lundi 5 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2102718 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e chambre |
| Avocat requérant | DESCHILDRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 avril 2021, 23 août 2022, 27 novembre 2023 et 11 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Deschildre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 février 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Pfastatt l'a placée en congé pour maladie ordinaire à compter du 8 juillet 2020 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Pfastatt la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Pfastatt les entiers frais et dépens.
Elle soutient que :
- elle n'a pas été informée de son droit à obtenir la communication de son dossier préalablement à la tenue de la commission de réforme ;
- elle a demandé en vain la copie du rapport d'expertise du 7 juillet 2020 par courrier du 5 octobre 2020 ;
- elle n'a pas été destinataire de l'avis de la commission de réforme et le secrétariat de la commission de réforme ne l'a pas informée de son droit d'obtenir une copie de cet avis.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 février et 22 avril 2024, le centre hospitalier de Pfastatt, représenté par la SELARL CM.Affaires publiques, conclut au rejet de la requête, à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à ce que les dépens éventuels de l'instance soient laissés à la charge de Mme B.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une lettre du 13 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce que les entiers frais et dépens soient mis à la charge du centre hospitalier de Pfastatt en l'absence de dépens exposés dans la présente instance.
Par ordonnance du 12 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 29 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°86-444 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Klipfel,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,
- et les observations de Me Le Tily, représentant le centre hospitalier de Pfastatt.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée en qualité d'agent des services hospitaliers qualifié (ASHQ) au centre hospitalier de Pfastatt. Elle a été placée en arrêt de travail à compter du 30 janvier 2020. Après avoir pris connaissance du compte-rendu d'expertise du médecin agréé par l'administration, qui a examiné l'intéressée le 7 juillet 2020, et de l'avis de la commission de réforme du 17 décembre 2020, le directeur du centre hospitalier de Pfastatt a, par une décision du 18 février 2021, placé Mme B en congé pour maladie professionnelle pour la période du 30 janvier au 7 juillet 2020, puis en congé pour maladie ordinaire à compter du 8 juillet 2020. Par sa requête, Mme B sollicite l'annulation de cette décision.
2. Aux termes des dispositions de l'article 19 du décret n°86-444 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires. : " () Le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de la partie administrative de son dossier. Un délai minimum de huit jours doit séparer la date à laquelle cette consultation est possible de la date de la réunion de la commission de réforme ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. () Le secrétariat de la commission de réforme informe le fonctionnaire : / -de ses droits concernant la communication de son dossier et la possibilité de se faire entendre par la commission de réforme, de même que de faire entendre le médecin et la personne de son choix. () L'avis de la commission de réforme est communiqué au fonctionnaire sur sa demande ; (). ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la lettre du 24 novembre 2020 informant l'agent de la tenue de la commission de réforme, qu'il mentionne la possibilité pour la requérante de se voir communiquer son dossier dans les dix jours précédant la tenue de la réunion en prenant contact avec le secrétariat de la commission de réforme. Par conséquent, le moyen tiré de ce que la requérante n'a pas été informée de son droit à obtenir la communication de son dossier préalablement à la tenue de la commission de réforme manque en fait et ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, eu égard à ce qui a été dit au point précédent du présent jugement, Mme B a eu la possibilité de se voir communiquer son dossier, et donc par voie de conséquence, celle d'obtenir la copie du rapport d'expertise du 7 juillet 2020. Il s'ensuit qu'elle n'est pas fondée à soutenir que la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'à la suite de sa demande du 5 octobre 2020 elle n'a pas obtenu la copie du rapport d'expertise du 7 juillet 2020.
5. En dernier lieu, il ne résulte pas des dispositions précitées que le fonctionnaire doive se voir notifier l'avis rendu par la commission de réforme ni qu'il incombe au secrétariat de la commission de réforme d'informer le fonctionnaire qu'il peut obtenir une copie de l'avis émis par la commission de réforme, cet avis devant simplement être communiqué au fonctionnaire sur sa demande. Il ressort, en tout état de cause, des pièces du dossier que Mme B a été informée de l'avis de la commission de réforme dès lors que la décision attaquée reprend l'avis formulé par la commission de réforme. Ainsi, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure au motif qu'elle n'a pas été destinataire de l'avis de la commission de réforme et que le secrétariat de la commission de réforme ne l'a pas informée de son droit d'obtenir une copie de cet avis ne peut être accueilli.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête présentée par Mme B ne peuvent qu'être rejetées y compris les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par le centre hospitalier de Pfastatt au même titre.
8. La présente instance n'ayant pas engendré de dépens, les conclusions présentées par la requérante sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Pfastatt présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier de Pfastatt.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Gros, premier conseiller,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 août 2024.
La rapporteure,
V. KLIPFEL
Le président,
C. CARRIER
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026