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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2102690

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2102690

lundi 7 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2102690
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantOLSZAKOWSKI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 avril 2021, M. A B, représenté par Me Olszakowski, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 janvier 2021 par laquelle le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de réexaminer sa situation et, dans l'attente de ce réexamen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

M. B soutient que :

-l'avis rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne mentionne ni le nom du médecin instructeur ni celui des médecins ayant siégé au sein du collège ;

-la décision attaquée méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 février 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative ;

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. D C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant albanais né en 1972, est entré en France le 26 mai 2019, selon ses déclarations, et a sollicité en vain son admission au séjour au titre de l'asile. Par un arrêté du 11 mars 2020, le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par lettre du 13 août 2021, M. B a sollicité son admission au séjour en se prévalant de son état de santé. Par décision du 7 janvier 2021, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Moselle a refusé de faire droit à cette demande et a confirmé les termes de l'obligation de quitter le territoire français du 11 mars 2020.

2. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 313-22 du même code, alors en vigueur : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". Aux termes de l'article R. 313-23 du même code : " Le rapport médical visé à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 313-22. (). Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / () / Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège ".

3. D'une part, pour statuer sur la demande de titre de séjour présenté par M. B, le préfet de la Moselle s'est fondé sur l'avis émis le 21 décembre 2020 par lequel le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et il pouvait voyager sans risque vers ce pays d'origine. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des mentions de cet avis et du bordereau de transmission du même jour, qu'il a été rendu par trois médecins, régulièrement désignés par le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, au vu d'un rapport médical établi le 3 novembre 2020 par un médecin instructeur, compétent pour ce faire et qui n'a pas siégé au sein du collège, et transmis le 5 novembre 2020 au collège de médecins. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que cet avis a été émis à la suite d'une procédure irrégulière.

4. D'autre part, pour refuser à M. B le titre de séjour qu'il sollicitait, le préfet de la Moselle, qui pouvait légalement s'approprier les termes de l'avis du collège de médecins susmentionné, a estimé que si l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale, dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, vers lequel il pouvait voyager sans risque. Les documents médicaux produits par le requérant ne comportent aucune indication sur l'impossibilité d'avoir un accès effectif en Albanie à un traitement approprié à son état de santé et ne permettent pas, dès lors, de remettre en cause l'appréciation à laquelle le préfet de la Moselle s'est livré en se fondant notamment sur l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration susmentionné. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Moselle, en refusant le titre de séjour sollicité, a méconnu les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 17 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Julien Iggert, président,

M. Christophe Michel, premier conseiller,

M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 novembre 2022.

Le rapporteur,

C. C

Le président,

J. IGGERT

Le greffier,

S. PILLET

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Strasbourg, le

Le greffier,

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