

5. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser de délivrer à Mme A épouse D un titre de séjour, le préfet de la Moselle s'est notamment fondé sur l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 4 décembre 2020, selon lequel l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. A l'appui de sa requête, Mme A épouse D ne fait valoir aucune circonstance de fait et ne produit aucune pièce de nature à contredire ces constatations. Par conséquent, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit également être écarté.

6. En dernier lieu, les conclusions aux fins d'annulation de la décision confirmant une précédente obligation de quitter le territoire français ne sont assorties d'aucun moyen ni précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, de sorte qu'elles doivent, en tout état de cause, être également rejetées.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A épouse D aux fins d'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A Épouse D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Épouse D et au préfet de la Moselle.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Rees, président,

Mme Merri, première conseillère,

Mme Dobry, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.

La rapporteure,

S. B

Le président,

P. REES

La greffière,

M.-C. SCHMIDT

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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